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Piscine publique

Une sauveteuse et une mère se chamaillent

L’altercation alimente la discussion sur le port du haut de bikini en bas âge

piscine outremont
Photo Journal de Montréal Les sauveteurs de la pataugeoire à la piscine John-F Kennedy d’Outremont ont voulu expulsé une fillette qui ne portait pas de haut de bikini. Prise dans l’altercation entre sa mère et une des sauveteuses, la jeune fille de 3 ans a été blessée à la tête en tombant sur le béton.

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Une altercation entre une maman et une sauveteuse, dans une piscine publique d’Outremont, est venue lancer un débat concernant le port de haut de bikini en bas âge.

«Si un règlement obligeant les petites filles à porter un haut de bikini existe, il est complètement sexiste. À cet âge-là, elle n’a pas à en mettre, ce n’est pas pire qu’un petit garçon», s’insurge Véronique Shapiro, la mère de la petite fille de 3 ans qui ne portait qu’une culotte à la piscine.

La femme de 44 ans a refusé d’accéder à la demande des sauveteurs de la piscine John-F Kennedy d’Outremont de mettre un haut de bikini à sa fille.

«On ne nuisait à personne. Il y avait trois enfants dans la pataugeoire, on ne mettait pas leur vie en danger», soutient-elle.

Après une discussion animée avec une sauveteuse, la situation a dégénéré entre les deux femmes, tournant à l’altercation physique.

Les versions diffèrent quant au déroulement de la prise de bec, mais quoi qu’il en soit, la petite fille de Mme Shapiro a chuté la tête première sur le béton. Elle a été transportée à l’hôpital, mais ne conservera aucune séquelle.

Hypersexualisation

L’histoire a grandement alimenté la discussion. Certains estiment qu’il est tout à fait normal de laisser une jeune enfant se baigner sans son haut de maillot, puisque la différence entre un garçon et une fille est très peu marquée en bas âge.

«L'hypersexualisation des filles a causé ce faux débat. On les voit maintenant comme des petites femmes, alors que ce ne sont que des enfants», affirme Chantale Poulin, ancienne enseignante en technique d'éducation à l'enfance.

«C’est une réaction exagérée. Le problème vient du pédophile et non de l’enfant. C’est comme lorsqu’on dit qu’une femme s’est fait violer parce qu’elle portait une jupe courte. La faute est sur la mauvaise personne», ajoute Marie-Emily St-Pierre, travailleuse sociale.

Mais un sexologue soutient qu’il peut y avoir des conséquences insoupçonnées. Les pédophiles seraient plus attirés par les fillettes qui n’ont qu’une ­culotte. (voir autre texte).

Choix des parents

Du côté de la Ville, on mentionne qu’aucun règlement formel n’existe sur le port ou non du haut de bikini chez les jeunes enfants. Il en revient aux parents de décider pour leurs enfants.

«La consigne sera dorénavant qu’il revient aux parents de prendre la décision de faire porter ou non un haut de bikini, et pas aux responsables de la piscine», a indiqué la mairesse, Marie Cinq-Mars.

Une enquête interne a d’ailleurs été commandée pour faire la lumière sur cette ­affaire.

Une enquête est également ouverte au SPVM. Les policiers établissent actuellement la chronologie des événements en rencontrant les témoins et les parties impliquées afin d’évaluer si des accusations pourront être déposées.

- Avec la collaboration d'Hélène Bérubé
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