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La Presse abandonnera le papier, confirme Power Corporation

Les six quotidiens régionaux papier de l'entreprise sont aussi menacés

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Photo Archives / Agence QMI

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Pour la première fois, les deux présidents de Power Corporation, André et Paul Desmarais Jr, ont évoqué clairement l'abandon de l'édition papier du journal La Presse, et la disparition pure et simple des journaux régionaux comme Le Soleil de Québec et Le Quotidien de Saguenay.

Lors de l’assemblée annuelle des actionnaires de Power Corporation qui avait lieu jeudi à Montréal, Paul Desmarais, jr a expliqué à un actionnaire qu’à terme, La Presse ne sera plus imprimée. En conférence de presse plus tard, les deux patrons ont précisé leur pensée.

«Ce qu’on a réalisé lors de la dernière année et cette année, c’est qu’il y a une chute énorme des revenus publicitaires qui viennent du national et aussi du détail. Ça augure mal pour la survie des quotidiens, là je parle de l’imprimé», a indiqué André Desmarais qui dit miser sur le numérique et leur nouveau média, La Presse+.

Du même souffle, les deux dirigeants ont précisé que la fin de la version papier n’est pas encore planifiée complètement. «Le marché déterminera quand, et si, on doit complètement (NDLR : garder le papier). Peut-être qu'on pourrait garder le samedi et le mercredi, je n'en ai aucune idée», a-t-il souligné.

Ce qui est sûr, c’est que cet important changement va amener des bouleversements à l’intérieur de l’entreprise qui devra assurément faire des mises à pied.

«C’est une réalité, ce n’est pas à cause de nous. C’est un médium et les gens en veulent moins. C’est évident que si les gens n’en veulent pas et les publicitaires ne sont pas prêts à mettre de la publicité dans les journaux, c’est évident qu’il y aura des mises à pied à faire», a souligné André Desmarais.

Les journaux en région menacés de disparaître?

Les journaux en région comme Le Soleil à Québec subiront aussi des impacts importants. Outre le quotidien de la Capitale, la filiale Gesca détient Le Droit, La Voix de l’Est, La Tribune, Le Nouvelliste et Le Quotidien.

«Que va-t-il arriver à ces quotidiens-là ? Eh bien, ils vont disparaître. Il n’y a pas de question. Il faudra qu’ils aient des discussions sérieuses en espérant trouver une façon d’intégration, peut-être à la tablette»,  a souligné M. Desmarais.

Ce dernier ne ferme pas la porte à la vente de ces journaux régionaux, mais selon lui, l’opération serait difficile.

«Ça serait une possibilité. Mais avec 2008-2009, la crise a frappé les fonds de pension. Donc il y a des déficits énormes dans les fonds de toutes ces entreprises-là. (…) Il y a énormément de déficits. Faudrait que les gens soient prêts à prendre le risque dans l’imprimé, mais aussi avec les fonds de pension», a-t-il dit.

Le salut venant de La Presse+?

Malgré ce sombre portrait, les deux dirigeants fondent de grands espoirs sur La Presse+, leur nouveau média disponible sur tablette. Il s’agit selon eux d’un succès avec un total de 490 382 abonnements.

«C’est un produit nouveau qui a un bon succès. Ça rajeunit notre lectorat, et ça amène un nouveau lectorat. On est confiant que ça va bien marcher. On a 140 000 lecteurs par jour. (…) C’est un autre business qu’on va développer qui améliore la rentabilité de Gesca», a souligné André Desmarais.

Celui-ci a par ailleurs annoncé que La Presse+ va demeurer gratuite. «Car les jeunes ont l’habitude d’avoir des choses gratuites sur Internet. La Presse+ offre tout ça. (…) Je pense qu’aujourd’hui La Presse+ a probablement une plus grande possibilité de survivre que si nous avions pris les façons conventionnelles (comme le) pay wall».

Il croit aussi que d’autres emplois «du futur» risquent de se créer avec ce média.

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