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Le moineau et les vautours

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Gérard était un excellent père

Un travailleur honnête, un mari hors pair

Mais il avait une grande faiblesse :

Il souffrait d’un excès de gentillesse

 

Pour s’attirer l’amour des siens

Gérard ne lésinait sur rien

Cadeaux, parfums, voyages aux îles Canaries

Il mettait tout ça sur sa carte de crédit

 

Ses enfants étaient aux anges, sa femme ne portait plus à terre

Toute la famille aimait le quinquagénaire

Jusqu’au jour où, harcelé par les banquiers

Il dût tempérer sa générosité

 

« J’ai fait preuve d’insouciance, je croule sous les créances

Fini la bombance, les dépenses, les vacances

Le temps est venu de surveiller mes finances

Si on ne renverse pas la tendance, ça sera la déchéance

Mais faites-moi confiance, je vous donne l’assurance

Qu’après l’ère des quittances, ce sera la renaissance... »

 

Gérard, bonne pâte, était sûr que ses proches

Comprendraient qu’il devait ranger sa sacoche

Au lieu de ça, ils pétèrent chacun leur coche

Lui lancèrent des roches, l’inondèrent de reproches

 

« Comment peux-tu faire ça, crièrent-ils en chœur

Tu nous humilies, tu nous brises le cœur

Comment peux-tu, après tant de bonheur

Nous annoncer la fin des douceurs, le malheur — quelle horreur ! »

 

« Ça ne restera pas comme ça, cria sa grande fille

Je te le dis, papa, au nom de la famille

Si tu retires tes billes, je ne serai plus gentille

Ça sera la guerre, la grève, la bisbille ! »

 

Son garçon s’en alla, sa fille se leva

Sa femme avala un troisième mimosa,

Et quand il se pencha pour caresser son chat

L’animal le griffa et fila sous le sofa

 

À partir de ce jour, sa vie ne fit qu’un tour

Sa femme refusa de lui faire l’amour

Et quand il sortait dans la cour, partout, aux alentours,

On faisait demi-tour pour ne pas lui dire bonjour

Ex-troubadour, il perdit son humour

Et s’enferma tout penaud dans sa tour

 

Après cinq semaines de ce régime sec

Gérard fut forcé d’avouer son échec

Même s’il n’avait plus un kopeck

Il sortit son carnet de chèques

Invita sa famille à manger du grec

Et mis la note sur son hypothèque

(Après tout, on est au Québec !)

 

Sa femme retrouva son ardeur perdue

Toute la nuit, elle lui sauta dessus

Et Gérard, pour la récompenser,

Se remit à dépenser

 

Aujourd’hui, Gérard n’a plus un rond

Il vit sur Jean-Talon dans une boîte de carton

Sa femme l’a quitté, sa fille et son garçon

Font un max de pognon quelque part en Orégon

 

C’était la triste histoire de Gérard le banlieusard

Qui pour acheter la paix, se conta des bobards

Lui, le fêtard, est maintenant un clochard

C’est bien beau, faire le jars, se prendre pour César

Dépenser sans compter comme Pablo Escobar

Mais si tu ne fermes pas le bar

Veux, veux pas, tôt ou tard

Ta vie se transformera en cauchemar

 

Qui ne se serre pas la ceinture

Risque de perdre son pantalon

 

 

32 commentaire(s)

Dominique Lavoie dit :
30 avril 2014 à 23 h 32 min

Dites-moi que vous n'êtes pas l'auteur de ce chef d’œuvre littéraire? Si oui, "don't quit your day job."

Mais c'est correct, on a saisi le point.

Eric dit :
30 avril 2014 à 23 h 44 min

Magistral! Héhéhé... bravo!

Raymond Morneau dit :
30 avril 2014 à 23 h 46 min

Pour ma part, je me reconnais un peu dans ce texte. Un jour j'avais dis à mes trois filles qui excellaient dans leurs études secondaires que je serais toujours là pour les appuyer dans leurs études. Mais arriva le jour ou l'aînée me demanda de l'appuyer dans son projet d'aller faire des études universitaires en Californie pour suivre son copain dont le père est millionnaire. Je lui fit comprendre (J'ai tenté tout au moins) que j'en étais incapable (35,000.00$ par an). Elle m'a traité de menteur et de tous les noms et ne m'a plus adressé la parole depuis près de 20 ans.

Et j'ai aussi bien failli perdre mes culottes !

Alain Thomas dit :
1 mai 2014 à 2 h 01 min

Beau texte. Je vous pari un vieux 2$, que notre gouvernement PLQ fera pire que votre Gérard. L'objectif principal étant de faire croitre la dette de façon exponentielle pour égorger les contribuables , les obligeant à vendre leurs actifs et quand ça éclatera les spéculateurs, ceux là même qui font gonfler la dette en encourageant la dépense par leur amis élus, ces spéculateurs mettront la main sur les ressources naturelles, sur Hydro, SAQ, l'eau, sans que ça ne leur ai réellement coûté un cent puisque ce sont eux qui contrôle le système monétaire virtuel, les taux et les Bourses. Ces mêmes spéculateurs auront trouvés un bouc émissaire dans les travailleurs de classe moyenne qui malheur ont un fond de retraite. Ces bons spéculateurs feront fondre ces fonds de pensions ou dorment des milliards. Leur devise n'est pas «Je me souviens.», mais «On veut votre bien...et nous l'auront.».

belgix dit :
1 mai 2014 à 5 h 36 min

10 sur 10 M. Martineau.

JCM dit :
1 mai 2014 à 6 h 21 min

Tôt ou tard, il nous faudra payer. Cependant, ce que je crains, ce sont les extrêmes. Nous avons l'habitude, comme être humain, de corriger une situation en allant d'un extrême à l'autre. Oui, il nous faut corriger la situation, tout en prenant le délai nécessaire. J'ai confiance, que cette fois-ci, nous agirons de la bonne façon. Par exemple, nous savons que la fonction publique coûte très chère, il faut en diminuer les coûts. Le gel des salaires pour une courte période, ne pas remplacer les départs à la retraite pour une période x, aideraient surement. Aussi, en santé, diminuer le clérical, l'administration est très lourde. Très important, d'après mon humble opinion, de prendre le temps de bien réfléchir avant d'agir afin de prendre des décisions qui nous ferons grandir.

Les commissions scolaires est un autre défi...etc..etc..

François Ricard dit :
1 mai 2014 à 6 h 30 min

L'économie domestique et l'économie nationale sont deux choses aussi différentes que l'eau de mer et l'eau lourde. Comptant sur l'ignorance de bien des lecteurs, vous pouvez, de façon démagogique, vous servir de l'une pour vilipender l'autre. Depuis l'ère moderne, depuis deux cents ans, trouvez-moi une seul pays, M. Martineau, qui a fait faillite. je vous mets au défi. En faillite, je dis bien

Victor Besset dit :
1 mai 2014 à 7 h 01 min

Excellent!

Sami1015 dit :
1 mai 2014 à 7 h 10 min

Qui vit d'espoir meurt d'envi

Michel Danis dit :
1 mai 2014 à 7 h 16 min

Merci le ... poète ! :-)

Chantal lavoie dit :
1 mai 2014 à 7 h 20 min

J'adore!!!

JCM dit :
1 mai 2014 à 7 h 23 min

JCM (suite) Nous comme individu, avons notre part à faire. Nous devons baisser notre taux d'endettement, être très attentif à nos achats, surtout pour certains objets de luxe. Un petit truc, qui quelque fois me réussit , je pense acheter tel objet un certain matin, plutôt que de courir tout de suite l'acheter, je remets cela à la semaine prochaine. Vous devinez ce qui arrive, je ne me le procure pas et je l'oublie. Le gouvernement se doit d'avoir un budget et de le respecter et nous que faisons nous ?...Il n'est jamais trop tard pour commencer..Dans les années 1990, je gagnais 100,000. $ par année et je trouvais le moyen de m'endetter. Stupide, en effet. J'ai compris à 49 ans et heureusement ma situation de retraité aujourd'hui est convenable. Un budget bien fait, et relevons ensemble les défis actuels.

Bonne journée à tous

Sandy3_1 dit :
1 mai 2014 à 7 h 34 min

À hurler de rire :) beau poème..moi ce qui me fait hurler de honte c'est la dernière des péquistes: ils ont "perdus" les avis juridiques, menteurs, fraudeurs, ils devraient être arrêtés pour avoir détruits les documents, quand je pense que j'ai voté pour eux. F-I-N-I ! Je me range du côté des libéraux, eux ils l'ont l'affaire. Pauvre parti minable ce PQ.

gilles dit :
1 mai 2014 à 7 h 42 min

comprend pas journal Québec et tva en parle pas

Les fameux avis juridiques sur la Charte restent introuvables

(06h20) Avec stupéfaction, le gouvernement Couillard est arrivé à cette conclusion: après plusieurs jours de recherche au ministère de la Justice, les fameux avis juridiques que disait détenir Bernard... »

Marius Brisson dit :
1 mai 2014 à 7 h 59 min

Très bien écrit, M. Martineau. Je ne vous connaissais pas des talents de poète. Je ne crois cependant pas que vous serez invité au gasa ARTIS pour votre oeuvre puisqu'elle ne rencontre pas le style BOUGON que plusieurs d'entre eux apprécient. J,espère que M. Couillard et ses ministres auront le temps de vous lire.

Julien117 dit :
1 mai 2014 à 8 h 01 min

Martineau poète ! Je dirais plutôt un rimeur très moyen. Mais l’effort est là. J’aime mon chroniqueur favori quand il fait la morale. Il a quelque chose de l’ancien clergé. Vous me direz mais il a raison, on ne peut pas dépenser plus que ce que l’on gagne, l’endettement n’est jamais indéfini. Trop vrai. Je pleure. Je vais faire semblant qu’il vient de m’ouvrir les yeux sur l’endettement, cela est bon pour son ego et je ne veux pas lui faire de peine.

Francois Pitou dit :
1 mai 2014 à 8 h 13 min

Veritas, veritatum , omnia veritas...

John-Jean Martin dit :
1 mai 2014 à 8 h 30 min

Martineau un poète ?qui l'eut cru !!!!!!!

Viré Sultop dit :
1 mai 2014 à 9 h 03 min

Viré Sultop dit:...'' Ça..c'est d'la bonne copie ''

Carl dit :
1 mai 2014 à 9 h 47 min

La seule difference c'est qu'ici le père ca ne lui coûte pas un sous, c'est le privé qui paye et la fonction publique qui fête.

Carl dit :
1 mai 2014 à 11 h 14 min

@François Ricard

1+1 = 2 dans les 2 cas, des finances mal géré ca conduit à un niveau de taxation et d'imposition demeusuré.

Illyanne dit :
1 mai 2014 à 19 h 27 min

L'histoire est assez invraisemblable, mais illustre un bien triste dénouement, possible, pour une vie ruinée par l'alcool. Quand il aurait fallu se relever. Et que dire des gens qui mélangent amour et argent. Et une pensée pour Rob Ford, qui doit se libérer de ses dépendances.

michel gendron dit :
1 mai 2014 à 20 h 09 min

@ François Ricard

Vous avez raison les pays ne font pas faillite, les riches s'enrichissent et les pauvres sont plus pauvres et un jour une guerre éclate, quelque part n'importe où d'un point de vue économique, pour équilibrer le tout. La roulette russe du pauvre, la médaille du riche.

Ivan Champetier dit :
2 mai 2014 à 10 h 14 min

Moi,je suis bien moins "fin" que Gérard! Et moins soucieux de plaire en me faisant plumer. Si un de mes jeunes me dit ce que j'ai lu plus haut,je brandirai l'index vers la porte d'entrée de ma demeure et leurs dirai "De l'autre coté de cette porte,le vaste monde. Va voir ce qu'il te raconte. Il est peut-etre moins pingre que moi,qui sait! Bonne chance. Si d'aventures l'envie t'en prenait,reviens me voir et racontes-moi tes impressions".

Miche dit :
2 mai 2014 à 15 h 08 min

C'est ce que nos gouvernements font à tour de rôle (PQ, PLQ): Acheter la paix en distribuant des Millions et dizaines de Millions$ chaque semaine a des organismes communautaires qui CRIENT Haut et FORT! Pendant ce temps, les RICHES ont leurs paradis fiscaux pour être encore PLUS RICHES; Les Pauvres ont leur BS pour survivre avec tous les programmes sociaux GRATOS inimaginables: Dents,lunettes,aide juridique, Attaquer qui que ce soit pour faire de l'argent: Son propriétaire,même en ne payant pas son loyer, Les policiers, Les profs etc...! ET Tout ça, sur le dos des gens de la classe MOYENNE! Quand la classe MOYENNE ne suffira PLUS, Il restera la Classe RICHE et la Classe PAUVRE! Mais c'est pas grave: Le gouvernement légalisera le Cannabis et autres drogues: Prenez-en,ça vous gèlera le cerveau: Vous ne vous apercevrez même pas que vous êtes des PANTINS aux mains de vos gouvernements Qui auront pris le CONTRÔLE, tels des DICTATEURS!!! Vous pensez que j’exagère? Même pas!!!

G.Fecteau dit :
2 mai 2014 à 20 h 50 min

Je l'aime bien: Le moineau et les vautours. Enfin quelque chose d'amusant qui nous sort des sempiternelles chicanes électorales même si la morale de l'histoire en dit long sur nos finances publiques.

Je trouve la fable bien écrite Les rimes nombreuses, le vocabulaire abondant Pleine de vivacité dans le rythme Une trêve nécessaire, un entracte d'un moment!!!

Je viens même d'apprendre que Pablo Escobar était un trafiquant de drogues! Il n'est jamais trop tard pour s'instruire!

Pas tout à fait c

Qui ne se serre pas la ceinture Risque de perdre son pantalon

G.Fecteau dit :
2 mai 2014 à 20 h 53 min

Pas tout à fait c

Qui ne se serre pas la ceinture

Risque de perdre son pantalon

Ouf! C'est pas censé être là. Désolée pour le copié-collé sans lien avec le reste.

G.Fecteau dit :
2 mai 2014 à 21 h 27 min

Et je ne sais pas combien vous avez pris de temps à l'écrire, mais je vous trouve inspiré. Pas comme La Fontaine, ce serait vous faire trop d'honneur! Mais très bonne quand même ladite fable!!!

JP Bouchard dit :
3 mai 2014 à 11 h 55 min

Bravo Martineau!

Très créatif.

Et Raymond Morneau...

Je compatis avec vous pour l' ingratitude de votre fille.

L'ingratitude des enfants est la pire chose qui peut arriver à des parents.

Quelque chose de semblable m' est déjà arrivé, mais ça s' est arrangé au bout de trois ans.

Comme parents, il faut tenir notre bout et garder nos convictions.

Tôt ou tard, confrontés à la vraie vie, les enfants finissent par comprendre.

Steve Harvey-Fortin dit :
5 mai 2014 à 19 h 55 min

Nous nous sommes tellement créé de besoin depuis 50 ans que l'économie n'a plus besoin de nous pour vivre. Elle se régénère d'elle-même en suggérant au travailleur-consommateur qu'il doit absolument posséder une voiture pour vivre même s'il ne sort jamais de la ville. Avant, on se collaient les oreilles sur la radio et on étaient heureux, maintenant il faut posséder la technologie dernier cri en mode télévisuel incluant tous les meilleurs services de câble et d'internet. Avant, on avaient un téléphone à roulette et si on n'étaient pas là, on nous rappelait plus tard. Maintenant, il vous faut un téléphone intelligent plus le téléphone de la maison avec tous les services inclus. Que vous faut-il de plus comme consommateur ? Tout le monde veut ses bébelles tout de suite à crédit même si cela prend trente ans à payer. Alors, ne nous étonnons pas que notre propre système économique et la gérance des gouvernements ne suivent pas la cadence du consommateur qui se retrouve dans le trou. On ne veut pas faire de l'argent avec de l'argent, ce qu'on veut c'est faire de l'argent avec les autres en créant des besoins 'all the time'. Et le gouvernement est sensé trouver son compte avec cette surconsommation car il en retire des dividendes. Et les compagnies de crédit eux empoche l'intérêt des étalements le sourire fendu jusqu'au oreilles. Mais lorsque le gouvernement vous refuse le droit à l'indemnisation d'un accident de travail ou de circulation vous ne pouvez rien faire à moins de vous battre pendant dix ans contre eux. Parce que le système économique vous appris que vous pouviez tout avoir tout de suite en tant que travailleur. Mais l'indemnisation n'est pas générateur de profit pour le gouvernement même si vous êtes de bonne foi. Sachez ou mettre vos priorités et ne mettez pas votre confiance dans le gouvernement, le système de justice, les avocats et les assurances car eux aussi sont là pour faire du profit sur votre dos.

patrice dit :
6 mai 2014 à 12 h 14 min

@francois ricard: Que pensez vous de la Grece.

Steve Harvey-Fortin dit :
7 mai 2014 à 9 h 40 min

Bref, plus vous vous créez de besoins et plus le gouvernement pense qu'il vous tient par les burnes. Et plus vous payerez de taxes.

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