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L’UPAC frappe ses supérieurs et un fleuron informatique de Québec

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Après le nettoyage dans le milieu de la construction, voilà que l’Unité permanente anticorruption (UPAC) s’invite dans le domaine de l’informatique en frappant un fleuron de Québec et le gouvernement.

L’UPAC, qui relève du ministère de la Sécurité publique, a d’abord, ironiquement, perquisitionné chez ses propres patrons, soit dans des locaux d’entreposage d’équipements informatiques rattachés au ministère.

En lien avec l’affaire, la firme informatique EBR a fait l’objet d’une perquisition. L’enquête concerne au moins un contrat du ministère auquel a participé cette firme, a-t-on appris.

Le plus important contrat impliquant le ministère et EBR lors des dernières années concerne l’achat, pour 3,6 M$, d’ordinateurs portables en 2011.

La frappe a eu l’effet d’une bombe dans le domaine informatique. La firme EBR est une histoire à succès à Québec en plus d’être un partenaire de confiance important du gouvernement provincial pour ses projets d’informatisation.

Nommée entreprise de l’année en 2014 par la Chambre de commerce de Québec, la firme a reçu du gouvernement provincial près de 130 contrats totalisant plus 17 M$ depuis 2009.

Un dirigeant connu à Québec

Faisant affaire avec des centaines d’organisations au Canada, EBR est aussi connue en raison de l’histoire de son cofondateur et dirigeant, Mohamed El Khayat, considéré comme un grand modèle d’intégration culturelle. Il a lancé l’entreprise avec Denis Blais en 1991 quelques années après son arrivée au Québec.

Souvent dans les médias, le Marocain d’origine a notamment été lauréat du prix Grand Bâtisseur québécois, été président d’honneur de la Fondation Rêve d’enfants et reçu le prix Immigrant du monde de la Chambre de commerce de Québec. Il a aussi été vice-président du Conseil interculturel de la ville de Québec.

EBR est surtout impliquée dans l’implantation des fameux tableaux blancs interactifs pour les écoles du Québec.

Tableaux blancs interactifs

Pour ce mandat, la firme a remporté, conjointement avec d’autres entreprises, des contrats en 2011 et 2013 pouvant atteindre 120 millions de dollars.

EBR est le principal partenaire et revendeur au Québec du fabricant de tableaux blancs interactifs (TBI) Smart Technologies, «avec 84 % des parts de marché de vente», peut-on lire sur le site internet d’EBR.

En 2012, ces tableaux ont fait couler beaucoup d’encre quand le gouvernement Charest a choisi les TBI de Smart Technologies pour ses écoles. L’ancien conseiller politique de Jean Charest et Nathalie Normandeau, Martin Daraîche, était alors lobbyiste pour ce fabricant. Québec avait nié tout favoritisme.

EBR s’est limité à mentionner que l’entreprise avait collaboré avec l’UPAC.

Fait inusité, les codirigeants d’EBR, Denis Blais et Mohamed El Khayat, étaient inscrits au registre des lobbyistes de décembre en avril dernier. Ceux qui ont été visités hier par l’Unité anticorruption voulaient, par ce lobbying, aider le gouvernement et le Commissaire à la lutte contre la corruption pour la détection de fraude.

 

Avec la collaboration de Jean-Louis Fortin

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