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Note «D» (médiocre) à la Coalition Avenir Québec

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La Coalition Avenir Québec est certainement le plus rigoureux des quatre principaux partis politiques québécois. Ses priorités sont aussi les mieux délimitées. Or une stratégie numérique ne fait pas partie de ces priorités. Note d’étape : « D » pour médiocre. Commentaire : l’Avenir Québec ne semble pas numérique, pas ne manière prioritaire du moins.

Source : Coalition Avenir Québec

Il reste moins de deux semaines à la campagne électorale. Évaluons les propositions et engagements des principaux partis du point de vue des questions liées à la révolution numérique. Lundi, c’était le Parti québécois. Hier, c’était le Parti libéral du Québec. Aujourd’hui, c’est la Coalition Avenir Québec.

DÉMARCHE RIGOUREUSE

La Coalition Avenir Québec a le mérite d’avoir un programme électoral clair et rigoureux. Des quatre principaux partis politiques québécois, c’est celui dont les engagements sont les plus argumentés, détaillés, chiffrés, datés.

Ses priorités sont aussi... des priorités. Peu nombreuses. Délimitées.

Or, le développement d’une stratégie numérique ne fait pas partie de ses priorités. Cependant, il faut noter que quelques-uns de ses engagements abordent certaines questions clés.

CHANTIERS DE BASE

« La Coalition Avenir Québec a fait de la lutte au décrochage scolaire, un fléau au Québec, sa priorité. Deux actions seront privilégiées, soit le dépistage précoce des enfants de 3, 4 et 5 ans présentant des difficultés d’apprentissage, ainsi qu’un meilleur encadrement des élèves au secondaire. (...) Dans les deux cas, nous pouvons et nous devons faire mieux si nous voulons augmenter de manière significative la persévérance scolaire, particulièrement chez les garçons. »

Le long diagnostic que la CAQ fait dans sa plateforme électorale est éloquent. Et l’objectif que le parti vise est clair et précis : «  augmenter de 6 points de pourcentage d’ici 2020 le taux de diplomation chez les jeunes de 20 ans, ce qui le fera passer de 74 % à 80 %. » La liste de moyens aussi, notamment un «  programme de dépistage des enfants en bas âge présentant des difficultés d’apprentissage », la mise en place d’un programme de tutorat des élèves du secondaire et l’«  ajout de conseillers en orientation pour aider les élèves du secondaire à faire leur choix de carrière ».

La CAQ se donne aussi comme objectif d’« augmenter le nombre de diplomés universitaires afin de rattraper d’ici 10 ans les provinces canadiennes les plus performantes ».

Fait notable, le parti propose aussi d’« améliorer la formation scientifique des jeunes Québécois en mettant sur pied un programme semblable au programme science, technology, engineering, and mathematics (STEM) aux États-Unis. »

Du côté industriel et commercial, la CAQ s’engage à « revoir et modifier la politique de soutien aux entreprises au Québec afin de stimuler l’investissement et l’innovation ».

USAGES NUMÉRIQUES

Dans tous ses documents électoraux, la question numérique qui fait carrément réagir la CAQ est le gaspillage de l’informatique au gouvernement. Le parti note que le « gouvernement consacre annuellement 3 milliards de dollars en dépenses informatiques et plus de 500 projets sont en cours. Des économies considérables pourraient être dégagées par une gestion plus rigoureuse de ces contrats. » La CAQ consacre d'ailleurs tout un communiqué électoral à dénoncer une situation que plusieurs, dont moi-même, jugent inacceptable :

« L’actualité gouvernementale fait état très régulièrement de dérives budgétaires qui coûtent des fortunes aux contribuables, dans la gestion des contrats informatiques. La gestion des projets en technologie de l’information (TI) par l’État québécois est une source intarissable d’histoires d’horreur et de gaspillage. Jusqu’à ce que nous nous soyons dotés d’un plan détaillé global pour en assurer un contrôle plus rigoureux, il est urgent de mettre fin aux dérapages financiers sur ces projets ».

Le cadre financier avance donc qu’un gouvernement caquiste économiserait pas moins de 300 millions de dollars en 2014-2015 et 250 millions en 2015-2016 par un meilleur contrôle des dépenses informatiques.

SILENCES NOTABLES

Rien sur l’accessibilité universelle à internet et au réseau cellulaire à hautes vitesses à travers toutes les régions, ce que la Féderation québécoise des municipalités dénonce comme une « catastrophe numérique ».

Rien sur l’alphabétisation des adultes. Pas de mention de l’adaptation des services publics et privés et lieux de travail informatisés aux différentes populations ayant plus ou moins de difficultés à lire et écrire ou à employer des outils numériques.

Rien sur le logiciel libre et l’indépendance technologique.

Rien sur le gouvernement ouvert, les données ouvertes, la transparence et l’imputabilité.

Rien sur la protection les libertés et droits fondamentaux, notamment contre la surveillance étatique et commerciale et pour une mise à jour des lois de protection des renseignements personnels.

Rien sur la maitrise démocratique de comment les outils numériques organisent et régissent les rapports entre l’État, les organisations et les citoyens.

NOTE D’ÉTAPE

C'est la solidité de ses engagements détaillés en matière d’éducation et de bonne gestion des milliards investis chaque année dans l’informatique gouvernementale qui évite un « E » (pour échec) à la CAQ. Cependant, quelques questions liées au numérique abordées par le parti sont traitées de manière exemplaire. Mais ils ne forment pas une stratégie numérique pour autant.

Note d’étape au 22 mars* sur les questions numériques : D (médiocre). Manifestement, l’Avenir Québec n’est pas numérique, du moins pas de manière prioritaire pour l’instant.

L’ Union des consommateurs anime un débat électoral sur les questions liées aux technologies numériques ce vendredi 28 mars 2014, de 12 h à 14 h, sur Twitter. Le mot-clic pour suivre et participer au débat est #TechnoQc2014.

  • * Afin d’être équitable, toutes les observations et les notes d’étapes que j’ai attribuées aux partis politiques sont fonction des déclarations publiques qui étaient disponibles sur leurs sites web respectifs au 22 mars 2014. Cela même si les bulletins sont publiés sur plusieurs jours.

7 commentaire(s)

Luc Papineau dit :
26 mars 2014 à 11 h 51 min

Le dépistage précoce des enfants de 3, 4 et 5 ans présentant des difficultés d’apprentissage n,est pas une science très précise, pour avoir discuter avec des profs du primaire et des spécialistes. On hésitera à poser un diagnostic précis. Il vaut mieux attendre à la troisième année du primaire avant de poser un tel jugement. par ailleurs, où trouvera-t-on les spécialistes reliés à cette mesure quand il en manque déjà dans le réseau scolaire?

Par ailleurs, au secondaire, de nombreuses écoles offrent déjà un système de tuteur au premier cycle du secondaire et un encadrement particulier avec des enseignants-ressources..

Bergeron M dit :
26 mars 2014 à 16 h 24 min

Dans ma circonscription Lanaudière le PQ promet des milliers de $ pour de la verdure dans les cours d'école qui sont infester de moisissure? La vertu verte pour nous taxer en masse. peut-être colmater au gazon les ponts?

L.St-Laurent dit :
26 mars 2014 à 17 h 58 min

Je trouve dommage cette tournure et je ne comprends toujours pas que F.L. s'agite ainsi et a des propos inélégants. Moi qui lui suggérait de s'allier avec le PLQ parce que ce n'est pas un parti innocent et dénué d'intelligence, ils ont de bonnes idées et ont d'excellents candidats, pas tous mais une bonne partie pourrait jouer un rôle au sein d'une formation politique. Pourquoi ne pas s'unir maintenant, ce serait bénéfique pour le Québec au lieu de s'obstiner à continuer de faire cavalier seul. Nous la population y gagnerait automatiquement. Moins de PQ qui n'osera jamais aller de l'avant avec son projet et continuer de se draper dans l'atteinte des conditions gagnantes, la cassette est usée et une bonne partie de la population se dit que ça n'arrivera jamais.

paul huckle dit :
26 mars 2014 à 19 h 55 min

http://ici.radio-canada.ca/sujet/elections-quebec-2014/2014/03/26/018-philippe-couillard-paradis-fiscal.shtml?isAutoPlay=1

4 ans liberal incroyable

Deric Caron dit :
26 mars 2014 à 20 h 25 min

La droite économique n'a aucune chance dans une province où la majorité ne paient aucun impôt et vie de l'endettement de l'état. Aucune.

Steve Harvey-Fortin dit :
26 mars 2014 à 21 h 26 min

À ce rythme-là si ça continu, le Québec ne deviendra pas souverain avant qu'un nouveau conflit mondial se pointe dans les 40 prochaines années à tout casser. Poutine ne fait que déplacer ses ballerines en Crimée et l'économie tremble dans toute la terre. Ici, nous on ne fait que parler de programmes, de baisse d'impôt et de déficit zéro. Laissez-moi rire, à cet allure-là on sera envahi par d'autres nations économique qui viendront nous imposer leur véto. La CAQ n'est pas un parti politique mais plutôt une PME qui veut faire avancer le Québec seulement par l'économie. Ce qui n'est pas très réaliste avec la CAQ c'est qu'ils ignore la question nationale qui est la clef de voute de l'économie québécoise. Sans autonomie, vous êtes limité.

Mark Milo dit :
26 mars 2014 à 22 h 02 min

Il semble que la CAQ en est à ses derniers remparts et c'est malheureux car ce genre de parti tout comme Québec solidaire sont essentiels.