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Récits de voyage

Belles rencontres en Namibie

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Durant de longues heures, nous avons traversé des paysages désertiques de la Namibie en roulant sur des chemins cahoteux. Nos 46 jours à parcourir ce pays furent éprouvants, mais c’est surtout un sentiment de liberté qui nous reste maintenant à l’esprit. Nous avions parfois l’impression d’être parmi les derniers humains de la Terre...

Une des premières rencontres en Namibie a été Rudolf, le gars de la compagnie de location pour notre véhicule 4x4 qui nous en a expliqué le fonctionnement. Lorsque je tentais de fermer la petite porte pour l’essence à mini-coups de poing, Rudolf riait tellement qu’il n’arrivait plus à parler.

Quand j’ai voulu le questionner au sujet du paludisme et des moustiques, il m’a regardé avec un grand sourire: «Oh! You’re afraid of mosquitos?» En Namibie, les gens sont joyeux et même s’ils se moquaient un peu de moi, ça faisait du bien.

Mais question nourriture, ce n’était pas évident. Peu de restaurants en dehors des grandes villes, il fallait donc faire griller soi-même sa nourriture sur des feux de camp. Dans les épiceries aux néons éteints et aux étagères couvertes de poussière, nous pouvions choisir dans les jours plus difficiles entre un énorme sac de sucre, quelques légumes défraîchis, une carcasse congelée de vache ou des sacs contenant des cous de poulet. En ce qui concerne les guichets automatiques, ils étaient souvent hors d’usage.

Tribus

Des conditions pas faciles, mais c’était un bien petit compromis à faire pour aller à la rencontre de la tribu des San. Les San sont de petite taille et parlent en faisant des clics avec la langue. Mon fils et moi avons joué au soccer avec de jeunes enfants. Les gamins bottaient le ballon à pied nu et ils ne pleuraient jamais, même lorsqu’ils tombaient à plat sur le visage.

Les gens du village nous ont demandé comment c’était au Canada et comment nous faisions pour nous déplacer en voiture avec toute notre neige. Il y avait souvent entre eux des regards de connivence suivis d’une franche rigolade.

Plusieurs jours après cette rencontre, nous nous sommes retrouvés en compagnie de la tribu des Himbas. Plutôt que de se laver, les femmes s’enduisent sur tout le corps d’une mixture de graisse et de terre rouge. À l’intérieur de la hutte, nous étions emboucanés par la pipe de la chef du village. Je faisais bien attention de ne pas m’accoter la tête sur les murs, sachant qu’ils étaient composés de bouse de vache séchée.

Tout le monde a sa maison faite de caca séché, même leur poule. Pour que les chiens ne puissent pas manger les œufs, les Himbas lui ont confectionné une petite hutte juste pour elle.

Himbas signifie «mendiants», mais ça ne les empêche aucunement de nous expliquer avec fierté leurs traditions.

Différence

L’objectif de notre voyage était de découvrir d’autres façons de vivre, des gens différents de nous. Mais ça nous paraît moins évident de s’ouvrir à d’autres cultures en voyant sur le sol des bébés nus couverts de mouches marchant à quatre pattes parmi les déchets.

Il est difficile de faire de vraies rencontres à cause de barrière de la langue et du peu de temps que nous restions à chaque endroit. Mais au moins, dans nos déplacements sur la route, un grand nombre de gens nous envoyaient la main en souriant.

J’ai encore en tête l’image d’un Namibien complètement nu, debout sur le toit de sa maison et qui nous saluait le bras bien tendu en l’air. Bien entendu, plusieurs le font dans l’intention que nous nous arrêtions afin de nous vendre des marchandises comme des colliers.

Pour ce qui était des salutations, Annie et Zachary étaient plus habiles que moi. Peut-être que je leur faisais peur avec mon trop grand enthousiasme. Il faut savoir doser et avoir l’air un peu désabusé. Je te salue, mais, en même temps, j’ai une vie à vivre.


Notre prochaine aventure, dans l’édition du 1er novembre, vous fera part d’une rencontre bien mémorable avec quelques babouins gourmands en Tanzanie.

 

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