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santé | Autisme

Une rencontre qui change une vie

L’écrivaine Kim Thúy raconte comment deux spécialistes de l’autisme ont amélioré sa relation avec son fils

Kim Thuy
Photo pierre-paul poulin L’auteure Kim Thúy (au centre) communique beaucoup mieux avec son fils de 12 ans depuis sa rencontre avec Brigitte Harrisson (gauche) et Lise St-Charles, l’été dernier.

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Un «miracle», rien de moins. Voilà comment l’auteure Kim Thúy qualifie sa rencontre avec deux spécialistes de l’autisme qui ont changé sa vie en quelques heures, en lui apprenant à comprendre son fils de 12 ans.

Un «miracle», rien de moins. Voilà comment l’auteure Kim Thúy qualifie sa rencontre avec deux spécialistes de l’autisme qui ont changé sa vie en quelques heures, en lui apprenant à comprendre son fils de 12 ans.

«Dans la vie, ton plus grand souhait, c’est que tes enfants soient heureux. Avec Valmond, on avait les deux mains ligotées, et on le regardait souffrir, raconte la mère. Maintenant, on a les mains libres. On peut l’aider.»

Comme un « miracle »

L’auteure de romans à succès, Kim Thúy, peine à cacher son enthousiasme lorsqu’elle parle de sa rencontre de l’été dernier avec Brigitte Harrisson et Lise St-Charles, deux spécialistes de l’autisme qui ont créé Concept ConsulTED.

«De la façon dont j’en parle, c’est comme si c’était un miracle. Ça enlève presque de la crédibilité parce que je suis tellement reconnaissante, avoue-t-elle. Mais, quand on réussit finalement à comprendre la personne qui vit avec nous jour après jour depuis 12 ans, c’est un miracle.»

Comme la plupart des parents d’enfants autistes, Kim Thúy et son conjoint tentaient du mieux qu’ils pouvaient d’aider leur fils à s’épanouir.

«Je ne me suis jamais découragée, c’est notre enfant. C’est comme dire: je voulais un enfant blond, il est sorti brun et je suis déçue, compare-t-elle. Il est comme ça. On ne se pose pas la question, on fait du mieux qu’on peut avec les moyens qu’on a.»

Or, elle ne se doutait pas que sa relation avec son fils pouvait s’améliorer si rapidement.

Coup de cœur du hasard

Il y a plusieurs mois, les deux spécialistes ont vu par hasard une entrevue de Kim Thúy à la télé, dans laquelle Valmond a fait une brève apparition. En un instant, elles savaient qu’elles pouvaient l’aider.

«Ça arrive qu’on ait des coups de cœur, il fallait y aller», se rappelle Mme Harrisson.

La rencontre s’est produite l’été dernier, à la maison familiale.

«Elles regardaient Valmond de loin, et se cognaient les coudes comme si elles avaient tout compris. Moi, je ne voyais rien du tout», raconte Kim Thúy, encore subjuguée.

Autiste elle-même, Mme Harrisson a été reconnue comme la spécialiste au monde du fonctionnement interne de l’autisme (voir autre texte).

Finie la frustration

Depuis la rencontre, Kim Thúy comprend désormais pourquoi son fils laisse un morceau à part dans sa boîte à lunch, sort sans mettre de manteau l’hiver ou lui remet constamment des étiquettes.

«Il s’est créé un système de référence. Il garde des étiquettes de choses qu’il veut, souligne la mère. Là, j’ai compris ce qu’il veut. Il n’y a plus de frustration.»

Si Kim Thúy est reconnaissante envers les deux spécialistes, ces dernières semblent aussi charmées.

«Elle n’en parle pas (de l’autisme) comme les autres parents. Elle n’est pas une victime», confie Mme Harrisson.

En fait, Kim Thúy confie même qu’elle a le sentiment que le succès de son livre Rù, dans lequel elle parle de Valmond, avait pour but de la mener vers ces femmes.

«Comme si tout le chemin parcouru avait été fait pour cette rencontre-là, pour aider mon fils, dit-elle, émue. Il n’arrive rien pour rien. Et maintenant, je dois leur donner un coup de pouce», dit celle qui a plusieurs projets en tête pour les aider à poursuivre leur mission.

 
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