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Élisabeth Carrier publie «En mission, une vie au sein de la Croix-Rouge»

Élisabeth Carrier raconte sa vie au sein de la Croix-Rouge

ANNIE T ROUSSEL/ JOURNAL DE QUEB
photo AGENCE QMI, ANNIE T ROUSSEL

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Élisabeth Carrier a visité des prisons au Rwanda et au Tchad, a travaillé à la diffusion du droit international humanitaire en Croatie, a aidé à installer des hôpitaux de campagne au Pakistan et a porté assistance aux blessés de guerre un peu partout dans les régions chaudes du globe.

Élisabeth Carrier a visité des prisons au Rwanda et au Tchad, a travaillé à la diffusion du droit international humanitaire en Croatie, a aidé à installer des hôpitaux de campagne au Pakistan et a porté assistance aux blessés de guerre un peu partout dans les régions chaudes du globe.

Maintenant à la retraite, la Québécoise a décidé de raconter sa vie au sein de la Croix-Rouge, de 1990 à 2010, dans son deuxième livre, intitulé En mission, paru il y a quelques jours.

L’écriture lui a en quelque sorte permis de boucler la boucle sur cette passionnante carrière.

«Ça m’a surtout aidée à rester ici et à ne pas repartir, parce que j’ai pris ma retraite au moment du printemps arabe, alors j’étais très tentée de repartir là-bas. J’ai aussi voulu écrire un deuxième livre dans l’espoir d’inspirer la relève», a-t-elle dit.

Bien sûr, il y a des moments tristes dans son récit. Elle a frôlé la mort quelques fois et a perdu beaucoup d’amis et de collègues au fil des conflits.

Certaines histoires ont également été plus difficiles à écrire que d’autres, comme celle d’un employé afghan.

«Je suis allée en Afghanistan à plusieurs reprises et après le départ des talibans, il m’a raconté qu’il avait été fait prisonnier par les talibans et que ces derniers l’avaient vraiment torturé. Ils le menaçaient de le tuer en le laissant tomber de l’édifice le plus haut de Kaboul, tout ça parce qu’ils avaient trouvé une Bible chez lui, ce qui était interdit. C’était un intellectuel qui s’y intéressait, mais qui était musulman.»

Des moments cocasses

Mme Carrier n’a toutefois pas voulu «tomber dans le misérabilisme» et a aussi relaté plusieurs événements loufoques. En entrevue, elle raconte une situation au Darfour, alors que des gens de la région s’affairaient à la construction de leur salle de bains... mais qu’ils n’avaient jamais vu une toilette de leur vie.

«À notre retour à la maison, on a découvert qu’ils avaient fait un trou dans le plancher pour déposer la cuvette, car pour eux, il fallait s’accroupir pour aller à la toilette», s’est-elle rappelée.

Dans son livre, elle s’attarde également aux cultures et au statut de la femme, tout en parlant des endroits merveilleux qu’elle a visités.

«Je voulais aussi démystifier le travail humanitaire, montrer que je ne suis pas une mère Teresa. J’ai décrit notre travail de tous les jours, les difficultés et les joies», a conclu Mme Carrier, qui affirme ne jamais avoir eu l’impression d’avoir «sacrifié sa vie» avec cette carrière.


En mission, une vie au sein de la Croix-Rouge, Québec-Amérique, 568 pages.

 

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