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Le Fonds de solidarité encore dans l’eau chaude

Il a investi dans une entreprise dirigée par un présumé fraudeur du fisc

Pompage Béton
Photo Martin Chevalier

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Le Fonds de solidarité de la FTQ se retrouve encore dans l’eau chaude après avoir investi plusieurs millions avec un entrepreneur qui aurait participé au plus gros réseau de fausses factures jamais démasqué dans la construction au Québec.

Le Fonds de solidarité de la FTQ se retrouve encore dans l’eau chaude après avoir investi plusieurs millions avec un entrepreneur qui aurait participé au plus gros réseau de fausses factures jamais démasqué dans la construction au Québec.

Il y a quelques jours, Revenu Québec a déposé 332 chefs d’accusation dans le cadre du projet Garrot. Parmi les personnes visées par le fisc, il y a Serge Mireault, qui dirige une série d’entreprises de pompage de béton. Au total, Revenu Québec réclame tout près de 1 million $ à Serge Mireault, un de ses proches, Jean-Pierre Roch, ainsi qu’à la compagnie à numéro 6676316 Canada inc., dont ils étaient les administrateurs.

La société 6676316 Canada inc. est accusée d’avoir produit de fausses déclarations de décembre 2006 à mai 2008. À cette même époque, en 2006, le Fonds de solidarité est devenu actionnaire d’Entreprises SMD, qui chapeaute plusieurs compagnies de Serge Mireault en investissant 3,4 millions $. Il possède toujours une participation de 25 % dans cette entreprise, même si son principal dirigeant aurait trempé dans ce vaste réseau de fausses factures.

Ce réseau qui aurait été dirigé par Normand Dubois a été démantelé à la suite d’une longue enquête menée en collaboration avec la Sûreté du Québec. Plusieurs entreprises ont pu bénéficier de fausses factures pour éviter d’avoir à payer des impôts.

La Sûreté du Québec a arrêté 17 personnes lors d’une rafle à la fin de 2012. Au total, le groupe est soupçonné d’avoir floué les agences fiscales gouvernementales de 6,5 millions $ en cinq ans.

C’est ainsi que Revenu Québec réclame aujourd’hui 310 845 $ à Serge Mireault directement. La même somme est réclamée à Jean-Pierre Roch et à la société à numéro qu’ils administraient.

Parmi les autres entreprises dirigées par Mireault, on trouve notamment Pompage Méga, qui est active sur de grands chantiers publics comme ceux des mégahôpitaux du CHUM et du CUSM à Montréal. «Le Fonds de solidarité FTQ a déjà pris des mesures pour protéger son investissement», soutient toutefois Patrick McQuilken sans préciser la nature de ces mesures, spécifiant qu’il s’agit toujours d’un dossier actif.

« Sociétés accommodées »

Dans un affidavit lié à un mandat de perquisition exécuté par la Sûreté du Québec à la résidence de Normand Dubois, Serge Mireault était identifié comme étant l’un des responsables des «sociétés accommodées». Le sergent-détective Martin Turcotte l’identifie alors comme «Serge Mireault de Pompage Méga».


Serge Mireault et son entreprise Pompage Méga ainsi que Lyne Simard n’ont pas fait l’objet d’accusations criminelles et le fait qu’ils soient identifiés dans les pièces relatives à la perquisition ne constitue pas la preuve qu’ils ont commis une infraction criminelle.

 

Une enveloppe dans le parking

Le fisc a aussi déposé 152 chefs contre Lyne Simard et la société Cordev qu’elle administrait. Voici un extrait de l’affidavit lié à la perquisition chez Normand Dubois la concernant: «Vers 15 h 37, l’Audi Q7 s’immobilise dans le stationnement du Home Dépôt juste â côté de Philippe Laroque. Lyne Simard, identifiée par surveillances antérieures, est passagère avant du Q7. Sans descendre du véhicule, elle remet une enveloppe blanche à Philippe Laroque. Ce dernier place l’enveloppe de format lettre dans la poche intérieure gauche de son veston avant de prendre la place conducteur du Kia Sportage rouge.»
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