/sports/football
Navigation

La nouvelle vie de J.-P. Darche

L’ancien joueur des Seahawks et des Chiefs a obtenu un diplôme en médecine

La nouvelle vie de J.-P. Darche
Photo capture d'écran
La nouvelle vie de J.-P. Darche
Photo capture d'écran

Coup d'oeil sur cet article

Après une carrière de neuf ans dans la NFL et loin des bancs d’école pendant 11 années, Jean-Philippe Darche a obtenu son diplôme en médecine le 17 mai de l’Université du Kansas.

L’ancien spécialiste des longues remises des Seahawks de Seattle et des Chiefs de Kansas City n’a pas fait les choses à moitié. À 39 ans, il a été l’un des trois finissants de sa cohorte à conserver une moyenne parfaite de quatre pendant ses quatre années d’étude.

«Je suis pas mal content d’avoir conservé une moyenne parfaite, a-t-il exprimé. À mes débuts, je n’aurais pas pensé cela possible, mais j’ai mis pas mal d’efforts. J’en ai passé des heures assis dans mon petit bureau dans le sous-sol.»

«Je suis aussi fier d’avoir eu une longue carrière dans la NFL que d’avoir complété ma médecine, de poursuivre Darche. L’atteinte de la NFL est plus exclusive, mais j’ai ressenti un bon sentiment d’accomplissement en recevant mon diplôme compte tenu de mon cheminement. Quand j’ai commencé dans la LCF, je pensais être parti pour six mois, mais ce fut l’effet boule de neige par la suite.»

Reprendre à zéro

Parce qu’il a quitté l’Université McGill pendant plus de quatre ans sans avoir terminé son cours pour se joindre initialement aux Argonauts de Toronto en 1999 et aux Seahawks l’année suivante, Darche a dû reprendre sa médecine à zéro. Il a même dû refaire son examen d’entrée, obtenant au passage une note qui lui ouvrait les portes des facultés de médecine les plus prestigieuses aux États-Unis. Il devait initialement obtenir son diplôme en 2001.

«J’ai obtenu un meilleur score qu’à mon examen d’entrée à McGill, a-t-il souligné. J’étais tellement nerveux que j’ai étudié sans relâche. Les deux premières semaines n’ont pas été faciles. Je ne retenais rien et je n’arrivais pas à me concentrer. Je me suis questionné si j’étais encore capable d’étudier ou si je n’avais pas reçu trop de coups à la tête pendant ma carrière au football. Après mon examen d’entrée, je lisais un livre après l’autre afin que mon cerveau travaille.»

«Pendant mes études, tout est rentré dans l’ordre, c’était même plus facile qu’à McGill puisque je pouvais me concentrer uniquement sur mes études, d’ajouter l’ancien secondeur des Redmen. Ma femme m’a rendu la tâche facile en s’occupant de tout et j’organisais mon horaire pour être présent aux entraînements de mes deux gars qui jouent au football.»

Médecine familiale

La médecine tenait à cœur au père de trois enfants. «J’aurais pu choisir un travail plus relaxe parce que je n’avais pas de souci financier, a-t-il souligné. J’ai fait ma médecine pour les bonnes raisons. Je vais pratiquer en médecine familiale sportive et je ne ferai pas de super spécialité. J’étais tenté par la chirurgie orthopédique, mais je ne voulais pas faire cinq ans de misère à 80 heures par semaine. Ma priorité est ma famille et de faire quelque chose que j’aime contrairement à d’autres finissants dont le choix est parfois influencé par une dette qui peut atteindre jusqu’à 350 000$ après leurs études.»


 

Un poste avec les Chiefs convoité

 Jean-Philippe Darche espère effectuer un retour avec les Chiefs de Kansas City.

Rassurez-vous, l’ancien spécialiste des longues remises ne tentera pas un retour au jeu à l’aube de la quarantaine, mais il espère faire sa place au sein du personnel médical de l’équipe.

«C’est mon objectif, a-t-il déclaré. Tous les médecins de la ville voudraient travailler avec les Chiefs, mais ils recherchent non pas uniquement des spécialistes, mais aussi des médecins qui comprennent le football. Il y a des nuances à saisir pour déterminer si un joueur est prêt à revenir au jeu avec lesquelles je serai à l’aise.»

Le voisin de Darche est le physiothérapeute en chef des Chiefs. «Je prépare tranquillement mon entrée, a-t-il expliqué. Ce n’est pas un poste à temps plein et je pourrai avoir ma pratique en même temps. Je vais débuter sous peu ma
résidence en médecine familiale qui va durer trois ans et je vais faire de la médecine sportive en même temps.»

Qualité de vie

Avant de reprendre ses études à zéro, Darche et son épouse ont jonglé avec la possibilité de rentrer à Montréal. «J’hésitais entre les universités McGill et Kansas, a-t-il indiqué. La solution facile aurait été de choisir McGill, mais nous avons opté pour la qualité de vie de Kansas City. C’est plus relaxe et le coût de la vie n’est pas élevé. Ce n’est pas fait pour tout le monde parce que certains ont besoin de l’énergie des grandes villes, mais ce n’est pas mon cas. Montréal demeure encore notre chez-nous et nous avons encore une maison, mais ça va être plus difficile d’y retourner aussi souvent maintenant que j’ai un vrai travail.»

S’il se plaît dans son nouvel environnement, Darche ne voyait pas d’un bon œil au départ son déménagement à Kansas City après avoir été libéré par les Seahawks de Seattle. «Nous sommes arrivés ici à reculons, a-t-il reconnu. On adorait Seattle qui est une ville superbe. À l’époque, je croyais qu’il n’y avait que les cowboys et le country dans le Midwest. Le centre-ville était ordinaire quand je venais ici avec les Seahawks et les environs du stade étaient moyens.»


 

Jean-Philippe Darche prépare la relève

KANSAS CITY  Quatre fois par semaine, Jean-Philippe Darche se retrouve sur une terrain de football où il coache ses deux fils.

«On prépare la relève, lance-t-il avec un large sourire. C’est vraiment une belle expérience. Mes fils Justin (12 ans) et Zacharie (9 ans) adorent le football et ils vont très bien. C’est le fun de pouvoir commencer à la base avec eux. Au début, ils ne savaient pas comment attacher leur casque et ils pensent maintenant qu’ils sont devenus de petits experts de football.»

Les fistons ont débuté le football en deuxième année dans le réseau civil. Ils jouent aussi au baseball, un sport qu’affectionne particulièrement le paternel.

Joueur de hockey pendant son enfance et au début de l’adolescence, Darche souhaitait que ses fils apprennent à patiner et jouent éventuellement au hockey, mais la popularité de notre sport national n’est pas la même à Kansas City.

«Quand nous sommes arrivés à Kansas City, il y avait un aréna près de chez-nous et c’était parfait, a-t-il souligné. Le compresseur pour faire la glace a brisé et ils ont transformé la patinoire en terrains de basketball, jugeant la réparation trop dispendieuse. Le basketball est tellement populaire ici. Les terrains sont toujours pleins. J’ai des amis qui arrivent du Minnesota où leurs enfants jouaient au hockey et qui doivent rouler 45 minutes pour se rendre à l’aréna le plus près de chez-eux.»

Commentaires
Loading