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«Crosse-tette» à Radio-Canada

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«Le monde s’en câlisse», «On ferme sa gueule», «Crisse de malade», «Crache, hostie», «Tes étudiantes que tu veux toujours fourrer», «Une hostie de foam su’l bord d’la gueule», «Toton de marde», «Crisse de plotte», «C’t’un hit, tabarnak», «Trou d’cul», «D’la marde», «Y’a pas mieux qu’un gars pour crosser un gars», «Fuck you», «Décâlisse», «Y’é jamais trop tôt pour se faire crosser».

«Le monde s’en câlisse», «On ferme sa gueule», «Crisse de malade», «Crache, hostie», «Tes étudiantes que tu veux toujours fourrer», «Une hostie de foam su’l bord d’la gueule», «Toton de marde», «Crisse de plotte», «C’t’un hit, tabarnak», «Trou d’cul», «D’la marde», «Y’a pas mieux qu’un gars pour crosser un gars», «Fuck you», «Décâlisse», «Y’é jamais trop tôt pour se faire crosser».

Non, ce ne sont pas des extraits du nouveau spectacle de Mike Ward.

Ces vulgarités ne sont qu’un petit échantillon de ce qu’on entend dans la bouche de tous les personnages dans le premier épisode de Série noire.

Je vous rappelle que Série noire est présentée à 21h, à Radio-Canada, la télévision nationale.

« HOSTIE », « MARDE », « ON FOURRE-TU » ?

J’ai visionné en rafale les cinq épisodes de la série.

Les auteurs ont une préférence marquée pour les mots «fourrer» (fourrer une fille, se faire fourrer, avoir le goût de fourrer ), «crosser» (avec les mêmes variations que «fourrer»), «gueule» (fermer sa gueule, se faire casser la gueule, une claque su’a gueule) , «bullshit», «come on», «marde» (être dans la marde, mettre l’autre dans la marde, tout ce que tu touches devient de la marde) et sa variante «chie», «chier» ou encore «shit».

Puis, à partir du troisième épisode, j’ai commencé à noter méticuleusement la fréquence des sacres.

Épisode #3: quatre «tabarnak», trois «crisse», deux «hostie», un «câlisse».

Épisode #4: deux «tabarnak», huit «crisse», trois «hostie», deux «câlisse», un «calvaire».

Épisode #5: deux «tabarnak» , deux «criss», cinq «hostie», trois «câlisse», un «décâlisse», un «on s’en contrecâlisse» et un «fuck».

Dans un épisode de 45 minutes, ça fait un sacre en moyenne aux trois minutes. Et c’est sans compter les nombreux «on s’en sacre». Il y a même un épisode où un personnage répond au téléphone en disant «crisse» au lieu de «allô».

Il y a tellement de sacres dans Série noire que je me suis demandé si les auteurs n’avaient pas un bonus chaque fois qu’ils en plaçaient un.

ICI LA GRANDE CLASSE !

Série noire atteint des sommets de vulgarité avec la prostituée Charlène qui offre des «crosse-tettes», une «crosse» faite avec les «tettes», comme elle le démontre allègrement à l’écran en frottant ses seins sur le pénis de son client. Son patron dit d’elle: «C’est une de celles qui a le vagin le plus étroit». Dans l’épisode diffusé lundi, elle s’écrie même en rentrant du boulot: «J’ai la noune en feu!»

Au lieu de placer des panneaux de mise en garde au début des épisodes, la société d’État aurait dû carrément exiger des auteurs qu’ils soignent un peu plus leur langage.

Va-t-on avoir besoin d’une «charte contre le langage ostentatoire» à Radio-Canada ?

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