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Statut fiscal

En guerre contre la scientologie

La sénatrice Céline Hervieux-Payette ne se gêne pas pour qualifier de «secte» l’organisation

Devanture église scientologie, 4489 Avenue Papineau, Montreal
Ben Pelosse/ Le Journal de Montréal L’Église de scientologie ne paie aucune taxe sur son édifice rue Papineau, dénonce Céline Hervieux-Payette.

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Après les publicités de l’Église de scientologie diffusées sur les ondes de Musique Plus, la sénatrice Céline Hervieux-Payette s’attaque au statut fiscal de l’organisation qu’elle qualifie de secte.

Après les publicités de l’Église de scientologie diffusées sur les ondes de Musique Plus, la sénatrice Céline Hervieux-Payette s’attaque au statut fiscal de l’organisation qu’elle qualifie de secte.

«Dénoncer est une chose, assurer un suivi en est une autre», s’est exclamé la sénatrice Céline Hervieux-Payette pour résumer sa croisade contre l’Église de scientologie.

Vendredi dernier, la sénatrice libérale de 73 ans a rencontré la haute direction de Bell Media, propriétaire de Musique Plus, pour que ces derniers s’engagent à ne plus diffuser de publicités de l’Église de scientologie.

«On ne peut mettre ces publicités à la disposition des jeunes et on m’a fait la promesse qu’ils n’accepteraient plus ces publicités», raconte la sénatrice qui n’a pas hésité à faire la même demande aux trois grands journaux montréalais.

Un œil ouvert

«Je souhaite obtenir un engagement de votre part à refuser toute forme de publicité de cette soi-disant Église de scientologie. Dans le cas contraire, je me réserve le droit de porter plainte auprès des Normes canadiennes de la publicité», écrit l’ex-ministre libérale dans une lettre adressée à la direction du Journal de Montréal.

«Nous avons besoin au Québec de diffuseurs responsables face à une clientèle jeune et influençable», ajoute-t-elle.

Céline Hervieux-Payette affirme qu’elle gardera «un grand œil ouvert», sur les activités de l’Église de scientologie.

La dame est d’ailleurs intervenue auprès du gouvernement québécois en dénonçant les pratiques douteuses du centre de désintoxication Narconon, de Trois-Rivières. Le centre lié à l'Église de scientologie a été forcé de fermer ses portes en 2012.

Une enquête de la Commission des droits de la personne a révélé que des «patients» y ont été maltraités et exploités financièrement. Narconon a été sommé de dédommager ses victimes et le ministère de la Santé lui a retiré sa certification.

Qualifiée de secte dans certains pays comme la France, la Belgique ou l’Allemagne, l’Église de scientologie est aussi reconnue comme une religion aux États-Unis, au Portugal et au Venezuela.

« Une machine à imprimer de l’argent »

Chez nous, le ministère fédéral du Revenu canadien ne reconnaît pas à la scientologie le statut de «religion», mais le gouvernement du Québec lui accorde le statut «d’église».

«On va mettre de l’ordre dans nos affaires», promet la sénatrice qui souhaite que soit revu le statut fiscal de l’organisation.

«La scientologie n’est pas une église, ni un organisme à but non lucratif. C’est une machine à imprimer de l’argent qui fait des milliards de dollars. Nos gouvernements sont laxistes à leur endroit», croit Mme Hervieux-Payette.

Considérée comme une église par le fisc, l’Église de scientologie qui peut émettre des reçus de charité ne paie pas de taxes scolaires et municipales sur l’édifice lui appartenant rue Papineau.

«Si on avait fait une analyse rigoureuse de la situation, on n’aurait pas accordé le statut d’église à la scientologie. Voilà une occasion pour le Gouvernement du Québec qui cherche de l’argent», conclut la sénatrice libérale.

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