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Élections | Étudiants ontariens

Des étudiants ontariens tentent de voter contre Marois

Hannah Conway
photo caroline pailliez Hannah Conway, 19 ans, souhaite s’inscrire sur les listes électorales. L’étudiante de l’Université McGill est originaire de London, en Ontario.

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Des étudiants ontariens essaient de voter en masse pour les prochaines élections générales au Québec afin d’éviter un référendum sur la souveraineté.

Des centaines d’étudiants ontariens se sont présentés dans plusieurs circonscriptions pour s’enregistrer sur les listes électorales, ont indiqué deux directeurs de scrutin. La plupart sont de McGill et de Concordia.

Le Journal de Montréal a parlé avec des étudiants de l’université McGill hier qui disaient se passer le mot pour s’encourager à aller voter.

«Nous allons rester ici au moins pendant quatre ans, et après l’école, nous allons sûrement chercher du travail à Montréal. Les lois qui vont être votées vont nous affecter directement, indique Dora Cseriy, une étudiante de première année en administration à McGill. Nous allons peut-être payer des taxes ici. C’est donc tout à fait normal qu’on puisse voter.»

Référendum

La jeune étudiante de 19 ans avoue que c’est en partie en raison de la question du référendum qu’elle souhaite pouvoir voter. Elle n’est pas encore allée s’inscrire sur les listes électorales, mais prépare déjà les papiers nécessaires. En plus des pièces d’identité nécessaires, elle entend apporter une preuve d’inscription de son université.

La loi en ce qui concerne les étudiants originaires des autres provinces n’est pas très claire à ce sujet.

Un citoyen a le droit de voter tant qu’il démontre qu’il a plus de 18 ans, qu’il réside au Québec depuis au moins six mois et qu’il a l’intention de rester à long terme dans la province. Mais ce n’est pas toujours facile pour le personnel électoral de savoir si cette intention est bien réelle ou non.

«C’est la notion de domicile qui est difficile à établir, explique Ian Parenteau, le directeur du scrutin de la circonscription Sainte-Marie–Saint-Jaques. Cela laisse place à beaucoup d’interprétation.»

Mal à l’aise avec le processus de décision qu’il jugeait trop laxiste, son collègue, Mathieu Vandal, a démissionné vendredi. Il était responsable de la commission de révision, l’instance chargée de déterminer si l’électeur a bien l’intention de s’établir au Québec. La commission peut à ce titre demander des preuves supplémentaires comme la copie d’un relevé d’un compte bancaire au Québec, ou un permis de conduire de la province.

Ian Parenteau a assuré hier qu’il n’y avait eu aucune fraude dans sa circonscription, et que toutes les personnes qui avaient été acceptées sur les listes étaient bien autorisées à y figurer. Il ajoute cependant que les réviseurs sont «mal outillés pour analyser les documents».

Le directeur du scrutin de la circonscription Westmount–Saint-Louis, Christian Gohel, indique observer lui aussi un afflux d’étudiants d’autres provinces.

Beaucoup d’Ontariens n’ont d’ailleurs pas réussi à convaincre les réviseurs.

Découragement

C’est le cas d’Éric, qui s’est présenté hier matin devant la commission de révision de Sainte-Marie–Saint-Jacques pour s’enregistrer.

«Je suis un peu découragé, indique l’étudiant en droit de McGill en rangeant ses documents dans son sac. Je comprends qu’il y ait cette réglementation. Mais je veux participer à la vie démocratique de mon quartier.»

Eric, qui n’a pas voulu dévoiler son nom complet, vit depuis cinq ans à Montréal. «C’est chez moi ici», ajoute-t-il.

Il est venu avec son bail en guise de preuve de résidence. Mais ce n’était pas suffisant pour la commission. Il devra revenir avec des copies de factures sur lesquelles il y a son adresse et son nom.

À la suite de la controverse, le Directeur général des élections a tenu à réexpliquer aux commissions de révision les critères qui permettent à quelqu’un de figurer sur la liste électorale. Il a également précisé qu’une personne qui s’inscrit sur les listes alors qu’elle sait qu’elle n’en a pas le droit est passible d’une amende de 5000 $ à 20 000 $.

 

Des étudiants qui veulent se faire entendre
«
Les élections semblent plus importantes cette année, en partie en raison de la question du référendum. Je réside à Montréal depuis cinq ans, c’est chez moi ici. »
– Eric, 22 ans, étudiant en droit de l’Université McGill qui n’avait pas réussi à s’inscrire sur les listes électorales.
«
Tout le monde parle d’une possible sépa­ration du Québec. J’ai­merais voter pour avoir un impact et que ma voix soit entendue. »
– Hannah Conway, étudiante à McGill en histoire de l’art, 19 ans, London en Ontario. Elle n’a pas encore essayé de s’inscrire sur les listes électorales.
«
Ma mère vient de Montréal, donc c’est comme ma deuxième ville. J’aimerais voter mais je ne voudrais pas empêcher les Québécois d’avoir leur référendum s’ils le souhaitent. »
– Henri Rabalais, étudiant en sciences, 19 ans, Ontario.
«
Ce n’est pas normal qu’on n’ait pas le droit de voter. Nous allons rester ici au moins quatre ans, voir plus si on travaille à Montréal. Les lois qui seront votées nous affecteront également nous aussi. »
– Andrew Tran, étudiant en génie de 19 ans.
«
Beaucoup d’asso­ciations d’étudiants nous encouragent à aller voter. Pas seule­ment en raison du référendum, mais surtout pour que nous fassions notre devoir de citoyen. Certains de mes amis n’ont pas pu s’inscrire sur les listes électorales, et c’est injuste. »
– Dora Cseriy, étudiante en administration, 19 ans, Toronto.
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