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Les autochtones veulent leur casino au Québec

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WENDAKE – L’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL) veut se doter d'un casino en sol québécois et renvoyer les profits à sa communauté.
 
L'annonce a été faite jeudi par Ghislain Picard, chef de l'APNQL. Il aimerait bien en discuter lors d'une rencontre au début de l'été.
 
Ghislain Picard, chef de l'Assemblée des Premières Nations, cherche à rallier tout le monde. Il veut enrichir les autochtones, qui n'obtiendraient pas leur juste part de l'exploitation des ressources naturelles sur leur territoire.
 
M. Picard reconnaît que le projet «devra être discuté avec les chefs que je représente. Il pourrait être similaire à ce qui existe dans les autres provinces canadiennes et du côté américain».
 
Aux États-Unis, les groupes autochtones sont propriétaires de quelque 400 casinos. On en compte près d'une vingtaine au Canada.
 
Un projet de casino s'est toutefois effondré à Kahnawake, il y a deux ans, en divisant les gens.
 
«Ce que j'avance, dit-il, est l'idée d'élaborer un projet collectif qui relèverait les perspectives d'avenir. Il faut arrêter de s'éterniser dans un processus qui n'apporte pas ce que les communautés attendent sur le plan des revendications et négociations. Nous faisons souvent face à un mur. Tout ce que nous avons, ce sont des dettes accumulées dans un processus politique.»
 
Contre la loi
 
Loto-Québec estime par contre qu'établir un casino sans son feu vert est illégal. Elle détient le monopole.
 
«En vertu du Code criminel canadien, seuls les gouvernements provinciaux sont autorisés à exploiter et gérer des jeux de hasard et d'argent, explique la porte-parole Marie-Claude Rivet. Le gouvernement du Québec a décidé, en 1969, de créer une société d'État pour le faire. Nous sommes les seuls autorisés.»
 
Ghislain Picard ne tient pas le même discours. «Nous jugeons que nous avons l'autorité de prendre une telle décision. Il faudra voir si c'est une compréhension commune pour l'ensemble des chefs.»
 
Attirants, les casinos hors circuit?
 
Les salons de jeu et casinos hors du circuit de Loto-Québec attirent-ils les Québécois? Oui, mais les chiffres sont difficiles à trouver.
 
Il existe quatre salons de poker reconnus par la Kahnawake Gaming Commission. Une vingtaine de casinos autochtones existent au Canada, affirme l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL). L'un d'entre eux se trouve à Gananoque, près de Kingston, soit à moins de trois heures de route de Montréal.
 
Le problème est de savoir combien de Québécois les fréquentent.
 
«Ces gens-là ne font pas de rapport annuel pour dire ce qu'ils font, ironise Marie-Claude Rivet, porte-parole de Loto-Québec. Ils ne nous envoient pas leurs chiffres.»
 
«Nous n'avons pas de chiffres qui sont générés à Kahnawake, indique Ghislain Picard, chef de l'APNQL. Nous voyons seulement qu'il y a un fort achalandage.»
 
Chose certaine, Loto-Québec est aux prises avec un recul de la clientèle à Montréal, Gatineau, Charlevoix et Mont-Tremblant.
 
En 2013, le taux de fréquentation des citoyens locaux s'élevait à 17 %. Un recul de quatre points en quelques années. Chaque point représenterait un peu plus de 20 millions $ de revenus. À chaque jour, plus de 25 000 personnes fréquentent les casinos du Québec, dont 15 000 à Montréal seulement.
 
La Société des casinos du Québec a engrangé 848 millions $ de revenus, soit un recul de 2,9 % sur un an.
 
Est-ce dû aux casinos illégaux ?
 
Pas si vite, répond Marie-Claude Rivet. «La concurrence nord-américaine a beaucoup augmenté. Quand le Casino de Montréal a ouvert ses portes il y a une vingtaine d'années, il y avait 14 casinos autour. Aujourd'hui, il y en a 80, de l'État de New York à la Pennsylvanie. Ils sont joignables en quelques heures de voiture.»
 
Les travaux du Casino de Montréal et l'économie contribueraient aussi au problème.
 
«Les gens qui réduisent les dépenses d'immobilier, de vêtements et d'épicerie réduisent aussi le divertissement, dit Mme Rivet. À l'échelle canadienne, la diminution dépassait 3 % dans les neuf premiers mois de 2013. C'est certain qu'il y a un impact au Québec.»
 
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