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Tellement raciste

Les propos de Ron MacLean au sujet de l’arbitre Francis Charron

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Autrement dit, même quand on est le copain de Ron Fournier et de Don Cherry, quand on tient des propos racistes, on est quoi?

Autrement dit, même quand on est le copain de Ron Fournier et de Don Cherry, quand on tient des propos racistes, on est quoi?

Ron MacLean est le porte-queue de Don Cherry à la Société Radio-Canada du côté anglophone. Ça fait des années qu’il joue le jeu du bon gars avec Cherry alors que ce dernier vomissait des tonnes de déchets sur les Québécois, les Suédois, les Russes et tout ce qui n’était pas les «good old boys».

Après le troisième match de la série entre le ­Lighting et le Canadien, alors que l’arbitre Francis Charron a refusé un but au Lighting, MacLean a dit qu’il n’aurait pas dû y avoir d’arbitre francophone pour le match suivant du Canadien au Centre Bell.

Ben alors, il devrait être défendu d’avoir un arbitre «canadian» à un match des Maple Leafs ou des ­Canucks ? Et un Américain ne devrait pas officier pendant un match opposant une équipe canadienne à une équipe américaine ? Ou alors, faudrait être plus raffiné dans la discrimination raciale et interdire à un arbitre originaire du Minnesota de travailler lors d’un match du Wild?

Mais alors, on fait quoi avec un Albertain et les Oilers et les Flames?

LE VRAI RACISME

Vous savez bien que dans ces cas, la question ne se pose pas. Parce que pour MacLean, le «Canadian» ou l’Ontarien ou même Dave Jackson un Montréalais anglophone, font partie de la race supérieure. Ils ont donc l’intelligence et le contrôle de leurs émotions qui garantissent la qualité de leur travail. Alors que le pauvre petit francophone, lui, est soumis à l’appel de la tribu.

C’est tellement bas, tellement sournois, tellement raciste qu’on se dit que ce n’est pas possible que la société d’État canadienne tolère pareille grossièreté de pensée.

Pourtant MacLean aurait dû être rassuré par l’élection de Philippe Couillard. Francis Charron est un bon canadien comme nous le sommes tous au Québec. Il me semble que la population a suffisamment exprimé haut et fort sa crainte d’un référendum. On est canadien et on n’est surtout pas dangereux.

Alors, si on est canadien, ça vient faire quoi le français d’un arbitre dans l’esprit colonisateur de Ron MacLean. Les gentils Canadiens du Québec ne seraient pas égaux aux plus gentils Canadiens du reste du pays?

C’est ça que Philippe Couillard défend?

MAUVAIS PRÉCÉDENTS

La Ligue nationale est une entreprise privée. Et, heureusement, Gary Bettman semble plus intelligent que Ron MacLean. La LNH n’a jamais tenu compte de la langue ou de la nationalité d’un arbitre pour un match quelconque. Elle considère qu’un officiel compétent est un officiel compétent.

Ça ne veut pas dire que sur la scène internationale, on ne fait pas attention aux apparences de conflits d’intérêts. C’est certain qu’une finale de la Coupe du monde de soccer est un match explosif à traiter. Mais j’ai vu une arbitre américaine œuvrer lors d’une finale olympique entre le Canada et les États-Unis. Elle avait été pourrie, mais personne ne l’avait accusée d’avoir été pourrie parce qu’elle était américaine.

Et quand le Canada a gagné sa médaille d’or à ­Sotchi, les deux arbitres et les deux juges de lignes étaient canadiens ou américains. Seul Peter Forsberg s’était plaint en Suède. Les joueurs et le coach de l’équipe suédoise avaient simplement souligné qu’ils connaissaient ces officiels et qu’ils étaient excellents. Point final.

Et puis, j’ai beau fouiller dans les matchs sur la scène internationale, il ne faudrait pas oublier que Montréal fait partie du plus meilleur pays au monde. Alors si on fait partie du plus meilleur, si on est pas souverain, Ron MacLean pourrait pas fermer sa trappe? Il a mauvaise haleine.

Enfin, un dernier point. Le président de la CBC-Radio-Canada, Hubert Lacroix, a également des responsabilités au sein de cette ­institution.

Je sais que ça ne paraît pas quand je rencontre des vétérans journalistes qui vont se retrouver chômeurs parce que la direction saccage leur département des sports «francophone» parce que la CBC a perdu Hockey Night in Canada, mais Hubert Lacroix est supposé être le garant des principes de la société d’État.

Est-ce que Hubert Lacroix appuie Ron MacLean? Est-il, lui aussi, convaincu qu’un frenchie ne peut résister à l’appel de la tribu?

Coudon, la grande dame de la tour est-elle ­enceinte ou pas?

 

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