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Briser le tabou (extraits)

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La chose est passée presque inaperçue.

Le gouvernement Marois vient d’annoncer que le Québec accueillerait moins d’immigrants dans les prochaines années : une baisse ultra-modeste, mais qui brise le dogme du toujours plus,  devenu une sorte de tabou, alors que nous sommes déjà une des sociétés qui, en proportion de sa population, en reçoit le plus au monde.

Les tabous s’appuient toujours sur un discours qui impressionne et intimide. Briser le tabou, c’est transgresser une pseudo-vérité apparemment irréfutable.

Le vieillissement du Québec provoque des pénuries de main-d’œuvre qui rendent nécessaire une forte immigration. Cela va de soi, n’est-ce pas ? Non, justement, cela ne va pas de soi.

Cette idée reçue est contredite par toute la littérature scientifique. Il peut y avoir d’excellentes raisons humanitaires, culturelles, linguistiques de vouloir plus d’immigration, mais les raisons  économiques et démographiques qu’on évoque continuellement au Québec n’en sont pas.

L’immigration ne rajeunit pas le Québec parce que l’immigrant sélectionné fait ensuite venir ses vieux parents et parce que son âge moyen est trop proche de la moyenne québécoise.

Quel sera exactement le nombre d’emplois qu’il faudra pourvoir dans les prochaines années ? La vérité est que personne ne le sait. Les projections qui circulent sont la somme des emplois créés par la croissance économique prévue et des départs à la retraite estimés.

Or, le chiffre d’affaires d’une entreprise peut augmenter sans nécessiter davantage de bras. Le progrès technologique pourra aussi faire qu’un départ à la retraite ne libère pas forcément un poste puisqu’une machine peut souvent remplacer un humain.

L’âge de la retraite peut également varier. Et pourvoir les emplois vacants ne serait possible que s’il y avait une correspondance parfaite entre les postes à combler et les profils des nouveaux arrivants.

Toute la littérature scientifique dit la même chose : l’impact de l’immigration sur la pyramide des âges est marginal, son impact sur les salaires et le PIB aussi, et la performance économique des immigrants s’est détériorée de façon continue au Canada depuis 30 ans.

Les seuls impacts démographiques indéniables de l’immigration sont d’augmenter la population totale et d’en diversifier la composition.

Depuis longtemps, les démographes et les économistes qui ont sérieusement étudié ces questions disent qu’il ne faut pas prêter de vertus magiques à l’immigration. Mais on ne les lit pas, et les clichés sans fondement sont repris par les politiciens, les médias et les groupes de pression.

Évidemment, il se trouvera toujours aussi quelqu’un pour laisser entendre que, derrière toute  critique des politiques d’immigration, se cache une critique des immigrants eux-mêmes.

21 commentaire(s)

Louis Francoeur dit :
7 novembre 2013 à 6 h 39 min

Vous amenez enfin de la rationalité dans ce débat trop souvent émotif. Pour une analyse économique des effets de l'immigration, je vous recommande le livre suivant : Exodus: How Migration is Changing Our World. By Paul Collier. Oxford University Press USA; 309 pages.

rabah dit :
7 novembre 2013 à 8 h 35 min

L'immigration québecoise répond d'abord a un besoin économique évident: Il faut un seuil minimum de ressources humaines pour faire rouler la machine qui permet de garder un niveau de vie acceptable en occident. L'immigration est sensée développer l'économie en développant l'emploi et l'entreprise. Elle n'a pas pour vocation finale d'occuper des postes d'emploi. Si vous croyez que l'immigration est néfaste pour le Québec, essayez donc l'autarcie. Vous verrez assez vite que le Québec ne tiendra pas un siècle.

Rodrigue dit :
7 novembre 2013 à 8 h 42 min

Vous etes un prof d'université. J'aurai attendu de vous de citer une seule source de la litterature scientifique pour vous prendre au serieux.

Georges Allaire dit :
7 novembre 2013 à 9 h 12 min

Dans une société de l'opinion et des sondages, il n'y a de sagesse que celle des clichés. Quand donc, en gardant le même caractère à une société, des clichés peuvent-ils s'effondrer, sans être remplacés par d'autres clichés. Sans malice, d'ailleurs. Comment avoir une opinion religieuse dans le cadre de l'ignorance religieuse ? Comment avoir un jugement économique sans exercer soi-même une responsabilité économique ? Comment altérer les orientations sociales sans les noyer par d'autres orientations ? Comment introduire du jugement dans l'irréflexion ? — Prenons la prétendue charte des valeurs devenue charte de blabla ? Quel comportement asocial réel n’est pas déjà couvert par le droit civil et criminel ? Mais quand on veut s’attaquer aux comportements qui heurtent nos préjugés, il faut inventer de nouvelles codifications qui créeront de nouveaux illégaux fondées sur de nouveaux clichés.

Renée Legault dit :
7 novembre 2013 à 10 h 46 min

Bien dit Georges Allaire. Ce n'est pas parce qu'on parle fort - ou tout le temps - qu'on a forcément raison!... Les clichés, nouveaux ou anciens, prennent leur source dans cette opinion publique rendue omniprésente. Les médias sociaux en sont des vecteurs très efficaces. Pas toujours éclairée, mais biaisée - grâce aux clichés - l'opinion publique dans toute sa force sans profondeur d'analyse, tend de plus en plus à faire office d'orientation politique. La rationalité n'a très souvent rien à voir avec cette pensée basée sur des perceptions subjectives qui déforment la réalité. Mais l'émotivité fait loi! On se sent "frus" attaqués, lésés, donc, l'autre a forcément tort. R.Legault

Jippy dit :
7 novembre 2013 à 13 h 06 min

La seule politique du NPD que j'endosse 100%, c'est l'abolition du Sénat. La seule politique du PQ que j'endosse 100%, c'est la réduction des seuils d'immigration, réduction encore insuffisante selon moi. "Immigration zéro pour les 7 prochaines années", en expliquant pourquoi, serait un excellent programme, réaliste, permettant de réduire davantage le chômage en utilisant toutes les ressources disponibles (avec cours de formation adaptée lorsque nécessaire). J'attends impatiemment la position du PLQ et de la CAQ sur ce sujet brûlant! Évidemment, les associations d'immigrants ont commencé à se faire entendre dès hier (6 novembre)...cette réaction parle d'elle-même! @rabah Cette recette pour faire rouler la machine économique débouche tout droit sur un gâchis genre « chaudron brûlé sur la marmite ». C'est du Jean Charest indigeste!, complètement irresponsable dans ce dossier...

korut_zelva (le vrai) dit :
7 novembre 2013 à 13 h 33 min

@Rodrigue

Vous en avez besoin d'une seule? En voila une bien de chez nous: Benoit Dubreuil et Guillaume Marois (2011). Le remède imaginaire.

Nelson dit :
7 novembre 2013 à 15 h 01 min

Baisser les niveaux d'immigration parce que politiquement populaire...... Charte des valeurs parce que politiquement populaire..... Taper sur la tête des étudiants l'année passé parce que politiquement populaire.... Taper sur la tête des employés municipaux à Québec parce que populaire pour Labaume.

Pour quand les politiciens vont agir en hommes et femmes d'État, en nous rassemblant et non en nous divisant ????

honorable dit :
7 novembre 2013 à 15 h 17 min

Trois choix pour les Québécois: 1) avoir 3 enfants. On se ramasse plus tard avec 3 enfants et 2 vieux parents. Bon pour la société.

2) avoir 2 enfants et faire venir un immigrant comme ersatz de l'enfant manquant. On se ramasse plus tard avec 2 enfants, l'immigrant et 4 vieux parents (j'additionne les 2 parents de l'immigrant) dans les cas les moins avantageux. Scénario beaucoup moins rentable.

3) avoir 1 enfant et faire venir 2 immigrants comme ersatz des 2 enfants manquants. On se ramasse plus tard avec 1 enfant, les 2 immigrants et 6 vieux parents dans les cas les moins avantageux. Scénario peu reluisant.

Cependant, sauf erreur, je crois que le régime de réunification des familles est maintenant très sérieusement contrôlé: il n'est plus aisé pour l'immigrant devenu citoyen de faire venir ses vieux parents .

PS: n'essayez pas de me dire que c'est plus subtil. Je caricature pour la clarté.

stephane dit :
8 novembre 2013 à 2 h 20 min

Vous êtes sûr que le Québec accueuille plus d'immigrant que quiconque ? Il me semble que le poids démographique du Québec par rapport au roc ne cesse de diminuer.

Marc Tremblay dit :
8 novembre 2013 à 11 h 55 min

Si le Québec avait le même quota d'immigration (en fonction de sa population) que les É-U et la France, deux pays à très forte immigration, c'est pas 52 ou 55 000 immigrants qu'on accepterait, mais 22 000!!!

Déjà, à 22 000, on arriverait à peine à offrir des services d'accueil et d'intégration adéquats.

Éléonore dit :
8 novembre 2013 à 13 h 53 min

Je ne sais pas si mon commentaire va passer l'institut Fraser (faite une recherche sur google) qui est neutre et non québécoise a déclaré "L'immigration massive qui a eu lieu récemment a nui au niveau de vie canadien et pose problème en ce qui a trait à l'identité nationale, à la culture et au tissu social du pays. C'est la conclusion d'un nouveau livre publié aujourd'hui par l'Institut Fraser, le chef de file des organismes de recherche économique au Canada.

Fondé sur une série d'essais présentés lors d'une conférence sur l'immigration à Montréal en 2008, le livre The Effects of Mass Immigration on Canadian Living Standards and Society recommande l'adoption de changements substantiels à la politique canadienne en matière d'immigration, notamment quant au processus de sélection afin de limiter le nombre d'immigrants."

Audrey Dépault dit :
8 novembre 2013 à 21 h 42 min

Le Québec a le plus bas taux de natalité du Canada. On n'a pas le choix d'y suppléer par l'immigration, si non ce sera la dépopulation tranquille du Québec. Avec l'immensité de notre territoire. La charge de soutenir tous les programmes qu'on s'est donnés deviendrait très lourde sur un nombre de plus en plus restreint d'individus.

C'est vrai qu'on de plus en plus recours à l'immigration partielle. Ils viennent remplir des postes et retournent dans leur pays quand le travail est terminé. Mais ce sont surtout des emplois non appréciés de nos Québécois sélectifs. Et si on abaisse le nombre d'immigrants à temps plein, on y suppléera surement par l'augmentation de l'immigration à temps partiel. Sur les 50 000 immigrants que l'on accueille par année, combien s'installent vraiment au Québec. Une bonne partie se dirige vers les autres provinces canadiennes, plus accueillantes.

Marc Tremblay dit :
9 novembre 2013 à 7 h 36 min

De deux choses l'une: ou bien Audrey Dépault n'a pas lu ce que notre hôte dit sur l'immigration et son incidence nulle sur la démographie ou encore elle ne le croit pas .

Puis, qui a dit que le Québec était moins accueillant que le ROC?

Sus à l'auto-Québec-bashing!

Korut Zelva (le vrai) dit :
9 novembre 2013 à 10 h 01 min

@audrey

Trouver moi une seule étude de demographe qui demontre que l'immigration règle le problème du vieillissement de la population. Vous allez chercher longtemps.

Je vous suggère la lecture du livre que j'ai citer plus haut.

Kawou dit :
9 novembre 2013 à 15 h 50 min

Ce qui est surprenant avec monsieur Facal, c'est qu'il parle de littérature scientifique sans donner la moindre référence, même pas LE REMÈDE IMAGINARE que les anti-immigrations citent souvent. Le fait est que l'immigration augmente le nombre de travailleurs et donc de payeurs de pensions pour des retraités de plus en plus nombreux par rapport à un nombre de travailleurs relativement insuffisants. Les immigrants sont là pour aider les Québécois à nourrir leurs vieux.

Audrey Dépault dit :
9 novembre 2013 à 23 h 11 min

@ Marc Tremblay

Bien oui, on accueille 50 000 immigrants par année et vous nous dites que cela n'a aucun impact sur la démographie du Québec. Ils ne sont pas comptabilisés dans les statistiques, quoi. Et ils ont plus d'enfants que les Québécois de souche. Mais plusieurs ne font que passer au Québec et se redirigent vers les autres provinces canadiennes, c'est un fait. Les autres provinces sont plus ouvertes à l'immigration: plus haut taux d'emplois, moins de restrictions de langue. La crème nous échappe.

Marc Tremblay dit :
10 novembre 2013 à 6 h 59 min

À Audrey,

Je n'ai pas dit que ça n'avait aucun impact sur la démographie; comme Joseph Facal l'écrit, l'impact est sur la population totale qui augmente. Mais cela ne résoud aucunement notre problème du vieillissement.

Michel Marceau dit :
10 novembre 2013 à 9 h 44 min

L'immigration a un impact très important sur l'immobilier. L'essentiel de la demande pour de nouveaux espaces de logement provient des nouveaux arrivants. Ils sont donc en bonne partie responsable de l'augmentation des prix.

C'est grâce a eux si de nombreux québébois ont du travail dans l'industrie de la construction. Une industrie qui ne peut pas être délocalisée. C'est également bon a court terme pour les propriétaires, sans rien faire ils gagnent de l'argent. Cependant c'est une catastrophe pour l'économie car cette inflation immobilière entraîne une augmentation de tous les coûts donc a terme une diminution de notre compétitivité. C'est ainsi que l'on peu expliquer une grande partie de l’écart entre la France et l’Allemagne. En raison d'une moins grande présence d'immigrant en Allemagne le prix du logement est très inférieur à celui de la France et ainsi les entreprises allemandes peuvent payer moins leurs travailleurs et être plus compétitives. C'est la même situation au Canada avec Vancouver et Toronto et dans une moindre mesure à Montréal ou les étrangers ont fait exploser le prix de l'immobilier.

Michel Marceau

LB dit :
10 novembre 2013 à 11 h 37 min

Je propose, dans un premier temps , d'arreter immediatement toute immigration . Deuxiemement , remplir tout postes disponibles par nos aptes au travail..peu importe la nature du travail ne nécessitant aucun diplome spécifique .Troisiemement , une fois a et b completé , ouvrons nos portes pour completer les places vacantes...tu pas beau ca . Il va de soi que tout accueuil pour raisons humanitaires devront avoir le traitement quelles meritent . Le nom bre de probleme reglés par une simple equation...incroyable

Audrey Dépault dit :
10 novembre 2013 à 19 h 46 min

@ Marc Tremblay

C'est sur que l'immgration n'est pas la pilule de jouvence. Ils vont vieillir eux aussi. Le véritable remède est un plus grand ratio de natalité. Mais nos Québécois ne sont pas prêts à cela. Mais les immigrants y suppléent dans une certaine mesure, leur taux est plus grand.

Et on réserve aux immigrants, les emplois non appréciés de nos petits Québécois trop dorlotés. Et de plus en plus, on les accueille que quelques mois par année, et à la prochaine fois.

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