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Pesticides

Possible recours collectif des apiculteurs

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Les apiculteurs québécois n’ont plus confiance en Ottawa pour sauver les abeilles et envisagent d’intenter un recours collectif contre les fabricants de pesticides accusés de décimer les colonies.

Les apiculteurs québécois n’ont plus confiance en Ottawa pour sauver les abeilles et envisagent d’intenter un recours collectif contre les fabricants de pesticides accusés de décimer les colonies.

«On n’attend plus grand-chose des pouvoirs publics pour obtenir la protection des abeilles et de l’environnement», indique Jean-Pierre Chapleau, porte-parole de la Fédération des apiculteurs du Québec.

En se tournant vers les tribunaux, les apiculteurs d’ici imiteraient leurs confrères de l’Ontario qui ont intenté, il y a quelques jours, un recours collectif de plus de 400 M$ contre deux fabricants de pesticides: Syngenta et Bayer CropScience.

Ces géants de l’agrochimie distribuent des pesticides systémiques, les néonicotinoïdes, qui ont la particularité d’enrober les semences. Ils se répandent dans la plante et dans son environnement tout au long de sa vie.

Depuis l’arrivée de ces substances sur le marché des semences, c’est l’hécatombe chez les abeilles. Au Québec, le taux de mortalité des colonies a doublé depuis 10 ans, selon le ministère de l’Agriculture.

Le MAPAQ veut agir

Devant l’ampleur du phénomène, l’Union européenne a placé ces pesticides sous le coup d’un moratoire. Chez nous, le ministre de l’Agriculture, Pierre Paradis, est lui aussi décidé à prendre le taureau par les cornes, indique son cabinet. Il s’apprête à lancer une campagne de sensibilisation auprès des agriculteurs et rencontrera sous peu son homologue de l’Ontario qui songe à restreindre l’utilisation des néonicotinoïdes.

Une réglementation provinciale demeurera toutefois limitée tant que l'Agence fédérale de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) autorisera les pesticides systémiques. Cette agence de Santé Canada, qui a fait la manchette ces derniers jours pour avoir interdit la citronnelle, a délivré une homologation temporaire aux néonicotinoïdes en 2004. Depuis, elle attend que les fabricants lui fournissent l’ensemble des tests toxicologiques démontrant leur innocuité.

Mais depuis 10 ans, «le fardeau de preuve contre eux s’accumule», indique M. Chapleau. Censés tuer les insectes ravageurs, ces pesticides empoisonneraient en effet l’ensemble de l’environnement.

En juin, 40 scientifiques de renommée internationale tiraient en effet la sonnette d’alarme: les néonicotinoïdes menacent l'ensemble de la biodiversité et, ultimement, la santé humaine, prévenaient-ils, après avoir compilé pas moins de 800 études scientifiques.

 

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