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L’engagement rend heureux, qu’on se le dise

Laure Waridel
Photo Courtoisie
Laure Waridel, Cofondatrice d’Équiterre
Laure Waridel
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Laure Waridel, Cofondatrice d’Équiterre

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Le bonheur. Nous sommes tous à sa recherche plus ou moins consciemment. Nous le souhaitons à ceux et celles que nous aimons. Surtout maintenant.

Le bonheur. Nous sommes tous à sa recherche plus ou moins consciemment. Nous le souhaitons à ceux et celles que nous aimons. Surtout maintenant.

Et si nous nous souhaitions aussi d’être plus «engagés»? De consacrer davantage de notre temps et de nos talents pour construire ensemble un Québec plus juste, plus généreux, moins pollué? Celui dont nous rêvons pour nos enfants et petits-enfants. Et si, de surcroît, ces gestes posés pour le bien commun augmentaient notre «bonheur intérieur brut par habitant»?

ACTION CITOYENNE

De nombreuses études en psychologie et en sociologie établissent un lien positif entre l’engagement social et le bonheur. Quel que soit l’âge, le statut économique ou le sexe, il semble en effet que la participation sociale de chaque individu influence positivement son niveau de satisfaction dans la vie. Que l’on soit impliqué bénévolement au sein d’un comité de citoyens, une organisation environnementale, une association sportive, une coopérative, un syndicat, un parti politique, une fondation ou autre, il s’y crée des liens qui favorisent l’épanouissement. Se sentir utile fait du bien.

L’implication citoyenne entraînerait aussi une meilleure intégration sociale et contribuerait à prévenir la dépression. Rien de moins! Toutes ces conclusions sont tirées d’articles publiés dans des journaux scientifiques aussi variés que le Social Science & Medicine, la Revue québécoise de psychologie et le Journal of Health and Social Behavior.

Ces phénomènes s’observent clairement sur le terrain de l’action citoyenne. J’y ai vu beaucoup d’yeux briller... Je pense à ceux de Laurent, au Saguenay. Ce «travailleur de l’Alcan» a senti un grand vide quand la retraite est arrivée. Heureusement, il y a eu les réparations à la chapelle. Boîte à lunch dans une main et coffre à outils dans l’autre, Laurent a pu repartir le matin. Cette fois pour rejoindre d’autres bénévoles pour restaurer cette chapelle qui est devenue une magnifique salle de concert. Ensuite, il y a eu la Coop de solidarité du Lac-Kénogami, où Laurent continue de «s’engager».

CONTESTATION

Je pense aussi à Louise, qui a fondé La Guilde du Pain d’Épices dans Lanaudière. Ses délicieux biscuits bioéquitables sont en fait un prétexte pour donner le goût de lire et d’apprendre aux enfants. Je pense à Loulou, qui a commencé à travailler à La rue des Femmes à Montréal comme bénévole en y servant des repas. Elle y œuvre maintenant comme intervenante. Je pense à Hélène, qui était mon entraîneuse d’athlétisme au secondaire. Elle a évité à combien de jeunes de décrocher?

Et je pense à tous ces gens qui s’impliquent de mille façons, parfois aussi dans la contestation. On ne se fait pas que des amis en s’opposant fermement à un système qui carbure à l’exploitation environnementale et sociale. Cela demande beaucoup de courage d’être un David contre Goliath. Et de colère aussi. Mais surtout d’amour…

À vous toutes et tous qui vous «engagez», je profite de cette tribune pour vous dire:

Merci d’exister!

 

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