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Équilibre budgétaire

L’école privée fait-elle partie de la solution?

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Photo Archives / Agence QMI Le ministre des Finances, Carlos Leitao, et le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, lors du dépôt du budget 2014-2015 du gouvernement du Québec.

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Les écoles privées subventionnées estiment que le gouvernement Couillard a tort de couper leurs subventions pour favoriser le rétablissement de l’équilibre budgétaire et estiment que Québec devrait plutôt maintenir son soutien financier puisque les élèves du privé coûtent moins cher aux contribuables que ceux du public.

Les crédits budgétaires alloués aux écoles privées ont chuté de 14 millions $ pour l’année scolaire 2014-15. Québec a décrété dans le premier budget Leitao que les crédits passeraient de 480 millions $ à 465,7 millions $ pour la prochaine année scolaire.

«À chaque fois qu’un élève quitte le réseau privé pour le secteur public, le trésor public doit assumer 100 % de la facture», a dit Jean-Marc St-Jacques, président de la Fédération des établissements d’enseignement privé (FEEP) et directeur général du Collège Bourget.

M. St-Jacques a précisé que les compressions de l’État fragilisent plusieurs écoles privées. Depuis cinq ans, elles ont encaissé un manque à gagner annuel de 524 $ par élève en raison des compressions successives.

En 2011-12, Québec versait une subvention de 4322 $ pour chaque élève qui fréquentait une école privée subventionnée, soit 47 % de la facture totale de 9228 $. Pour les écoliers du primaire privé subventionné, la part de l’État atteignait 3361 $, soit 38 % de la note qui se chiffrait à 8900 $. Dans les écoles publiques, la note se chiffrait annuellement à 11 404 $ par élève en 2009-10.

Comme les subventions diminuent plutôt que d’être indexées en fonction de la hausse du coût du service, les établissements scolaires privés sont contraints de refiler la hausse aux parents des élèves. Résultats : la clientèle est en décroissance dans plusieurs écoles privées. Un sondage mené par la FEEP indique en plus que 90 % des écoles privées n’ont plus de liste d’attente.

«La capacité de payer de plusieurs parents est limitée. Les ménages de la classe moyenne doivent composer avec les hausses des tarifs d’électricité, du prix de l’essence et de l’épicerie», a dit Jean-Marc St-Jacques.

Des écoles ferment chaque année

Au moins 16 écoles privées ont fermé leurs portes au cours des cinq dernières années dans différentes régions de la province. La donnée inclut le Collège Coopératif l’Horizon et le Juvénat St-Louis Marie, qui vont disparaître à la fin de l’année scolaire, dans le Centre-du-Québec.

Si Québec continue à couper dans les fonds alloués aux écoles privées, la FEEP est convaincue que d’autres établissements vont fermer, particulièrement en région où les revenus sont moins élevés. Surtout que le gouvernement entend également couper 20 millions $ dans les subventions qu’il verse aux écoles privées pour financer le transport scolaire, ce qui pourrait hausser la note des parents de plusieurs centaines de dollars.

«Plusieurs écoles ont commencé à reporter des projets et certaines envisagent de couper dans des services», a dit M. Saint-Jacques. Il a précisé que, contrairement au réseau public, les écoles privées doivent entretenir leurs bâtiments, souvent patrimoniaux, et payer les services aux élèves, comme l’embauche d’un orthopédagogue, de leur poche.

Il n’a pas été possible d’obtenir des commentaires du ministère de l’Éducation du Loisir et du sport.

Moratoire sur les subventions

La croissance démographique observée dans certaines municipalités, en particulier dans la couronne nord de Montréal et sur la Rive-Sud, a entraîné l’ouverture de nouvelles écoles privées depuis quelques années.

Des écoles se sont installées dans des secteurs où l’offre privée et parfois publique n’était pas suffisante. Les parents qui envoient leurs enfants dans ces établissements doivent cependant assumer 100 % de la facture, car Québec ne verse plus de subventions aux nouvelles écoles.

Les frais de scolarité déboursés dans ces établissements peuvent donc atteindre plus de 9000 $ par an. «Avant, le ministère inspectait les écoles après quelques années et il accordait une subvention. Mais ça fait plusieurs années que Québec ne verse plus de nouvelles subventions même si l’école respecte les normes», a déploré Jean-Marc St-Jacques, président de la FEEP.

Le directeur général du Collège Charles-Lemoyne, David Bowles, connaît bien la problématique. Il pilote actuellement la construction d’une école primaire, l’Académie internationale Charles-Lemoyne, qui sera située aux limites de Longueuil et Saint-Lambert.

L’établissement qui accueillera de 150 à 200 écoliers, à compter de l’automne 2015, ne sera pas subventionné. «Si nous avions la subvention, on pourrait attirer encore plus de monde, car il y a de la demande pour le primaire privé et qu’il manque de places dans le réseau public», a exprimé le dirigeant.

La FEEP comprend les contraintes financières de l’État. Mais elle aimerait minimalement que les subventions que recevaient les écoles qui ferment soient attribuées aux établissements non subventionnés.

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