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Sexualité | Livres

La sexualité dans la littérature jeunesse: des parents d’enfants à l’école primaire sonnent l’alarme

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Outrées de ce que leurs enfants peuvent parfois lire à l’école primaire, deux mères ont lancé un site internet pour sensibiliser les parents et les professeurs aux livres dans lesquels pourraient se trouver des passages à connotation sexuelle.

Monique (nom fictif) a fondé avec Nicole (nom fictif), le site Parent Alerte après que sa fille de 11 ans eu ramené de l’école L’Enchanteur, un roman destiné aux 13 ans et plus dans lequel on peut lire par exemple : «Mes seins touchent son corps. Sa bouche les embrasse goulûment. Ses jambes entourent les miennes et je sens son pénis bien durci.»

Les deux femmes désirent garder l’anonymat par crainte de représailles envers leurs enfants.

Le livre en question a été retiré de la classe, mais les deux mères se sont aperçues que des ouvrages disponibles à la bibliothèque et dans les classes traitaient de sexualité de façon qu’elle juge inappropriée pour l’âge des enfants. Ces titres ne font toutefois pas partie des lectures obligatoires.

«Ces livres montrent des comportements plus vieux et plus matures que nos enfants. Ça leur donne des idées, ça entre à l’intérieur et ça les bouleverse», a commenté Nicole.

Parmi les titres qu’elles montrent du doigt se trouvent entre autres Le blogue de Namasté, Le journal d’Aurélie Laflamme et la série Pandora.

Dans plusieurs écoles

Plusieurs écoles de la grande région montréalaise proposent ces livres, a constaté le journal 24 H.

Les livres achetés pour les élèves plus âgés sont placés dans une section de la bibliothèque destinée aux deuxième et troisième cycles (enfants respectivement âgés de 8-9 ans et 10-11 ans), assure Alain Perron, porte-parole de la Commission scolaire de Montréal.

«La série Aurélie Laflamme est destinée aux jeunes de 12 ans et plus: en sixième année du primaire, plusieurs enfants ont atteint 12 ans», ajoute-t-il, affirmant que les enseignants encadrent les élèves lorsqu’ils font leur choix à la bibliothèque.

Même son de cloche du côté de la Commission scolaire des Affluents, dans Lanaudière, où l’on retrouve plusieurs des ouvrages cités.

«Les enseignants lisent tous les livres et ils ne trouvaient pas que ça avait une connotation, que c’était difficile ou offensant pour les élèves», a mentionné le porte-parole Eric Ladouceur, surpris de la réaction de ces parents.

Le site web de la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe propose quant à lui une série de livres sur la thématique des relations amoureuses des préadolescentes, où plusieurs des ouvrages dénoncés sont suggérés.

«C’est pour les élèves de plus de 12 ans qui n’ont pas le goût de la lecture, pour arriver avec quelque chose qui les intéresse», a expliqué la porte-parole Sagette Gagnon, qui précise que ces suggestions ne se retrouvent pas nécessairement dans les écoles.

«Les bibliothécaires lisent une grosse partie des livres, mais elles ne peuvent pas tout lire», a-t-elle ajouté, indiquant que la commission scolaire retirait les livres qui font l’objet de plaintes.

La société banalise la sexualité

La sexologue Geneviève Labelle n’était pas étonnée d’apprendre que des livres dans lesquels il est explicitement question de sexe se retrouvent à l’école primaire.

«On est vraiment dans ce courant, toute la société banalise la sexualité, a-t-elle expliqué. Les parents et les enseignants aussi vont avoir tendance à en échapper. Ce n’est pas de la mauvaise foi, tout le monde est en perte de repères.»

La limite à ne pas franchir varie d’un enfant à l’autre, selon son éducation sexuelle, selon elle.

«Les enfants ont besoin de savoir comment se passent les choses en gros, mais n’ont pas besoin des détails», a ajouté Mme Labelle.

Des lectures trop explicites pourraient affecter la construction de la sexualité des enfants, d’après la sexologue.

«Ça a moins d’impact sur les élèves qui ont une bonne estime d’eux-mêmes, mais ceux qui sont plus vulnérables pourraient s’en servir comme outil pour se sentir aimés, a-t-elle dit. [...] Ils pourraient être amenés à reproduire ces comportements.»

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