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Décanter un vin ou le passer en carafe?

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L'autre jour, en répondant à un lecteur qui voulait avoir mon avis sur les trois millésimes du Château Simard que la SAQ a soldés récemment, j'ai été amené à faire à nouveau la distinction entre décantation (ou décantage) et le «carafage» ou, si vous préférez, le passage d'un vin en carafe (le mot «carafer», officiellement, n'existe pas, ni non plus «carafage». Mais dans le monde du vin, on emploie quand même l'un et l'autre, surtout le mot «carafer»). Pour se mettre en contexte, il faut savoir que la SAQ a soldé le Château Simard 1998 à 18,95 $ alors qu'il coûtait 30,25 $ et le Château Simard 2007 à 14,90 $ (au lieu de 25,80 $). Méchants «deals», comme on dit. D'ailleurs il n'en reste que quelques bouteilles ici et là dans tout le réseau de la SAQ. Quant au Château Simard 2000, son prix est resté le même à 37,25 $ mais, de toute façon, il était déjà pratiquement épuisé  (aux dernières nouvelles, il n'en restait qu'une seule bouteille à Magog, deux à Acton Vale et trois à Mercier). «Je suis un peu perplexe face au potentiel de garde de ces vins, particulièrement le 1998 et le 2000», écrivait ce monsieur. «La SAQ indique qu'ils sont prêts à boire, ce que je peux croire pour le 1998, mais pour le 2000? «Également, devrait-on décanter ou carafer seulement des vins d'un tel âge ? Je crois avoir décanté ma dernière bouteille de 1998 environ une heure (avant de la servir) et je ne l'ai pas regretté.» J'ai répondu à ce monsieur que je n'avais malheureusement pas regoûter ces vins, dernièrement, mais que j'étais porté à partager son avis en ce qui concerne le 2000, à savoir qu’il pourrait tenir encore quelques années, même si on peut évidemment commencer à le boire maintenant.ChSimard Quant au 2008, il est sûrement à boire et est peut-être même un peu fatigué, si je me fie à la dernière bouteille que j'ai bue (mais arrive un moment dans l'évolution d'un vin où on ne boit plus un millésime,  si je peux dire, mais «des» bouteilles d'un millésime, en ce sens que chaque bouteille peut être différente). Pour ce qui est du 2007, ç’a été un petit millésime à Bordeaux et ce n’est sûrement pas un vin de garde. Mais j’ose croire que lui aussi pourra tenir encore quelques années. De toute façon, au prix où la SAQ les a soldés, on ne court pas le risque de se tromper. Pour ce qui est de décanter ou de «carafer» ces vins, j'ai répondu à ce monsieur que je ne ferais personnellement ni l’un ni l’autre. Vaut mieux, à mon sens, laisser les bouteilles 48 heures debout avant de les ouvrir afin de faire retomber le dépôt au fond de la  bouteille, si jamais dépôt il y a. «Carafer» un vin, c’est-à-dire le passer en carafe de façon énergique afin de l’oxygéner, n’a de sens que pour un jeune vin, ce que ces châteaux-simard ne sont plus. Quant au décantage, c’est-à-dire passer précautionneusement un vin dans une carafe afin de le séparer de son dépôt mais aussi, ce faisant, de l’oxygéner, on risque alors, si le vin est déjà vieux, de perdre ces parfums très fins qui se sont développés avec l’âge et qui vont se volatiliser du coup dans la pièce, plutôt que de venir faire le bonheur de nos narines. De toute façon, en le servant à même la bouteille, il s’oxygène au fur et à mesure dans le verre et dans la bouteille. Deux écoles s’opposent sur le sujet, rappelle Michel Dovaz dans son Dictionnaire Hachette du Vin. «Pour les uns, le bouquet s'ouvre en carafe et parvient à son optimum lorsqu'on le verse dans le verre; pour les autres, il s'échappe de la carafe et se perd». Je suis de ceux qui croient qu’il vaut mieux ne pas décanter un vieux vin, sauf si, après l’avoir préalablement goûté, on constate qu’il est encore fermé. Car enfin, on fait vieillir les vins pour qu'ils développent précisément un bouquet d'arômes complexe, composé d'esters très fins, et il est clair, à mon sens, que le fait de décanter un vieux vin fera se perdre dans l'air à tout jamais les composantes les plus subtiles et les plus volatiles de ce bouquet. Mais je ne tiendrai pas une commission parlementaire sur le sujet !

Erreur d'habillage

J'ai acheté en fin dTaurino e semaine dernière quelques bouteilles du Taurino Salice Salentino Reserva 2009 (16,25 $ Code: 411892), pour me rendre compte, rendu à la maison, que sur l'une des bouteilles non seulement le millésime n'était pas indiqué, mais la mention Riserva non plus. Était-ce là un nouveau produit non millésimé de cette excellente maison des Pouilles qu'est Cosimo Taurino? Rien ne l'indiquait, pourtant, sur le site de la SAQ et c'est après avoir contacté l'agent qui la représente au Québec que j'ai eu ma réponse. C'est tout simplement une erreur d'étiquetage. Dans le lot du dernier arrivage, il y a un certain nombre de bouteilles qui ont été mal étiquetées. Mais soyez rassuré; si vous tombez sur l'un de ces bouteilles, c'est bel et bien du Taurino Salice Salentino Riserva 2009 qu'elle contient. Et, un conseil, si vous en achetez une, vous verrez qu'un passage en carafe lui fera le plus grand bien.

1 commentaire(s)

claude dit :
20 janvier 2014 à 18 h 09 min

Je serais curieux de savoir pour le chateau Simard 2000 de combien sont les taxes...

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