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L'agrile du frêne (1)

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On apprend que la ville de Montréal voudrait traiter, au coût de 1,9 millions de dollars, 6000 frênes afin de les protéger des dommages causés par l'agrile, son ravageur associé. Elle utiliserait pour arriver à ses fins, un pesticide systémique1 injecté sous l'écorce.

Tout le dossier de l'agrile du frêne est, pour un tenant de l'agroécologie comme moi, du bonbon. Il incarne à la perfection les dérives de l'intervention humaine dans les écosystèmes, résultant d'une mauvaise lecture de ce qui se joue ici.Premièrement l'insecte: l'agrile du frêne. Comme son nom l'indique, il est un ravageur naturel de cet arbre, c'est à dire qu'il lui sert d'hôte pour son développement. Originaire d'Asie, il a été détecté au Canada et aux États-Unis pour la première fois en 2002. agrile_du_frene

En terme d'entomologie on comprend que l'insecte n'a pas de ravageur naturel ici, contrairement à l'Asie d'où il provient. Il arrive donc sur notre continent nord-américain et l'écosystème ne l'a pas encore repéré. C'est ce premier facteur qui lui permet de faire autant de dommage. Il n'entre pas dans l'assiette d'aucun autre insecte, oiseau ou bactérie.

Dans la littérature, on parle d'environ 15 à 20 ans avant qu'un nouvel arrivant soit repéré dans un écosystème et plus longtemps encore avant qu'il soit intégré dans une chaîne alimentaire. Ce qui en fait nous donne déjà les résultats futurs. L'agrile du frêne ne sera plus un problème dans X nombre d'années, une fois qu'il fera partie de nos écosystèmes.

Vous rappelez-vous de tous les insectes, plantes, oiseaux et autres éléments de la nature, pointés du doigt à une certaine époque et accusés d'être envahissants, destructeurs et quasi dangereux? Aujourd'hui, moineau domestique, perce-oreille et salicaire pourpre ne font plus les manchettes.

Ils furent des immigrants, arrivés par accident, qui ont causés des dommages, pour ensuite s'équilibrer dans les écosystèmes. Entre vous et moi, qui se sent protégé de voir Santé-Canada recommander contre le «dangereux» perce-oreille d'utiliser du diazinon et/ou du malathion, deux pesticides très toxiques et bannis dans de nombreux pays?

Les modes d'interventions

Encore une fois, c'est avec un langage militaire et de propagande qu'on nous parle de l'agrile du frêne. Cette fois-ci, c'est l'Agence Canadienne d'Inspection des Aliments (ACIA) qui conduit l'orchestre.  On nous parle de zone réglementée , on suit l'agrile a la trace, et on nous dit de ne pas déplacer notre bois de chauffage et de le brûler localement car «La présence de ravageurs dans votre bois de chauffage peut détruire nos forets.» Orwell n'aurait pas fait mieux.

Je tiens tout de suite à rassurer l'ACIA et lui éviter de dépenser de l'argent pour rien, l'agrile du frêne va s'étendre partout en Amérique du nord et on appelle ça...la nature.

Comprenez moi bien, les dommages de l'agrile du frêne sont bien réels, mais sa présence et ses dommages nous renvoient aux cycles naturels et à une approche écosystémique.

(suite dans le prochain blogue)

1- insecticide qui pénètre dans les tissus de la plante et est véhiculé par la sève

1 commentaire(s)

Patrice Gouné dit :
16 juin 2014 à 23 h 27 min

Je te donne raison sur un point la précarité de la stratégie de lutte qui ne repose sur aucun indicateur mesurable objectif clair. On copie ce qui se fait ailleurs sans aucune évaluation du contexte local. Par contre dire que dire que l'agrile va s'étendre sur tout le continent signifie que tout les frênes vont périr ce qui n'est pas exact. Car il y a des solutions pour finalement vivre avec l'agrile du frêne sans utiliser la méthode militaire et sans laisser exploser les dépenses. La ville de Winnipeg compte 160 000 ormes d'Amérique et plus près de nous la ville de Québec plus de 21000 cela ne veut pas dire que les scolytes est rentré dans un cycle naturel. Il faut agir sur la constitution des foyers d'infestation et la avec la méthode militaire bien coordonnée. Ne perdez rien à visiter le site internet suivant iaersolutions.com et vous verrez qu'il y a des entreprises qui sont du côté de la solution économique, écologique et responsable.