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ENTREVUE | Réjean Tremblay

Le CH réinvite Ginette Reno

Elle chantera demain si son cardiologue le lui permet

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BEN PELOSSE/JOURNAL DE MONTRÉAL
Ginette Reno lors du match numéro 3 opposant le Ligntning de Tampa Bay et le Canadien de Montreal au Centre Bell de Montreal, le dimanche 20 avril 2014.

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«Le Canadien vient juste de m’appeler pour m’inviter à chanter l’hymne au prochain match. Ils m’ont dit que c’était Rene Bourque qui l’avait demandé», m’annonçait toute excitée Ginette Reno.

Mais il y avait un bémol: «Je leur ai dit oui, bien sûr, mais il y a une condition. Mardi matin, je rencontre mon cardiologue, le Dr Jean Rouleau à l’Institut de cardiologie. S’il me donne la permission, mets-en que je vais aller chanter pour mes p’tits gars!»

Au lendemain de sa performance triomphale au Centre Bell, Ginette Reno était encore toute excitée. Emportée par la décharge d’énergie échangée avec 21 000 spectateurs…et une vingtaine de joueurs: «C’était ma première sortie depuis ma crise cardiaque. J’étais tellement fière, j’étais très émue. Avant d’aller chanter, je me disais que si j’étais pour mourir, ben que je mourrais heureuse. En chantant. Je suis une chanteuse. Je le suis dans l’être et je suis une femme qui chante. J’ai prié le Bon Dieu pour que tout se passe bien. Je Lui ai demandé aussi d’aider les petits gars.

«Quand je me suis mise à chanter, j’ai douté. Je me suis dit…c’est pas moi qui chante, allons donc. Et là, j’ai entendu la foule qui chantait avec moi. Je me disais: la foule chante avec moi, c’est merveilleux.

«Tu ne peux pas imaginer à quel point j’étais fière. Toute envahie. J’étais vraiment prête à mourir. Je me disais je vais mourir en lançant un si bémol. Pis dimanche soir, y avait que ça des si bémol. Quand j’ai fini l’hymne, j’ai fait une autre petite prière au Bon Dieu pour que les garçons gagnent et je suis repartie vers la loge. Torbinouche, j’ai pas eu le temps de me rendre que le beau Rene avait déjà compté un but. J’ai entendu les cris de la foule et j’ai senti les vibrations. J’étais tellement heureuse, tellement contente, j’avais le cœur gonflé d’amour», de raconter Ginette.

DEUX BILLETS À VIE

Évidemment que ce n’était pas la première fois que Ginette Reno chantait l’hymne national à un match de hockey. Dans les belles années des Nordiques de Québec, elle le faisait régulièrement au Colisée de Québec. C’était un plaisir de la retrouver au salon des invités des Nordiques. Sa gouaille, sa bonne humeur et ses histoires parfois bien salées rendaient tout le monde joyeux autour de la table. Et au fil des années, elle est restée amie avec Marcel Aubut.

Elle n’a cependant jamais été loin du Canadien: «J’ai chanté L’Essentiel aux adieux de Guy Lafleur. C’est sa femme qui avait demandé que je chante la chanson», se rappelle Ginette, pour qui le grand numéro 10 sera toujours «mon ti-Guy».

«En veux-tu une bien meilleure? J’ai chanté à l’inauguration du vieux Forum en 1968. J’avais 23 ans et j’étais enceinte de trois mois», raconte-elle.

Malheureusement, je ne me rappelle pas de Ginette, mais je n’ai pas oublié le discours de 20 minutes du premier ministre de l’Union nationale Jean-Jacques Bertrand.

«Sais-tu quoi? Pour me remercier de ma participation, le Canadien m’avait offert deux billets à vie. Y as-tu pensé? Deux billets à vie! Aujourd’hui, ça vaudrait une fortune. Moi, j’étais pas vraiment malade de hockey, j’ai dit non. Mon garçon Pascalin m’en veut encore. D’ailleurs, dimanche soir, le snoro a téléphoné à Sylvain Guimond du Canadien pour avoir deux billets. ‘'Je lui ai pas dit que c’était parce que je voulais te voir chanter, tu sais bien que je ferais jamais ça, m’man’', qu’il m’a dit en riant », de raconter Mme Reno.

LA ROUTE 66

Ginette Reno n’est pas une femme comme les autres. Elle me parlait de son cardiologue qui a beaucoup de pression sur les épaules. Je lui disais que ces hommes et ces femmes font des miracles. J’ai été opéré au cœur au laser pendant plus de quatre heures en juillet dernier et quinze jours plus tard, j’étais à Chicago sur une moto pour faire la Route 66 avec Marcel Aubut, Michel Barrette et Reynald Brière. Ce qui n’est toutefois pas vraiment à conseiller: «La 66, je l’ai faite sept fois. Quatre fois, je conduisais toute seule et trois fois avec un partenaire. J’aimais ça partir de Montréal et aller rouler dans le désert. Une fois, c’était pour aller reconduire mon fils Cédric à San Diego. La vie est belle, il faut donner. Moi, je suis une donneuse », de conclure une Ginette Reno encore toute remplie de l’énergie de 21 000 partisans du Canadien.

C’est maintenant au doc Rouleau de décider…


 

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