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Élections 2014

Un site web qui fait campagne contre le chef du PLQ Philippe Couillard a été mis en demeure par le Directeur général des élections du Québec

Site web anti Couillard
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Un site web qui fait campagne contre le chef du PLQ Philippe Couillard a été mis en demeure par le Directeur général des élections du Québec après que des pancartes à son effigie se soient retrouvées dans la région de Québec. Les auteurs du site crient à l’intimidation.

« Nous sommes des citoyens ordinaires qui veulent participer à la campagne électorale et on veut nous faire taire. C’est injuste. Pourquoi serions-nous responsables du comportement des gens qui lisent notre site web?», rage un des auteurs du site DossierCouillard.com.

Ce dernier, qui désire conserver son anonymat pour assurer la «survie» de son site, a reçu une mise en demeure du Directeur général des élections le l5 mars dernier, enjoignant le site à cesser d’inviter les internautes à diffuser son message, puisque celui incite à la commission d’infractions de la Loi électorale.

En effet, des pancartes à l’effigie du site ont fait leur apparition au cours des derniers jours dans la circonscription de Roberval, où Philippe Couillard tente de se faire élire. Le PLQ a confirmé avoir porté plainte contre le site web.

Or, les pancartes sont considérées comme une dépense électorale qui ne peut être faite que par les agents officiels des partis.

«On est intimidés»

Bref, même si les auteurs du site DossierCouillard.com n’ont pas posés eux-mêmes ces pancartes, ils en sont ultimement responsables, selon la Loi électorale.

«On nous demande d’arrêter de diffuser notre message. En fait, c’est carrément une pression pour qu’on ferme notre site. Nous n’encouragerons pas les gens à commettre des infractions. On est intimidés», dénonce le créateur du site qui entend pousuivre ses activités et ne pas ôter la mention qui invite les internautes à diffuser son contenu.

Consulté par le site DossierCouillard.com,  le juriste Pierre Cloutier estime que la loi électorale est «en retard sur le développement des technologies de l'information.

«Rien dans la Loi n’encadre les médias sociaux. L’espace qu’on y réserve pour la participation citoyenne est aussi très mince. Selon la Loi, les auteurs du site seraient coupables d’une infraction commise par un citoyen qui a lu leur blogue et qui a décidé d’aller poser de son propre chef une pancarte à l’autre bout du Québec. C’est abusif et pas mal tiré par les cheveux», a-t-il confié au Journal.

Le casse-tête des médias sociaux

Du côté du Directeur général des élections, le porte-parole Denis Dion admet que le fait que la Loi électorale n’ait pas été mise à jour depuis l’apparition du web entraîne son lot de complications.

«Internet n’existait pas lorsque la Loi a été adoptée. Lorsqu’on prend des décisions, on doit faire des analogies. Par exemple, nous avons dû trancher récemment dans le cas du documentaire La Première, qui porte sur Pauline Marois et qui est présenté gratuitement depuis six mois sur la chaîne Illico. On l’a traité comme le cas d’un livre qui aurait été publié avant la campagne électorale.»

«Il faut faire des comparaisons et s’adapter. La réalité change. Comparativement à l’élection de 2007, par exemple, on ne se penche presque plus sur des plaintes concernant des journaux. Mais on voit beaucoup, beaucoup de cas qui touchent le web».

Pour demeurer dans le cadre de la Loi, le site d’un citoyen qui porte sur une élection doit respecter trois critères, explique M. Dion.

«Est-ce que ça coûte quelque chose? Si oui, est-ce que ça été fait uniquement pour la période électorale ou est-ce partisan? Si c’est le cas, c’est une dépense électorale.»

Le site DossierCouillard.com, qui a été visité plus de 50 000 fois jusqu’à maintenant, attaque le chef du PLQ sur les décisions qu’il a prises lorsqu’il était au ministre de la Santé. Il questionne aussi les liens de ce dernier avec Arthur Porter, l’ancien directeur du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) qui a été accusé de corruption dans le dossier de la construction de l’hôpital.

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