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Professeur de McGill

Un professeur de McGill attise la hargne des anglos

Pauline Marois
Capture d’écran Facebook

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Un statut Facebook et surtout une photo truquée peu flatteuse de Pauline Marois publiée par un professeur réputé de l’Université McGill provoquent une explosion de commentaires haineux à l’endroit de la première ministre et des souverainistes.

Joe Schwarcz ne regrette pas d’avoir écrit sur sa page Facebook que Pauline Marois «a manqué de classe et fait preuve de grossièreté».

Le professeur de chimie de l’Université McGill s’est indigné, lundi, du fait que la première ministre ne félicite que les joueurs nés au Québec pour les médailles olympiques, en omettant de mentionner les autres, dont Carey Price et P.K. Subban.

INSULTES

«C’est stupide de sa part. Mais les commentaires haineux sont aussi stupides. J’ai peut-être fait une erreur en publiant cette photo», admet le chimiste lors d’un entretien avec le Journal.

En peu de temps, les propos du scientifique et la publication d’une photo de Mme Marois ont déclenché une pluie de commentaires disgracieux, voire haineux, sur le célèbre réseau social.

ÉLITE

Parmi les 217 commentaires, les abonnés ont abondamment utilisé des termes tels que «bitch» et «cow» pour parler de la première ministre. Un abonné a comparé les souverainistes et la chef du gouvernement aux nazis.

«Elle a besoin d’une belle claque sur la gueule», a écrit une autre.

«Ce qui déçoit, c’est que ces commentaires viennent de la communauté universitaire, c’est l’élite anglophone. J’aurais souhaité un niveau de débat plus élevé», confie le chimiste François Plourde, un abonné de la page Facebook de Joe Schwarcz, qui se dit pourtant un «fan» de ce dernier.

«Je suis étonné, triste et choqué qu’il n’ait pas mis rapidement un terme aux dérapages. Je préfère que M.Schwarcz s’en tienne à la science», lance-t-il.

CONTEXTE SOCIAL

Joe Schwarcz a attendu plus de 48 heures avant de retirer son statut controversé. L’homme écrit sur sa page avoir été troublé par certains commentaires qu’il qualifie d’inacceptables.

«Il a bien fait, croit le professeur de droit de l’Université de Montréal PierreTrudel. Héberger des propos haineux sans les retirer c’est un peu comme s’il les cautionnait», explique le spécialiste du cyberespace.

Les tribunaux ont une plus grande tolérance face aux propos disgracieux à l’endroit des politiciens, jugeant qu’ils peuvent faire partie du débat», ajoute M. Trudel.

«Je crois que cet incident témoigne du contexte social que le PQ a créé avec la charte et du fait que ça interpelle beaucoup les anglophones», affirme Ariel Fenster, professeur de chimie à l’Université McGill et voisin de bureau de Joe Schwarcz depuis 40 ans.

«Je vous assure qu’il n’est pas francophobe», ajoute-t-il.

De son côté, la direction de l’Université McGill estime que les propos diffusés par Joe Schwarcz sur sa page Facebook reflètent son opinion personnelle et non celle de l’institution, a indiqué la directrice des communications, Carole Graveline.

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