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Poutine, super tsar

OLYMPICS-CEREMONY/
photo REUTERS Les Jeux olympiques servent de prétexte aux pays hôtes pour se gonfler la poitrine et pomper leur ego.

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Gonflé du succès de ses Jeux olympiques, rempli à ras bord de lui-même, dopé par les accolades que les démocraties occidentales lui ont lâchement données ces dernières semaines, Vladimir Poutine persiste et signe dans sa volonté de restaurer le pouvoir perdu de la Russie impériale.

Gonflé du succès de ses Jeux olympiques, rempli à ras bord de lui-même, dopé par les accolades que les démocraties occidentales lui ont lâchement données ces dernières semaines, Vladimir Poutine persiste et signe dans sa volonté de restaurer le pouvoir perdu de la Russie impériale.

Comme ses illustres prédécesseurs, qui n’ont pas hésité une seconde à envoyer leurs tanks à Prague et à Budapest pendant que les idiots utiles du marteau et de la faucille chantaient en chœur les vertus hygiéniques de la peste rouge, Poutine menace d’écraser l’Ukraine.

AVE, CÉSAR !

Maintenant que nos athlètes sont revenus, couverts de médailles et d’honneurs, osons le dire: le flanflan «pierre-de-coubertin» de l’Idéal olympique est l’une des plus grandes bullshits jamais inventées par l’homme.

Les Jeux olympiques ne servent pas à célébrer le dépassement de soi. Les Jeux olympiques servent de prétexte aux pays hôtes pour se gonfler la poitrine et pomper leur ego.

Poutine est arrogant, dit-on.

Pourquoi ne le serait-il pas? Le monde entier lui a fait des courbettes, pendant qu’il déplaçait sauvagement des milliers de personnes pour construire son mausolée olympique à coups de milliards.

Qui est le plus grand fou dans cette histoire? Le nain narcissique qui se prend pour César, ou tous les autres qui vantent la beauté de sa tunique et de sa couronne de laurier?

En applaudissant les Jeux olympiques de Vladimir Poutine, en nous extasiant devant sa folie des grandeurs, nous avons participé à consolider son pouvoir, à glorifier son image et à nourrir ses ambitions impériales.

L’actuelle crise de l’Ukraine n’est que la pitoyable récolte de ce que nous avons semé.

« QUE DU SPORT… »

«Tout ce qui nous intéresse, c’est le sport. Nous ne sommes pas venus ici pour faire de la politique…»

Mais qu’est-ce que les Jeux olympiques, sinon de la politique? Il faut être sacrément aveugle pour ne pas le voir…

Le peuple ukrainien veut se libérer du giron russe pour se rapprocher de l’Europe des Droits de l’Homme. Et nous les regarderions se faire écraser sans réagir, les yeux rivés sur nos médailles? Honte à nous!

Quoi que nous disions pour nous dédouaner, nous avons de plein gré participé à gonfler l’ego du nouveau tsar de Russie.

Comme Marcel Aubut, nous l’avons goulûment embrassé sur la joue en disant que toute cette fanfaronnade n’était que du sport.

NUIT ET BROUILLARD

Une petite note culturelle, en terminant…

Alain Resnais, l’un des plus grands cinéastes français, est mort à 91 ans.

Je me souviens avoir vu Hiroshima mon amour quand j’étais jeune, à la télé. Je n’avais rien compris, mais j’étais ébloui par la musique, le montage, la voix magnifique d’Emmanuelle Riva.

C’était l’époque où Radio-Canada présentait de grands films, à Ciné-Club, le dimanche soir. L’époque où Henri Guillemin nous regardait dans les yeux pour nous parler d’Histoire, où Aline Desjardins interviewait François Truffaut, où l’on pouvait voir des pièces de Marcel Dubé, ou Des souris et des hommes de John Steinbeck avec Hubert Loiselle et Jacques Godin…

L’époque où la télé publique canadienne jouait son rôle, au lieu de guidouner dans les platebandes de la télé privée.

C’était il y a 40 ans, un siècle, une éternité.

 

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