/misc
Navigation

Note « C+ » (passable plus) à Québec Solidaire

Coup d'oeil sur cet article

Québec Solidaire est celui des quatre principaux partis qui identifie et élabore le mieux certaines questions numériques clés pour l’avenir du Québec. Cependant, ses engagements demeurent souvent formulés en termes généraux. Mais surtout : rien sur l'accès aux réseaux haute-vitesse. Note d’étape : « C+ » pour passable plus. Commentaire : bel effort, mais doit faire mieux.

Source : Québec solidaire

Il reste moins de deux semaines à la campagne électorale. Évaluons les propositions et engagements des principaux partis du point de vue des questions liées à la révolution numérique. Lundi, c’était le Parti québécois. Mardi, c’était le Parti libéral du Québec. Hier, c’était la Coalition Avenir Québec. Aujourd’hui, le quatrième des principaux partis : Québec solidaire.

DES CHANTIERS DE BASE

Un objectif important de la plateforme électorale de Québec Solidaire est la « réussite éducative » « pour lutter contre les inégalités et le décrochage et pour rendre l’école publique attrayante pour tous et toutes ».

Parmi la liste des moyens proposés pour atteindre cet objectif, on note tout particulièrement l’organisation et le financement d’un « plan national d’alphabétisation avec les écoles et le milieu communautaire ». Rappelons que la moitié des adultes québécois ont des difficultés de lecture ou sont carrément analphabètes.

Québec Solidaire est le seul des quatre principaux partis à proposer comme objectif de « favoriser la culture numérique ». Pour l’atteindre Québec solidaire :

« a. soutiendra la recherche et l’expérimentation sur Internet de modèles basés sur le partage et la création collective, en particulier là où des licences libres seront utilisées ;

b. adaptera les programmes actuels de financement de la culture pour qu’ils s’appliquent aux projets numériques;

c. diversifiera les logiciels utilisés dans l’enseignement, en donnant la plus grande place au logiciel libre. »

Québec est aussi le seul à parler clairement d’«  information ouverte et accessible » :

« Pour favoriser la démocratie par une information ouverte et accessible, Québec solidaire :

a. créera un comité interministériel du numérique pour l’information ouverte;

b. élaborera un plan stratégique global sur les divers aspects de l’information ouverte et du numérique. »

USAGES NUMÉRIQUES

La plateforme électorale comprend aussi une position générale sur les contrats publics donnés par le gouvernement qui peut s’appliquer aux contrats informatiques : « Québec solidaire redonnera aux ministères le personnel et le savoir-faire suffisants pour mieux lutter contre la corruption, la surfacturation et la collusion dans les contrats publics. »

Dans le document intitulé Pour l’amour de nos services publics, mettons fin aux gaspillages, Québec Solidaire aborde le potentiel de réduction de couts de l’adoption de logiciels libres plutôt que de logiciels propriétaires comme ceux de Microsoft. « Des économies annuelles entre 26 et 52 millions de dollars. » Prudent, le cadre financier de QS inscrit donc un « revenu » de 25 millions de dollars par année par l’implantation de logiciels libres. Un montant appréciable, mais qui représente très peu par rapport aux quelque trois-milliards de dépenses annuelles en informatique plutôt mal gérées par le gouvernement québécois.

SILENCES NOTABLES

Rien sur l’accessibilité universelle à internet et au réseau cellulaire à hautes vitesses à travers toutes les régions, ce que la Féderation québécoise des municipalités dénonce comme une « catastrophe numérique ».

Pas de mention de l’adaptation des services publics et privés et lieux de travail informatisés aux différentes populations ayant plus ou moins de difficultés à lire et écrire ou à employer des outils numériques.

Rien sur la protection les libertés et droits fondamentaux, notamment contre la surveillance étatique et commerciale et pour une mise à jour des lois de protection des renseignements personnels.

Rien sur la maitrise démocratique de comment les outils numériques organisent et régissent les rapports entre l’État, les organisations et les citoyens.

NOTE D’ÉTAPE

Québec Solidaire identifie correctement plusieurs défis posés par la révolution numérique. Cependant, on est loin d'une stratégie globale. Et l’absence de toute référence sur l’accès universel et abordable à internet et au réseau cellulaire à hauts débits à travers tout le territoire québécois demeure une omission majeure. Enfin, le manque de précisions vérifiables sur les objectifs et les échéanciers affaiblit ses propositions.

Note d’étape au 22 mars* sur les questions numériques : C+ (passable plus ou presque bien). Bel effort, mais doit faire mieux.

L’ Union des consommateurs anime un débat électoral sur les questions liées aux technologies numériques ce vendredi 28 mars 2014, de 12 h à 14 h, sur Twitter. Le mot-clic pour suivre et participer au débat est #TechnoQc2014.

  • * Afin d’être équitable, toutes les observations et les notes d’étapes que j’ai attribuées aux partis politiques sont fonction des déclarations publiques qui étaient disponibles sur leurs sites web respectifs au 22 mars 2014. Cela même si les bulletins sont publiés sur plusieurs jours.

1 commentaire(s)

Marc Collin dit :
27 mars 2014 à 11 h 15 min

La France et d'autre pays de l'union européenne a déjà opté pour les logiciels libres dans certain domaine et les économies sont là.

Le problème est le lobby informatique très fort au Québec