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Guy Laliberté

«On va entretenir le mythe»

Dany Bouchard

Dany Bouchard @

Journal de Montréal, Publié le: | Mise à jour:

Guy Laliberté

Photo Chantal Poirier

Guy Laliberté veut profiter des années qui s’offrent à lui pour passer du temps avec ses amis, sa famille, et voir grandir ses enfants.

Guy Laliberté vient de vendre sa demeure de Las Vegas. De son propre aveu, l’homme de 54 ans dit avoir passé sa phase «festive à grand déploiement».

Aujourd’hui, Guy Laliberté pose ses valises à Sin City uniquement pour des questions d’affaires.«Ce n’est plus là où j’ai du fun», admet-il au Journal, dans l’une de ses rares entrevues.

Longtemps, Guy Laliberté a entretenu l’image d’un fêtard, chez qui les soirées pouvaient être démesurées.

«On va entretenir le mythe, parce qu’il me sert encore. Ça a été synonyme d’expériences sensorielles que les gens ont vécues là, dit-il à propos de ses fameux partys annuels, organisés dans sa cour de St-Bruno lors du Grand prix de la F1.

«Aujourd’hui, ça sert l’une de mes divisions d’organisations de partys. […] Les gens appellent [en raison] de la réputation des fêtes qu’on faisait. Moi, ça a été de la business avant tout: incubateur de créativité, laboratoire humain, relations d’affaires.»

De l’alcool, oui. Des expériences créatives, oui. Autres choses?

«On parle de fêtes où les hommes politiques, de grands hommes d’affaires étaient. À un moment donné, il ne faut quand même pas exagérer. Est-ce que les gens se sont permis certaines folies? Ça faisait partie des objectifs. Après ça, est-ce qu’on est assez idiots pour faire des choses de ces fêtes-là qui pourraient m’exposer, et exposer le Cirque… Je pense que j’ai une tête sur les épaules.»

« Je me suis fait arnaquer »

Guy Laliberté est un joueur de poker. «En live game: ride on the top of my game. J’ai aucun complexe au live game, mes scores sont bons», dit-il.

En ligne, il ne mise cependant plus un sou depuis le Black Friday d’avril 2011.

«J’aurais dû me souvenir que je suis un dinosaure par rapport à ça [l’internet].»

«L’histoire de Full Tilt est claire: Je me suis fait arnaquer, carrément, par des gens que je connaissais personnellement, qui utilisaient unfillted bank, qui payent pas d’argent.

«À force de «All in» tout le temps, quand c’est pas ton propre argent, et qu’ils imprimaient de l’argent pour jouer contre moi, et qu’ils se mettaient à deux, trois... ; j’ai été idiot.»

Discret sur le montant, il admet quand même avoir perdu beaucoup d’argent. «Je me suis fait avoir comme un enfant d’école».

Ferrari et Coupe du monde

Amateur de belles voitures (il en a une vingtaine), il recevra bientôt sa nouvelle Ferrari, que seules 348 personnes conduiront.

«Déjà, avant de la recevoir, elle a déjà pris quasiment 750 000 $ de valeur. J’ai hâte de l’avoir», admet-il en riant.

Sa dépense la plus folle? Le poker en ligne.

«Pas à cause de la perte de l’argent; d’avoir le feeling de m’être fait avoir et d’avoir fourni la Vaseline», dit-il avec son franc-parler qui le caractérise.

Sa «vraie» dépense folle: des billets (entre 4 et 8) qu’il achète chaque année pour la Coupe du monde, depuis 1990, et qui valent, maintenant, autour de 25 000 $ chacun.

«Je fais toutes les demi-finales, je fais les quarts de finale. [...]. Là, c’est rendu une fortune. C’est malade mental, et je l’achète encore. Ça, c’est une dépense folle. C’est une question de passion.»

 
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Photo courtoisie NASA

Nukutepipi, en Polynésie française, est un petit atoll qu’a acquis Guy Laliberté. Il est situé à environ 700 kilomètres à l’est de Tahiti, dans l’océan Pacifique.

Un refuge paisible pour sa famille et ses amis

Guy Laliberté est propriétaire d’une toute petite île perdue dans l’océan Pacifique: l’île de Nukutepipi, en Polynésie française.

Ses plans pour l’atoll de 2,3 km carrés sont à la fois simples, et clairs.

«Au départ, c’était plus l’aspect exotique. J’ai toujours aimé le Pacifique. Je voulais avoir une île dans le Pacifique. J’en ai trouvé une, qui est l’une des îles les plus au sud, explique-t-il.

«Il y a un autre élément qui s’est attaché à ça; je me conçois une place pour recevoir ma famille, des amis, pour être capable d’être dans un endroit hyper paisible. Mais tranquillement, à cause de tout ce qui se passe dans le monde. Je me suis dit: «ça pourrait peut-être aussi être la place pour que – si jamais – il y a une épidémie, une guerre globale, que je puisse emmener ceux que j’aime, ma famille.»

Guy Laliberté veut un endroit autosuffisant. «Je vais être totalement autonome au niveau fonctionnement: solaire, environnemental, écologique, tout ça.»

Au moment de son voyage dans l’espace, il explique avoir fait un retour sur les 50 premières années de sa vie. «Je me suis rendu compte, dans cette réflexion-là, du nombre d’amis que je me suis fait. J’aimerais bien, d’ici les 20 prochaines années […] prendre le temps, une semaine ou deux, d’inviter ces gens-là, dans un des environnements que j’ai pu créer un peu dans le monde. Juste prendre le temps de prendre une bonne bouteille de vin, des repas, et de se raconter nos vies. Je suis rendu là. Ça et voir grandir mes enfants de façon en santé, faire avec eux ce que j’ai fait avec mes parents.»

« Ça m’embête »

Guy Laliberté touche un salaire annuel de 1,3 M$. Comme les autres actionnaires de la compagnie, il a droit aux avantages, aux bénéfices, liés aux performances du Cirque.

L’homme est l’un des plus riches dans le monde, mais il évite de s’épancher au sujet de sa fortune.

«Pourquoi ça m’intéresserait de parler de ça? Ça a jamais été ma motivation. Est-ce que je considère que je suis une personne riche? Oui. Mais au monde, le numéro… ; au contraire, je te dirais que ça m’embête plus que d’autre chose, à bien des égards», admet-il.

 

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