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Au Québec

Le verre jeté à la poubelle plutôt que recyclé

Les centres de tri du Québec débordent depuis la fermeture en 2013 d’une grosse usine de recyclage

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Les deux tiers du verre que l’on lave consciencieusement pour le mettre dans le bac de récupération n’est pas recyclé, mais envoyé à la poubelle comme un vulgaire déchet.

Les deux tiers du verre que l’on lave consciencieusement pour le mettre dans le bac de récupération n’est pas recyclé, mais envoyé à la poubelle comme un vulgaire déchet.

Seulement le tiers des bouteilles, bocaux et autres contenants en verre provenant de la collecte sélective se voient offrir une seconde vie, d’après les plus récentes données de Recyc-Québec obtenues par Le Journal. Le reste finit sur les sites d’enfouissement où on s’en sert pour recouvrir les chemins et les montagnes de déchets.

«C’est absurde», s’indigne Karel Ménard, président du Front commun québécois pour la gestion écologique des déchets (FCQGED), qui rappelle que «ça prend énormément d’énergie pour faire du verre». Il souligne qu’en comparaison, en Ontario, près de 100% du verre récupéré est recyclé.

Usine fermée

Mais au Québec, «les centres de tri débordent, parce qu’on ne sait plus quoi faire du verre», s’inquiétait Johnny Izzi, représentant du Regroupement des centres de tri et recycleurs du Québec, il y a un an déjà.

C’est que l’usine qui traitait 70% du verre des centres de tri municipaux, Klareco, a fermé en avril 2013. 15 mois plus tard, aucune autre société n’a pris le relais de celle de Longueuil.

«Je voudrais que ça puisse aller plus vite, mais comme on parle d’investissements majeurs, ça prend du temps», justifie Maryse Vermette, PDG d’Éco Entreprises Québec, l’organisme qui gère le financement des services municipaux de collecte sélective. Elle souligne qu’en mai 2013, 23% du verre récupéré était recyclé, donc, en faisant passer la barre à 35% cette année, on s’améliore.

Consigne

Cette progression ne rassure toutefois pas M. Ménard, car, selon lui, le Québec continue d’accumuler du verre dont le marché ne veut pas: du verre brisé mélangé à d’autres matières dans un amas de détritus intraitable.

Pour résoudre ce problème, «il faut cesser de placer le verre dans le bac», insiste M. Ménard, qui prône l’instauration d’une consigne. Ce système, que privilégient tous les provinces et territoires, sauf le Québec et le Manitoba, assure que le verre ne soit pas contaminé par d’autres matières, selon lui.

Pour la première fois, Recyc-Québec évalue sérieusement cette option, indique Louis Gagné, agent de recherche et de planification pour la société. Confiée à des chercheurs de l’Université Laval, l’analyse, attendue pour le début 2015, porte non seulement sur les aspects environnementaux, mais aussi économiques et sociaux de la consigne.

Mais Mme Vermette balaie d’ores et déjà la consigne d’un revers de la main, assurant que le problème de la contamination du verre est sur le point d’être réglé. Une des solutions, explique-t-elle, est l’installation dans les centres de tri de tamis rotatifs géants capables de trier les tessons de verre du reste.

«On a trouvé la solution, maintenant il faut que les centres de tri s’équipent et on est prêt à investir pour ça», assure-t-elle, sans être en mesure d’indiquer combien coûtera ce nouveau système.

 

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