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L'institut Douglas

3000 cerveaux stockés à Montréal

« Nous recevons beaucoup de dons de personnes qui ont souffert de maladie mentale, ou de leurs proches. Ils sont plus sensibilisés à ce que l’on fait. C’est plus difficile de “recruter” des cerveaux sains. » – Dr Naguib Mechawar

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C’est à Montréal que l’on retrouve une des plus grandes banques de cerveaux au monde, et c’est peut-être là que l’on trouvera une solution pour remédier à la dépression et au suicide.

C’est à Montréal que l’on retrouve une des plus grandes banques de cerveaux au monde, et c’est peut-être là que l’on trouvera une solution pour remédier à la dépression et au suicide.

Plus de 3000 cerveaux sont stockés à l’Institut universitaire en santé mentale Douglas. Chaque année, des centaines de personnes font don de cet organe qui est parmi les plus «intimes du corps humain», reconnaît le chercheur et directeur de la Banque de cerveaux Douglas-Bell Canada, le Dr Naguib Mechawar.

«Le cerveau, c’est nous. La personnalité, les émotions, ça ne vient pas du foie ou du rein. C’est très personnel. Mais on reçoit quand même énormément de dons de gens qui veulent contribuer à la recherche et diminuer les souffrances d’autrui», dit-il.

Expédiés de par le monde

La banque de l’Institut Douglas contribue à la recherche scientifique mondiale, puisque des milliers d’échantillons sont envoyés à des chercheurs de partout à travers le monde.

Cela est notamment rendu possible par le fait que les cerveaux qui sont conservés dans le formol peuvent être utilisés très longtemps. Le cerveau le plus «âgé» de la banque a été reçu dans les années 1980 et est toujours utilisé pour la recherche.

«On envoie l’échantillon dans le formol ou sous un lit de glace sèche par avion. Les dons sont anonymes. Alors les chercheurs n’ont accès qu’au numéro d’échantillon et à un résumé du rapport médical», explique le Dr Mechawar.

Comprendre le suicide

Cette banque est extrêmement utile aux chercheurs pour comprendre les maux psychologiques et surtout pour leur trouver des solutions.

Par exemple, une équipe de l’Université McGill a réussi à déterminer que la maltraitance infantile laisse des traces chimiques dans le cerveau d’un enfant, ce qui modifiera ultérieurement la façon dont celui-ci répondra au stress.

«Nous recevons beaucoup de dons de personnes qui ont souffert de maladie mentale ou de leurs proches. Ils sont plus sensibilisés à ce que l’on fait. C’est plus difficile de “recruter” des cerveaux sains. Or, nous en avons besoin pour faire des comparaisons», souligne M. Mechawar.

Actuellement en rénovation, les laboratoires de la banque de cerveaux doubleront de superficie d’ici 2015. L’Institut Douglas espère recevoir d’ici là plusieurs dons de cerveaux. Fait à noter, signer l’endos de sa carte d’assurance-maladie permet le don d’organes, mais pas le don du cerveau. Pour donner son cerveau, il faut remplir un formulaire de consentement, disponible sur le site Web de l’Institut Douglas.

 

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