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Le Parti conservateur : la voix de la vraie droite ? 6/6

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Le Parti conservateur du Québec est encore un parti marginal : ce n’est maintenant plus un parti insignifiant. Si son chef précédent, Luc Harvey, ne se distinguait pas particulièrement par ses lumières et multipliait les bourdes et les inepties, il est parvenu à attirer Adrien Pouliot, un homme qui a l’estime du milieu des affaires et qui a une réflexion articulée, aussi abrasive et radicale soit-elle. Plutôt inconnu à Montréal, il trouve un écho à Québec. S’il est résolu à s’engager longtemps en politique, son parti peut espérer croître un peu, bien qu’évidemment, il soit probablement condamné structurellement à une existence périphérique, à la manière d’un tiers-parti un peu plus gros que les autres formations politiques classées dans cette catégorie.

On le sait, ces dernières années, on a trouvé bien des gens qui voulaient faire émerger le débat «gauche-droite» au Québec, pour se libérer d’une question nationale ressentie comme un carcan. Une nouvelle offre politique pourrait alors émerger, en désencombrant l’espace public des partis traditionnels. Dans ce contexte, le Parti conservateur se veut le représentant de la «vraie droite» au Québec – par effet de contraste, doit-on comprendre, avec la «fausse droite» qui détournerait systématiquement les préoccupations des électeurs «de droite» pour les mettre au service d’une critique tiède et molle du modèle québécois, sans jamais l’attaquer dans son principe même – une fausse droite que représenteraient actuellement le PLQ et la CAQ, à certains égards.

Il faut consulter le programme du Parti conservateur pour comprendre la motivation profonde de ses militants. À tous les problèmes, la réponse est la même : il faut réduire la taille de l’État, comme si ce dernier était réductible à une forme de collectivisme bureaucratique. Inversement, il faudrait restaurer absolument la responsabilité individuelle, maltraitée par ce qu’on présente pratiquement comme une forme de socialisme à la québécoise. Cette vision, qui est celle de la nouvelle droite québécoise, n’est pas exempte d’un certain darwinisme social : la solidarité collective, dans les faits, permettrait aux paresseux de s’en remettre aux vaillants pour leur survie. De là l’idéalisation de l’entrepreneur qui prendrait sa vie en main – de là aussi l’admiration de plusieurs de ses militants pour une philosophe comme Ayn Rand. Le marché, et le marché seulement, devrait présider à l’organisation de la société.

Si le Parti conservateur n’est pas ouvertement libertarien, nul doute qu’il s’agit de la philosophie politique qui l’inspire. Il ne s’agit pas d’un libertarianisme exclusivement théorique, mais plutôt d’une forme d’antiétatisme primaire et virulent, caractérisant en bonne partie la région de Québec et alimenté par les radios qui y jouent une influence aussi grande. Cet antiétatisme s’alimente d’un grand ressentiment contre ceux qu’on présente souvent comme les privilégiés du modèle québécois. Sans surprise, la nouvelle droite québécoise s’enracine dans le terreau historique du créditisme, qui au temps de la Révolution tranquille, a occupé la catégorie du «populisme de droite». Nous ne sommes pas ici devant une doctrine flottant dans le ciel des idées pures, mais qui cherche à traduire certains affects et griefs contenus dans la culture politique québécoise.

C’est une lecture de l’histoire qui se dévoile par-là : depuis cinquante ans, fondamentalement, le Québec n’aurait pas progressé par lui-même. La Révolution tranquille serait un échec : elle aurait accouché d’une société surendettée et bureaucratisée à outrance. Une fonction publique écrasante aurait confisqué la richesse à son seul avantage. Une nouvelle lutte des classes devrait s’ouvrir, mettant en scène les travailleurs dépossédés du domaine privé contre les privilégiés et les spoliateurs du domaine public, souvent personnifiés par les «artistes», traités comme les profiteurs en chef de la social-démocratie. Pour cette droite, le Parti Québécois est le symbole et l’incarnation de cette dérive collective et il faudrait l’abattre. La critique légitime de l’État providence et de sa dégénérescence social-bureaucratique est ici radicalisée comme s’il fallait opposer le Bien du marché et le Mal de l’étatisme. Ainsi tournée, cette critique perd le contact avec le monde réel pour se réfugier dans l’idéologie pure.  

Le Parti conservateur prétend représenter la droite, mais on précisera qu’il s’agit de la droite la plus fédéraliste qui soit et qu’il s’oppose systématiquement au nationalisme québécois – ainsi, il tempère son individualisme radical par un patriotisme canadien particulièrement exalté, et on peut voir, sur les médias sociaux, ses militants se montrer particulièrement virulents envers les indépendantistes, et plus encore, envers les péquistes, auxquels plusieurs semblent vouer une haine indestructible. En s’accrochant au Canada, ils trouvent ainsi à se brancher à l’univers mental du capitalisme anglo-saxon, qu’ils divinisent, comme si les peuples de langue anglaise étaient les vrais gardiens de la liberté à travers le monde.

Il y a ici un paradoxe : cette droite dure renonce à sa patrie réelle, le Québec, pour une patrie fantasmée, le Canada, qui grandirait et nous délivrerait de l’exiguïté provinciale francophone. Étrange nouvelle droite québécoise  qui cultive à l’endroit de sa propre nation des sentiments fondamentalement négatifs. Son patriotisme canadien, je l’ai dit, ne vient pas compléter un patriotisme québécois qui chercherait à se prolonger dans un fédéralisme respectueux du Québec, mais à bien des égards, se définir contre lui. Le Parti conservateur du Québec, de ce point de vue, s’inscrit dans la mouvance de ce que j’appelle le fédéralisme pur et dur.

Le Parti conservateur d’Adrien Pouliot n’est donc une création politique artificielle, même si on peut se demander s’il n’a de conservateur que le nom, car qu’est-ce qu’un conservatisme qui sacrifie la transmission culturelle et l’enracinement identitaire pour un individualisme sacralisé. Quoi qu’il en soit, il représente la nouvelle mouture de cette vieille aspiration, aujourd’hui renaissante, à une droite fédéraliste décomplexée, concentrée sur la critique de l’étatisme, mais dénonçant plus largement les valeurs dominantes d’un Québec qu’on croit socialement décomposé. Il dispose aussi d’un terreau sociologique potentiel dans la région de Québec : une partie de la vieille ADQ pourrait se reconnaître dans ses thèmes, et faut-il le dire, le thème de la révolte antifiscale.

Il y a donc un terreau sociologique pour cette nouvelle droite qui cherche désormais à s’exprimer politiquement – à tout le moins, elle a des militants et dispose d’une certaine visibilité médiatique. Mais le fédéralisme radical de Philippe Couillard et la révolte des contribuables de François Legault laissent peu d’espace au parti d’Adrien Pouliot. D’ailleurs, les représentants médiatiques de la nouvelle droite québécoise semblent à ce moment paniqués par un éventuel gouvernement majoritaire du PQ qu’ils lancent déjà l’appel à un vote en bloc pour le PLQ, histoire de bloquer le séparatisme victorieux. L’antipéquisme radical, chez ces gens-là, est une motivation politique à part entière. Et le jeune Parti conservateur en fera visiblement les frais.

Adrien Pouliot a néanmoins trouvé un bon slogan, en disant vouloir devenir le «Amir Khadir de la droite». C’est-à-dire un trublion parlementaire parvenant à s’imposer dans le système médiatique comme le représentant de la «vraie droite», et entendant transformer par-là les frontières du débat public. Son objectif pour cette élection : exister. Il n’y parviendra probablement pas, même si dans son comté, il pourrait réaliser un score honorable. Plus largement, il sera intéressant, le soir de l’élection, d’observer les résultats de son parti dans la région de Québec. Malgré le retour au bipartisme, parviendra-t-il à dégager quand même un créneau électoral significatif, aussi minime soit-il? C’est à voir le 7 avril au soir.

21 commentaire(s)

Alain Michaud dit :
16 mars 2014 à 12 h 33 min

Un trublion parlementaire... J'aime l'expression, je ne la connaissais pas. (un parlementaire faiseur de troubles)

Louis-Philippe Borduas dit :
16 mars 2014 à 13 h 15 min

« Il y a ici un paradoxe : cette droite dure renonce à sa patrie réelle, le Québec, pour une patrie fantasmée, le Canada. » M. Côté, pourquoi refusez-vous d'accepter que certains Québécois considèrent le Canada comme leur patrie réelle? Le jour où vous accepterez ce fait, davantage de fédéralistes accepteront votre position. Autre expression révélatrice : « une droite fédéraliste décomplexée ». Pourquoi les fédéralistes devraient-ils être complexés? Sur ce blogue, vous critiquez constamment l'attitude de certains fédéralistes qui démonisent les souverainistes et crachent sur la légitimité de leurs convictions. Par dignité intellectuelle, je vous prie de cesser de perpétuer ce que vous dénoncez. Cessez d'insinuer que les convictions des fédéralistes sont illégitimes. Cessez d'insinuer qu'ils devraient se sentir complexés et honteux.

Québ-étroit dit :
16 mars 2014 à 13 h 19 min

Hey oui Bock...c'est le 7 avril prochain que tu pleureras...car les Québécois t'aurons signifié, à toi et tes amis séparatistes, qu'on ne voulait plus rien savoir de vous! Donc...si pas heureux, allez vivre ailleurs (Russie, Cuba, etc.) c'est selon...

Olivier dit :
16 mars 2014 à 13 h 43 min

Bravo M Bock-Côté, vous êtes probablement le seul chroniqueur à avoir parlé du PCQ, et vous avez même louangé leur conservatisme fiscal.

Votre refus obstiné de comparer le Québec au reste du Canada et aux États-Unis vous empêche d'apprécier la critique de la taille de l'État québécois dans son contexte: c'est bien la juridiction la plus taxée et la plus dépensière d'Amérique du Nord.

Pour un homme qui se targue d'avoir une grande bibliothèque personnelle, vous semblez ne pas avoir lu beaucoup d'auteurs de droite sérieux, en commençant par Adam Smith, le père de la science économique. Critiquer la droite en citant Ayn Rand, c'est comme critiquer la gauche en parlant de Michael Moore.

Vous avez raison: la question nationale est tellement fondamentale que même en 2014, elle éclipse tout le reste, et les partis se feront encore élire selon leur positionnement oui/non plutôt que sur leurs compétences à gérer un énorme État qui a une emprise sur la vie de tous et chacun.

Et tomberont les viaducs, et augmentera la dette...

Arsene66 dit :
16 mars 2014 à 15 h 26 min

@ Olivier

Parlant d'Adam Smith (et si l'économie vous intéresse), je vous invite à lire « Economix: La première historie de l'économie en BD» de Michael Goodwin.

Cet ouvrage de vulgarisation admirable décrit clairement et avec humour l'histoire de l'économie à travers ses grands penseurs. C'est certain que vous allez en apprendre sur l'économie.

Arsene66 dit :
16 mars 2014 à 15 h 44 min

@ Olivier

Un petit d'extrait des propos d'Adam Smith tenus à l'endroit des capitalistes et qui serait le «grand message oublié de 'La Richesse des nations':

«Prenez garde aux capitalistes !

La proposition de toute nouvelle loi ou règlement de commerce qui part des [capitalistes], doit toujours être écoutée avec beaucoup de précaution, et ne doit jamais être adoptée qu'après avoir été longtemps et sérieusement examinée, non seulement avec le plus grand scrupule, mais avec la plus grande défiance. Elle vient d'un ordre d'hommes dont l'intérêt n'est jamais exactement le même que celui du public, qui généralement est intéressé à tromper et même à opprimer le public, et qui, dans bien des occasions, n'a pas manqué de le tromper et de l'opprimer.»

Paraît même que Smith avait un sacré problème avec les gros capitalistes:

«La rapacité mesquine, l'esprit de monopole des marchands et des fabricants, qui ne sont pas, ni ne doivent être, les maîtres de l'humanité...»

Source: 'Economix', page 29

louis dit :
16 mars 2014 à 15 h 47 min

@Québ-étroit Tu parles EXACTEMENT comme Elvis Gratton! Et tu as le même ton dans à peu près toutes tes interventions.

Arsene66 dit :
16 mars 2014 à 15 h 58 min

@ Olivier

Et concernant les profits et les salaires, l'extrait que voici:

« Smith ne pensait pas que seul le taux d'intérêt devait être bas; il pensait que le profit devait l'être aussi. Smith pensait que les gros profits n'étaient pas bons, parce qu'on ne pouvait pas avoir de gros profits et de gros salaires en même temps.

Les hauts salaires n'étaient pas intéressants simplement pour les travailleurs; ils étaient intéressants pour la SOCIÉTÉ, parce que presque tous les MEMBRES de la société étaient des travailleurs.»

À ce sujet A, Smith a écrit: « Aucune société ne peut prospérer et être heureuse, dans laquelle la plus grande partie des membres (les travailleurs) est pauvre et misérable,»

Source: 'Economix', p. 27

***

Si, avec de telles propos, Adam Smith est à droite, où loge la nouvelle droite ? Encore plus à droite ??

Gaétan Mercier dit :
16 mars 2014 à 17 h 37 min

Cher M. Côté,

Vous seriez surpris de constater à quel point la philosophie du PCQ rejoint une portion significative de la population. Il ya beaucoup de ressentiment envers les gouvernements précédents qui n'ont jamais osé confronter le modèle québecois qui représente la plus grande menace de ce même modèle. Je ne crois pas que le PCQ saccagerait le Québec. Il pourrait peut-être rétablir un certain équilibre entre nos aspirations et les moyens que nous avons de les réaliser. En d'autres mots, ceux qui feront, tôt ou tard, le ménage qui s'impose ne seront ni aimés ni populairesCc.est pourquoi ce ne sera pas les politiciens en place qui le feront. Finalement, n'allez pas croire que les drettistes ne sont pas de vrais québecois comme ceratins gauchistes le prétendent. La fierté ne s'exprime pas qu'au travers de rêves brisés.

alain maronani dit :
16 mars 2014 à 18 h 47 min

Adrien Pouliot a raison sur l'essentiel.

La faillite du merveilleux modèle québécois utilisé et vanté indifférement par le PQ et le PLQ, 2 nomenclatura qui se partagent le pouvoir sans discontinuer depuis 50 années..

J'ai remarqué que seul Legault s proposé de supprimer les subventions aux secteurs du jeux électronique, des firmes informatiques, d'éliminer des régies régionales de santé, de vider le ministère de la santé (sans licenciements hélas...) au profit du personnel soignant, etc...

Le refus de faire autrement va finir par permettre a Pouliot d'imposer son agenda dans la douleur...quand plus personne ne nous financera a des taux acceptables et quand notre dette sera devenue ingérable...

MBC pendant ce temps attend que on lui donne une des chaires promises par Duchesne sur l'identité québécoise, pour continuer ses 'recherches' sur les sornettes du chamoine Groulx...

Olivier dit :
16 mars 2014 à 18 h 50 min

@Arsene

Il ne faut pas arrêter sa lecture à la simple étiquette "capitaliste" et tenter de comprendre ce qu'Adam Smith dénonce ici: ce sont les règles imposées par l'État pour favoriser un groupe qui a de l'influence politique au détriment des autres. Je pense que dans cet exemple précis, il s'agissait de tarifs douaniers qui aidaient certains marchands à faire des profits honteux, car ils empêchent le consommateurs d'acheter d'un concurrent étranger.

Ce texte fait l'éloge du libre marché et dénonce le pouvoir gouvernemental sur l'économie et s'applique encore en 2014. Qui profite de l'argent public gaspillé à Port Daniel? Les familles Beaudoin-Bombardier avec leur compagnie Ciment McInnis voyons! Ces profiteurs occupent le même rôle que les marchands que Smith dénoncait en son temps. Pourquoi ne laisserions-nous pas le marché décider quelle cimenterie sera la meilleure, plutôt que de mettre des deniers publics dans la balance?

Militer pour un libre marché, c'est être à droite, cher ami!

Dany Bergeron dit :
17 mars 2014 à 9 h 05 min

S' ouvrir au changement, c'est se permettre de progresser!

Pour avancer, il faut avoir le courage d'être patient et la patience d'être courageux!

Arsene66 dit :
17 mars 2014 à 15 h 41 min

@ Olivier

Vous dites, «ce texte fait l’éloge du libre marché et dénonce le pouvoir gouvernemental sur l’économie et s’applique encore en 2014.»

Oui, A. Smith était pour le libre-marché (pour favoriser la concurrence avantageuse pour les travailleurs, les consommateurs et qui abat les grosses corporations moins efficaces ou moins compétentes («si encombrantes qu'elles avaient besoin des faveurs du gouvernement rien que pour survivre»), mais il était également conscient des limites du marché et ne dénonçait pas le pouvoir l'État. Au contraire, il en a même définit les fonctions (dans le livre V de La richesse des Nations) .

« A. Smith n'a jamais été dogmatique; il savait que les marchés n'étaient pas parfaits. Les marchés ne renforçaient pas la loi, ne protégeaient pas les frontières et ne fournissaient pas de BIENS PUBLICS.

[...] Ainsi, A. Smith ne pensait pas exactement que le gouvernement était dangereux pour le libre marché. Il pensait que le danger venait des gros capitalistes (les corporations) qui DUPAIENT le gouvernement pour que celui-ci leur accorde des faveurs.

D'ailleurs, Smith pensait que le gouvernement devait favoriser les industries liées à la guerre, qu'il devait protéger les salariés (parce que ceux-ci avaient moins de pouvoir de négociation que les employeurs), veiller à la probité des banques, délivrer les brevets, protéger les nouvelles industries jusqu'à ce qu'elles soient suffisamment solides, plafonner le taux d'intérêt (ainsi, Smith s'attendait à ce que les gens prennent des risques raisonnables et évitent les paris délirants), lutter contre la maladie, établir des normes d'éducation, et même fournir des distractions publiques.» Economix, p.26, 28

Arsene66 dit :
17 mars 2014 à 15 h 41 min

@ Olivier

Si Adam Smith était parmi nous, j'ai l'impression qu'il s'arracherait les cheveux de voir à quel point les grosses corporations influencent (ou contrôlent) plus que jamais les gouvernements...et il se ferait traiter de gauchistes par les Joanne Marcotte de ce monde.

Eric dit :
17 mars 2014 à 19 h 55 min

À chaque fois que je lis Bock-Côté, je sens que toute son analyse est influencée en premier lieu par son côté souverainiste : c'est un filtre, qui transforme tout ce qui touche au fédéralisme, de près ou de loin, en un monstre à abattre, même si ça a du bons sens. En fait, M. Bock-Côté a une intelligence indiscutable, qui fait qu'on se demande pourquoi la lecture de Bastiat ou d'Elgrably ne le convainc pas des bienfaits du capitalisme et de l'économie de marché. Mais quand on sait qu'il veut un pays, et que ceux qui oeuvrent en ce sens sont de gauche, il se doit donc de défendre la ligne de parti: s'il défendait la droite, il nuirait au beau projet de pays. On peut donc déduire, ou à tout le moins, poser l'hypothèse que c'est sa conviction en son "pays" qui l'aveugle. Tout comme les convictions religieuses réussissent à empêcher des créationnistes intelligents, érudits et même des scientifiques, de reconnaître l'existence des dinosaures et la réalité de l'évolution des espèces. Ce qui vient parfaitement appuyer ces paroles de Nietzsche: "Les convictions sont des ennemis de la vérité plus dangereux que les mensonges."

Olivier dit :
17 mars 2014 à 22 h 51 min

Cher Arsène

Merci pour ces lectures. Je vais me le retaper après avoir fini les 3-4 livres qui me restent encore sur la pile.

Ce que vous dénoncez, c'est le "crony capitalism" que tout le monde déteste à gauche comme à droite.

Et oui, les libéraux classiques de la trempe de Smith ne sont pas des anarchistes. Ils veulent un État limité à ses fonctions fondamentales. Adrien Pouliot aussi milite pour un petit État, pas pour son abolition. Les véritables extrémistes sont plutôt rares en fait.

Je lis parfois des trucs anarcho-libertariens et je ne peux pas dire que c'est complètement cinglé, mais dans notre monde actuel, leurs propositions comme un système de justice privé me semblent plutôt condamnés à demeurer académiques.

Mais bon, pour conclure, je voulais juste illustrer que les politiques de droite prônées par Adrien Pouliot s'appuient sur des textes sérieux et que M Bock-Côté avait tort de les caricaturer comme étant des disciples de Ayn Rand.

Pierre dit :
18 mars 2014 à 4 h 36 min

On peut-tu lâcher un peu la politique,il faut que je me vide le coeur,18 mars 2014 à 4 h 30 min

Dans le journal de Montréal,on disait que des résidents de l’Abitibi était au prise avec des chiens errants,il y a combien de chiens??????????8 chiens,8 balles de fusil,c’est pas compliqué quand t’es dans une province normale.Mais le Québec est une province de stupides,sommes-nous tous stupides????????En Ontario,à Timmins,des lynx menaçaient la sécurité publique,l’Ontario n’est pas une province stupide,la police a tué un ou des lynx,j’ai pas tout lu l’article sur la page de MSN.Je suis tanné des imbéciles qui mettent plein de lois stupides,les québécois sont des stupides d’accepter ces lois.Sti........ réveillez-vous,allumez,Êtes vous completement stupides??????????????

Quelle sorte de province d'imbécile,on est????????????

dminuscule dit :
20 mars 2014 à 14 h 54 min

Monsieur Olivier, Ça me fait toujours rigoler un peu d'entendre des tenants de la droite et du libre marché, de toute évidence universitaires de formation, parler d'économistes à la manière d'un prof des HEC.

Parler d'Adam Smith, de la Richesse des Nations, sans remettre sur la table le fait qu'à cette époque, l'économie spéculative était marginale (voire n'existait pas), que 90% de l'économie était réelle, que la monnaie était collée à l'étalon or, c'est, à tout le moins, un oubli remarquable.

Ne pas rappeler ceci, c'est oublier Bretton Woods. C'est oublier l'inaptitude des acteurs du marché d'en respecter les termes sans toujours chercher à en tourner les règles en leur faveur. C'est oublier les dérapages du système bancaire. C'est oublier que le libre marché présuppose des acteurs de force égale, ce qui aujourd'hui, n'est évidemment pas le cas (multinationales versus travailleurs). C'est oublier que le concept d'endettement (et Dieu qu'on en parle de la dette!) perd son sens dans un système spéculatif où 95% de l'argent en circulation provient de la création de dettes.

Ne pas tenir compte de l'histoire, quand on parle d'économie, c'est oublier que nous, universitaires québécois, serions, selon toute probabilité, des travailleurs illettrés dans des filatures de coton, si ce n'était de notre État social-démocrate. Un peu comme l'étaient nos ancêtres.

Vous parler des fonctions minimales de l'État, mais quelles sont ces fonctions ? L'éducation nationale en est-elle une? L'éducation supérieure? Les soins de santé? La défense nationale? Répondre à ces questions, c'est aussi déterminer le sort d'environ 80%, sinon plus, du budget national de presque tous les pays développés. Couper dans tout le reste est tellement marginal, du point de vue de la réduction du fardeau fiscal, que s'en est drôle. Surtout quand certains réclament ces coupures à grands cris au nom d'une droite qui, effectivement, n'a pas à être complexée...

Pierre dit :
23 mars 2014 à 14 h 03 min

Combien de temps,il reste au Québec à ne pas être un pays pauvre?La Californie a fait faillite,le 8ème état le plus riche de la planète dans le temps de Silicone Valley.

Nous avons tout pour être riche.Ils nous manque des polititiens forts,pas vendus au pouvoir banquaire et pétrolier.

Nous n'aurons jamais ces polititiens solides parce que les riches financent les pantins qu'ils mettent au pouvoir.Les riches anglais qui financent les partis en Ontario sont-ils moins avares,en demandent-ils moins en retour?

Parce que quand je serai là-bas,je n'aurai pas choisit plus qu'ici mes polititiens,j'aurai choisit ceux qui paient les campagnes de là-bas au lieu de ceux qui paient les campagne d'ici.

La famille Desmarais a mit au pouvoir Sarkozi en France,la petite fille de Desmarais a marié un prince de Belgique.Quand vous pensez changer quelque chose en politique,dites-vous que vous ne changerez rien,ils sont tous choisis par l'Esthablishement.

Pourquoi ils sont plus chiens ici,ils visent à nous appauvrir pour avoir Hydro et le pétrole d'Anticosti.

loulou dit :
28 mars 2014 à 13 h 05 min

Oui, oui. Il ne faut pas apprendre d'autres langues. Ce n’est pas bon pour vous et pour la nation d'après Monsieur Bock-cote. Tous les pays y compris la France, Chine, Russie font tout pour apprendre l'Anglais et d'autres langues tel que le Mandarin. C’est bon pour l'économie, les affaires, les voyages et même le cerveau. Apprendre et parler d’autres langues ne doit pas être réservé que pour l’élite et leurs enfants. Les travailleurs manufacturiers, s'ils le veulent, doivent avoir l'opportunité d'apprendre et de parler l'Anglais.

Pierre dit :
28 mars 2014 à 13 h 20 min

Harper coupe,baisse les impôts,mais qu'on fait les libéraux de Jean Charogne Charest,le lendemain,ils ont montés les taxes et impôts québécois pour ne pas ce qu'avait fait Harper paraisse,pour ne pas que l'économie reparte.