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Ma première soirée de boxe

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Samedi soir, au Centre Bell, je pensais voir un combat de boxe. J’ai en fait assisté à un mélange de show rock, de tragédie grecque et de film à suspense.

Samedi soir, au Centre Bell, je pensais voir un combat de boxe. J’ai en fait assisté à un mélange de show rock, de tragédie grecque et de film à suspense.

Et, surtout, j’ai découvert un comédien fabuleux qui sait jouer avec les émotions de la foule: Jean Pascal est tout un artis­te!

TROIS ÉTOILES DU MATCH

D’habitude, je me cache les yeux avec les mains quand deux gars se tapent dessus au cinéma. Mais samedi soir, dès le deuxième round, j’étais debout sur ma chaise et je criais à Lucian Bute de se réveiller pour en flanquer toute une à Pascal. (Mais, bon, Bute ne m’a pas écoutée…)

Jean Pascal a donné une performance digne des Oscars, en s’amusant sur le ring, baveux, arrogant. Une vraie tête à claques… qui n’a reçu des claques qu’au 12e round.

Je sais qu’on n’est pas au hockey, mais si je pouvais distribuer mes étoiles du match, la première irait à Jean Pascal. Chaque fois que les caméras du Centre Bell nous donnaient des gros plans des boxeurs, ça sautait aux yeux. Bute avait le regard perdu, hagard, alors que Jean Pascal avait les yeux de Maurice Richard quand le numéro 9 s’apprêtait à marquer un but.

Quand Pascal s’est mis à frapper Bute en regardant ailleurs, comme s’il savait déjà qu’il allait gagner, j’ai quasiment cru qu’il allait se mettre à siffloter, tellement il était désinvolte.

LES ANGES DU RING

Je remettrais ma deuxième étoile du match aux «metteurs en scène» de cette soirée. Ils savent faire monter l’excitation en crescendo pour arriver au combat ultime: ils nous ont régulièrement montré des images des deux pugilistes dans les coulisses pour qu’on les hue ou qu’on les applaudisse.

Et ils savent que 20 000 amateurs de boxe, ça aime les pitou­nes. Il y en avait aux quatre coins du ring, perchées sur des boîtes illuminées, qui faisaient des drôles de danses à gogo.

Entre les rounds, deux «anges du ring», Ève et Samantha, paradaient chacune à leur tour dans des maillots en paillettes noires, en tenant un grand carton portant le numéro du round.

On n’était clairement pas à un congrès féministe de la FFQ ou du Conseil du statut de la femme...

LE SPECTACLE DANS LA SALLE

Enfin ma troisième étoile du match va à tous les figurants: vedettes sportives, politiques, artistiques ou personnalités du monde des affaires qui assistaient au combat et qui ont donné un très bon spectacle.

Quand elles ne sont pas à la boxe en train de se sourire et de se serrer la main, elles cherchent le meilleur moyen de mettre l’autre K.O.

Comme me l’a glissé à l’oreille un réalisateur de films: «Je n’ai jamais vu autant de gens qui s’aiment et autant de gens qui se détestent réunis dans un même endroit.»

UN COUP DE POING

C’est une chose de voir des combats au cinéma, que ce soit Raging Bull, Rocky ou Million Dollar Baby.

Mais assister en personne à un combat, lire la tristesse, l’humiliation, l’incompréhension sur le visage de Bute, et la fierté sur celui de Pascal… il n’y a rien comme ça.

La boxe? C’est le meilleur show en ville!

 
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