/news/politics
Navigation
Prostiution

Criminaliser les prostituées ou leurs clients revient au même

Criminaliser les prostituées ou leurs clients revient au même
Photo Fotolia

Coup d'oeil sur cet article

VANCOUVER – Criminaliser les prostituées ou leurs clients revient au même, selon une étude publiée mercredi dans le British Medical Journal Open.

La criminalisation des clients mettrait en effet tout autant en danger la santé et la sécurité des travailleuses du sexe les plus marginalisées à Vancouver, en Colombie-Britannique.

Entre janvier et novembre 2013, des chercheurs de l’Initiative sur le genre et la santé sexuelle du BC Centre for Excellence in HIV/AIDS et de l’Université de la Colombie-Britannique ont réalisé des entrevues avec 31 travailleuses du sexe de rue pour voir comment elles négociaient leur sécurité et assuraient leur santé à la suite de la mise en place de la nouvelle politique du département de police de la Ville.

Cette nouvelle politique, suivant le modèle suédois, priorise la sécurité des travailleuses du sexe plutôt que leur arrestation, misant davantage sur l’arrestation de clients.

Selon l’étude, depuis sa mise en place, les arrestations reliées au travail du sexe ont augmenté de 47 en 2012 à 71 en 2013, mais, dans le même temps, il n’y a eu aucune diminution de violence physique ou sexuelle faite aux travailleuses du sexe (24 % de 275 travailleuses du sexe de la rue ont été victimes de violence en 2012, contre 25 % de 236 femmes en 2013).

«Les résultats montrent clairement que la criminalisation des clients au Canada risque de recréer les mêmes abus et effets dévastateurs sur la santé, sécurité et les droits humains de travailleuses du sexe que nous avons vécu durant les deux dernières décennies de femmes disparues et tuées», a commenté la Dre Kate Shannon, auteure de l’étude.

Les travailleuses du sexe consultées ont affirmé que la criminalisation et la répression des clients augmentaient les risques de violence et d’abus et les risques pour la santé, telle que l’infection par le VIH, en raison notamment de leur incapacité d’évaluer les clients potentiels, de négocier les termes d’une transaction, des déplacements vers des endroits isolés, ou encore du non-recours à la protection policière.

Par ailleurs, une analyse juridique de la recherche conclut qu’une loi criminalisant l’achat de services sexuels violerait le droit constitutionnel des travailleuses du sexe à la sécurité de la personne et devrait être invalidée.

Commentaires