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20 M$ pour les élections les plus boudées au Québec

Élections scolaires
Photo d’archives Plusieurs commissions scolaires réclament l’aide du gouvernement pour payer le prochain scrutin, qui attirera bien peu d’électeurs.

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Au moment où les coupes en éducation ne cessent de faire les manchettes, la tenue des prochaines élections scolaires devrait coûter pas moins de 20 M$ le 2 novembre.

Au moment où les coupes en éducation ne cessent de faire les manchettes, la tenue des prochaines élections scolaires devrait coûter pas moins de 20 M$ le 2 novembre.

Compte tenu du taux de participation anémique de 7 % et du contexte de compression fortement décrié, une telle facture en amène certains à réclamer plus que jamais de profonds changements.

D’autant plus que les élections les plus boudées au Québec coûteront probablement plus du double des 9,3 M$ déboursés lors du précédent scrutin, prévoit le ­ministère de l’Éducation.

« Non, ce n’est pas cher ! »

Outre l’inflation, cette explosion des coûts serait attribuable à l’instauration du suffrage universel pour le choix des présidents des commissions scolaires. Auparavant, le président était désigné parmi les commissaires élus.

«C’est le prix de la démocratie et non, ce n’est pas cher! Ça fait sept ans qu’on n’a pas eu d’élections scolaires et il faut des gens pour veiller au grain», plaide Josée Bouchard, présidente de la Fédération de Commissions scolaires du Québec.

En 2011, la ministre de l’Éducation, Marie Malavoy, a reporté les élections scolaires. La tenue du dernier scrutin remonte donc à 2007. À l’époque, seulement 7 % des gens avaient voté et 68 % des commissaires avaient été élus par acclamation.

Depuis 1845

«À 7 %, c’est à peu près les proches et la famille qui votent. On ne peut pas parler de démocratie ni de légitimité», tranche Jean Bernatchez, professeur en administration et politique scolaires à l’Université du Québec à Rimouski.

«On ne connaît pas les futurs commissaires ni leurs motivations, leurs valeurs ou leurs intérêts. Encore beaucoup d’entre eux ramassent le chèque et n’ont qu’à se présenter une fois par mois aux réunions des commissaires sans trop s’y intéresser», déplore le professeur.

Pour lui, le principe des commissions scolaires et des élus qui date de 1845 est à revoir.

«Ce n’est pas la faute des commissions scolaires si les gens ne votent pas, rétorque Josée Bouchard. Le taux de participation passe par la valorisation des élus scolaires et la publicité. Cette année, le Ministère dépensera seulement 35 000 $ en publicité pour encourager le vote.»

Pas les moyens

Une facture de 20 M$ pour des élections à l’ère des compressions, c’est de l’argent que plusieurs commissions scolaires affirment ne pas avoir. Elles demandent ainsi au Ministère de payer la note.

«Le ministre a refusé d’aider les commissions scolaires, mais nous ne lâcherons pas le morceau, nous reviendrons à la charge», promet Mme Bouchard.

À la Commission scolaire de Montréal (CSDM), on évalue le coût du scrutin à 2 M$. Avec un déficit anticipé de 29,4 M$ cette année et des compressions d’environ 13 M$, le plus important réseau d’écoles publiques au Québec n’arrive tout simplement pas à se payer une ­élection scolaire.

«Le 23 avril dernier, nous avons demandé au ministre Bolduc de nous octroyer un budget, mais à ce jour, nous n’avons eu aucune réponse de sa part», rapporte Christine Mitton, conseillère stratégique au bureau de la présidence de la CSDM.

 

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