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Pour la gratuité scolaire à l’université

Vous vous en doutiez bien, je n’ai pas vraiment changé mon fusil d’épaule

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C’est aujourd’hui que je fais mon coming out: je suis en faveur de la gratuité scolaire à l’université. Êtes-vous surpris de cette révélation de la part d’un économiste de l’IEDM? Non, je ne suis pas devenu le sosie intellectuel de Gabriel Nadeau-Dubois. Je pense toutefois qu’il a raison à 21 %.

C’est aujourd’hui que je fais mon coming out: je suis en faveur de la gratuité scolaire à l’université. Êtes-vous surpris de cette révélation de la part d’un économiste de l’IEDM? Non, je ne suis pas devenu le sosie intellectuel de Gabriel Nadeau-Dubois. Je pense toutefois qu’il a raison à 21 %.

Voyez-vous, comme n’importe quel carré rouge (en fait, comme tout le monde fort probablement), je pense que si un jeune Québécois brillant et talentueux n’allait pas à l’université parce qu’il n’en a pas les moyens financiers, ce serait tragique. Heureusement, le gouvernement du Québec a mis sur pied un programme de prêts et de bourses pour aider les jeunes les moins nantis.

Autrement dit, pour plusieurs étudiants universitaires, on leur demande des droits de scolarité, mais ils reçoivent aussi des bourses autant sinon plus élevées et qu’ils n’auront jamais à rembourser. Dans les faits, ils jouissent donc de la gratuité scolaire. Selon les dernières statistiques de l’Aide financière aux études, c’est le cas pour 21 % des étudiants universitaires.

Et c’est très bien ainsi! On parle ici des étudiants qui proviennent de milieux moins favorisés et dont les parents disposent de peu de moyens.

D’autres étudiants reçoivent une aide financière sous forme de prêts, ce qui signifie qu’ils paieront leurs droits de scolarité, certes, mais plus tard uniquement, lorsqu’ils auront de meilleurs revenus. Disons que c’est une gratuité scolaire temporaire. C’est le cas pour 16 % des étudiants.

La connaissance n’a pas de prix

Ce n’est pas tout le monde qui profite de la gratuité à l’université. Ceux qui en bénéficient sont ceux pour qui les droits de scolarité seraient un frein autrement. Voilà qui me semble juste. Étendre la gratuité scolaire à tous revient à donner cette gratuité aux mieux nantis.

Pendant ce temps, certains ne se rendent même pas aux portes de l’université parce qu’ils décrochent, au secondaire ou au collégial. La gratuité ne les aidera pas, eux.

Le raisonnement des tenants de la gratuité à l’université n’est pas aussi concret. C’est le principe de la gratuité qui leur semble beau. Ils disent: «on ne peut pas vendre la connaissance»! Bon point.

Sauf que la connaissance, les savoirs, ils sont déjà gratuits: dans les bibliothèques, sur Internet, dans les cours en ligne bien souvent gratuits. L’université, ce n’est pas un accès au savoir, mais bien un parcours académique encadré, où l’étudiant est évalué et où son succès est reconnu par un diplôme. Ça coûte quelque chose et c’est normal d’en payer une partie si on en a les moyens.

Des nuances

Vous vous en doutiez bien, je n’ai pas vraiment changé mon fusil d’épaule. Toutefois, le débat sur les droits de scolarité comporte des nuances trop souvent oubliées qu’il est bon, parfois, de ramener à l’avant-scène. Et bien que ce ne soit plus à la mode de discuter des droits de scolarité depuis deux ans, pendant ce temps, les universités québécoises sont toujours sous-financées...

 

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