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Écosse

Le premier ministre dévoile son livre blanc sur l'indépendance

 Alex Salmond ecosse
Photo REUTERS / Russell Cheyne Alex Salmond

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GLASGOW  - Le premier ministre nationaliste écossais, Alex Salmond, a dévoilé mardi à Glasgow son livre blanc promettant une Écosse «plus juste et plus prospère» en cas de victoire du oui au référendum d'indépendance qui ferait voler en éclats le Royaume-Uni, dans 10 mois.

«L'avenir de l'Écosse est désormais entre les mains des Écossais», a déclaré M. Salmond lors d'une conférence de presse, en présentant à un parterre d'environ 200 journalistes britanniques et internationaux son document de 670 pages. Il a détaillé ce qui serait l'aboutissement du combat politique de toute sa vie: une Écosse qui disposerait de sa propre défense, rejoindrait l'UE et l'OTAN, mais conserverait la reine comme monarque et la livre sterling pour monnaie.

M. Salmond, 58 ans, doit pour l'emporter convaincre une population majoritairement sceptique des bénéfices que présenterait un tel divorce historique, d'ici à la consultation convoquée le 18 septembre 2014.

Il a assuré que l'Écosse avait un «grand potentiel en tant que pays», avec ses «universités de renommée mondiale», son «formidable héritage culturel» et ses «immenses ressources naturelles».

Il a déclaré vouloir construire une «nation plus démocratique juste et plus prospère».

Une chimère

Pour les partisans du non, ce projet relève de la chimère, selon la formule de l'ancien ministre britannique des Finances, Alistair Darling.

Il exprime la vue des trois grands partis britanniques -travaillistes, conservateurs, lib-déms- opposés à l'indépendance que prône le Parti national écossais (SNP) d'Alex Salmond, et favorables au contraire au maintien du Royaume-Uni constitué de l'Angleterre, de l'Écosse, du pays de Galles et de l'Irlande du nord.

«Au final, il n'y a qu'une seule question et un seul choix au coeur du débat: est-ce que nous, qui vivons et travaillons en Écosse, pensons que nous sommes les mieux placés pour prendre des décisions sur l'avenir de l'Écosse?», a martelé M. Salmond.

L'épais livre blanc intitulé Le futur de l'Écosse: votre guide pour une Écosse indépendante se veut «le document le plus détaillé jamais publié en faveur de l'indépendance d'un pays».

Essentiellement dominé par des questions économiques, il est censé répondre à 650 questions posées par des vrais gens, et expose pour la première fois de manière détaillée les projets du gouvernement en termes de monnaie(avec l'appartenance à une zone Sterling), de taxation, d'éducation, de défense ou de système social.

Union européenne

Le premier ministre a également répété qu'une Écosse indépendante souhaiterait immédiatement frapper à la porte de l'Union Européenne.

Le parlement écossais qui possède depuis 1997 d'une autonomie sur les questions d'éducation, de santé, d'environnement et de justice verrait ses compétences élargies à la défense. Les sous-marins nucléaires britanniques installées dans des bases militaires en Écosse devraient déménager vers le Sud.

Autre point important et potentiellement conflictuel, l'Écosse entend garder 90% des revenus des importantes réserves pétrolières de la mer du Nord.

M. Salmond a souligné que les réserves en gaz et en pétrole allaient alimenter l'économie écossaise pendant les cinquante prochaines années, tout en avouant qu'il faudrait investir dans de nouvelles ressources énergétiques pour préparer l'avenir.

Deux avenirs

Le référendum va offrir aux électeur le choix entre «deux avenirs». Le «oui signifiera que la plupart des décisions importantes concernant notre économie et notre société seront prises par les gens à qui l'Écosse tient le plus à coeur».

Si le non l'emporte en revanche, «l'Écosse sera à l'arrêt», proclame le Livre blanc.

Une victoire du oui est très loin d'être acquise, en dépit de la forte popularité du gouvernement écossais: les sondages montrent de façon stable depuis une vingtaine d'années que seule une minorité d'un tiers des électeurs écossais est favorable à l'indépendance.

Même si dimanche une enquête parue dans le Sunday Times donnait le oui à 38%, soit 9 points derrière le non, avec un taux d'indécis à 15%, susceptible de faire basculer l'équilibre.

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