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Mercier

La mairesse s’estime trop bien payée et donne 10 % de son salaire

Lise Michaud mairesse de Mercier
Photo Agence QMI, Valérie Lessard Lise Michaud et les quatre conseillers de son parti donneront 10 % de leur salaire à des organismes communautaires locaux.

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La nouvelle mairesse de Mercier juge trop généreux le salaire de 71 000 $ lié à la plus haute fonction de sa ville de 12 000 âmes. Par conséquent, Lise Michaud donnera 10 % de sa rémunération à des organismes à but non lucratif, tout comme les conseillers élus sous la bannière de son parti.

Le salaire fixé par les conseils municipaux antérieurs était supérieur d’environ 6000 $ à ceux payés dans d’autres villes de taille comparable, indique Mme Michaud. Dans le cas de Beauharnois, une municipalité voisine qui compte aussi 12 000 habitants, l’écart est de près de 20 000 $. La rémunération du maire de cette ville, Claude Haineault, est de 52 000 $.

«En donnant 10 %, on revient dans la moyenne. C’était l’un de nos engagements de la campagne électorale», explique Lise Michaud. Le pourcentage sera appliqué à la portion imposable de sa rémunération, qui se chiffre à 55 352 $. Une allocation non imposable de 15 662 $ restera intacte.

La mairesse a précisé qu’elle n’avait pas promis, en campagne électorale, de réduire le salaire des élus en modifiant le règlement de la Ville concerné parce qu’elle n’aurait pu tenir parole si son parti était minoritaire.

LES CONSEILLERS AUSSI

Majoritaires avec quatre conseillers élus sur six, les représentants du Parti avenir Mercier, Stéphane Roy, Johanne Anderson, Louis Cimon et Martin Laplaine, s’en tiennent à cet engagement électoral de donner 10 % de leur rémunération à des organismes de la localité.

«C’est basé sur la bonne foi», précise le conseiller indépendant Philippe Drolet. «À la première réunion, on a demandé de faire un prélèvement directement sur le salaire et ce n’était pas possible. Si ça l’avait été, j’aurais voté pour», a-t-il mentionné. «Je pense que tous les membres du conseil sont de bonne foi», a-t-il souligné. Pour sa part, M. Drolet indique qu’il entend soutenir les organismes locaux par des dons et des participations à des soupers-bénéfices et tournois de golf, sans cible précise.

L’autre conseillère indépendante, Anik Sauvé, n’a pas encore examiné la question. «Je suis déjà engagée dans la communauté, entre autres au CA d’Entraide Mercier, et je vais continuer. C’est une façon pour moi de donner. Je vais aussi faire des contributions.»

Si elle accepte de partager sa paie, ce n’est pas parce que la fonction est une sinécure, laisse entendre Lise Michaud.

CONVICTION

«Officiellement, c’est un travail à temps partiel, mais depuis que je suis élue, je travaille 80 heures par semaine, sept jours sur sept. Mais ça, c’est ma personnalité. Quand j’embarque dans quelque chose, je m’engage à fond. Je ne me suis pas présentée pour le salaire, mais par conviction.»

Son geste, dit la mairesse de Mercier, est aussi un signal lancé à la population et aux employés municipaux. «Les citoyens sont très taxés. Il faut que les patrons donnent l’exemple si on veut descendre dans l’appareil», affirme Mme Michaud.

Est-ce à dire que les fonctionnaires devront emboîter le pas? «On va négocier serré. La Ville de Mercier n’a plus beaucoup de terrains à développer. Il va falloir faire plus avec ce qu’on a», conclut la mairesse.

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