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Les vins

Question d’étiquette

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Pas besoin d’avoir fait de hautes études en marketing pour savoir que pour bien vendre un produit, y compris évidemment le vin, l’emballage est (presque) aussi important que le produit lui-même.
Question d’étiquette
Vin plaisir
pour offrir ou se faire plaisir
Muscat des Papes
Muscat de Beaumes
de Venise,
15%, France
Type : vin doux naturel
Code : 00093237
Prix : 23,15 $
 
Quand la grisaille d’automne commence à s’installer, j’aime bien lui faire un pied de nez avec un vin qui embaume encore l’été, comme ce muscat-de-beaumes-de-venise. Nez magnifique, éclatant de raisins muscat, sur une bouche qui l’est tout autant; complexe en saveurs (abricot, citron, et tutti frutti…), sucré, mais avec mesure, et surtout d’une grande fraîcheur, avec cette légèreté de l’être qui nous fait aimer la vie, même par temps gris. Sur les fromages bleus, ou une tarte aux petits fruits. Mais ce vin est de toute façon un dessert à lui tout seul.
[ ★★★1/2 | $$1/2 ]
Les vins
Collaboration spéciale
Pas besoin d’avoir fait de hautes études en marketing pour savoir que pour bien vendre un produit, y compris évidemment le vin, l’emballage est (presque) aussi important que le produit lui-même.

Non, je ne veux même pas parler ici de ceux qu’on appelle peu flatteusement les «buveurs d’étiquettes», c’est-à-dire ces personnes qui n’achètent, ou ne trouvent automatiquement bons, que les grands vins rares ou prestigieux, dont les étiquettes, justement, sont (en principe, en tout cas) garante de la qualité du contenu et en authentifient la renommée.

Non, je parle plus simplement de l’habillage des bouteilles de vin, de l’attirance qu’exercent sur le consommateur le design, le style, la beauté, l’originalité d’une étiquette.

Personne n’y échappe. Même les amateurs avertis. Normal. Encore qu’avec le temps, on apprend à se méfier des étiquettes trop clinquantes, trop bling-bling pour reprendre un mot à la mode, la qualité du contenu dans ce cas étant souvent inversement proportionnelle au contenant.

Mais pas toujours, justement. En fait, il n’y a pas de règles qui tiennent pour juger de l’étiquetage et de son rapport avec la qualité du produit.

Quand vient le temps de choisir une bouteille, certains consommateurs vont privilégier le classicisme, d’autres le design hyper moderne, d’autres la sobriété, d’autres vont préféré celle où les informations sur le vin sont mises en valeur, etc.

Mais, comme je le disais, dans le processus décisionnel, on a tous un point faible.

Et une fois que la raison a procédé à une première sélection quant à l’appellation, le ou les cépages et le millésime, la bouteille que l’amateur finira par acheter sera celle dont l’étiquette l’a fini finalement séduit.

Expérience

Aussi n’ai-je pas été étonné de prendre connaissance l’autre jour sur la toile (enfin, quand même un peu), des résultats d’une petite expérience menée par Antonia Mantonakis du Goodman School of Business de l’Univertié Brock, en Ontario.

En faisant une étude sur le nom des wineries, elle s’est rendu compte qu’entre deux bouteilles qui contenaient exactement le même vin, on a préféré celle dont le nom, en anglais, était plus difficile à prononcer.

L’une des bouteilles portait le nom de Titakis Winery, et l’autre Tselepou Winery.

Les individus des deux groupes à qui on a fait goûter le vin ont trouvé, «de façon significative et constante», que la bouteille de Tselepou Winery était meilleure. Étonnant, non ?

Pourquoi ? On ne sait pas trop. La difficulté (ou pas) de prononcer le nom d’un produit est justement l’un des sujets chauds de l’heure en matière de marketing, commentait Mme Mantonakis.

Dégustation

J’ai ici, pour commencer cette semaine, deux petits bordeaux dont les noms sont faciles à prononcer pour un francophone; j’espère que vous allez les aimer quand même. Je niaise…

Château Lamartine 2011, Côtes de Castillon (17,70 $): à ne pas confondre avec cet autre Château Lamartine qui, lui, est un cahors; celui-ci est un bordeaux, et en plus un bordeaux qu’on ne trouve, hélas, qu’à la SAQ Dépôt. Jeune et fringant, du tonus et du nerf, il a aussi de la poigne avec ses tannins un peu fermes; c’est un petit bordeaux qui donne beaucoup de plaisir à ce prix, surtout si on prend la peine de le passer préalablement en carafe.
Château de Carolle 2011, Graves (21,10 $): note de torréfaction au nez, moyennement corsé en bouche, une bouche au grain fin, des tannins fermes, de la tenue, de la vigueur; lui aussi on prend la peine de le carafer une bonne heure avant de le servir. Disponible dans un grand nombre de succursales, celui-là.
Aska 2012, Bolgheri Rosso, Banfi (26,20 $): nez plutôt fermé dans un premier temps qui s’ouvre à l’aération; d’ailleurs, encore un peu dans sa gangue, le vin est peu démonstratif à l’ouverture de la bouteille; un passage en carafe fait ressortir un boisé fin en attaque; la bouche suit, avec élégance et finesse; bien différent du style extraverti et plus puissant du Bolgheri 2011 Barone Ricasoli (30,25$) dont je vous ai parlé, l’autre jour. Bref, une belle réussite que cet Aska et le prix (parlons un peu marketing) est bien «positionné».
Blancs
Chablis Les Vieilles Vignes de Sainte-Claire 2012, Jean-Marc Brocard (25,20 $): nez très minéral, accentué par cette impression de cailloux mouillés, de pierre à fusil également ; puis cette impression de gras que, personnellement, même au nez, je ne peux m’empêcher d’associer aux huîtres; en bouche la structure acide est bien enrobée par un fruit tendre, bien qu’en finale, on reste avec une impression de vivacité.
Château Lamartine 2011
Côtes de Castillon,
13%, France
Prix : 17,70 $
Code : 11374358
[★★1/2 | $$1/2]
Château de Carolle 2011
Graves,
13%, France
Prix : 21,10 $
Code : 11401547
[ ★★★ | $$1/2 ]
Chablis Les Vieilles Vignes de Sainte-Claire 2012
Jean-Marc Brocard,
12,5%, France
Prix : 25,20 $
Code : 11589658
[ ★★★ | $ $ $ ]
Aska 2012
Bolgheri Rosso, Banfi,
14%, Italie
Prix : 26,20 $
Code : 12108748
[ ★★★ | $$$ ]
correct
★★
bon
★★★
très bon
★★★★
excellent
★★★★★
exceptionnel
Plus d’étoiles que de dollars : vaut largement son prix.
Autant d’étoiles que de dollars : vaut son prix.
Moins d’étoiles que de dollars : le vin est cher.
www.saq.com
514 254-2020
1 866 873-2020

Pas besoin d’avoir fait de hautes études en marketing pour savoir que pour bien vendre un produit, y compris évidemment le vin, l’emballage est (presque) aussi important que le produit lui-même.

Non, je ne veux même pas parler ici de ceux qu’on appelle peu flatteusement les «buveurs d’étiquettes», c’est-à-dire ces personnes qui n’achètent, ou ne trouvent automatiquement bons, que les grands vins rares ou prestigieux, dont les étiquettes, justement, sont (en principe, en tout cas) garante de la qualité du contenu et en authentifient la renommée.

Non, je parle plus simplement de l’habillage des bouteilles de vin, de l’attirance qu’exercent sur le consommateur le design, le style, la beauté, l’originalité d’une étiquette.

Personne n’y échappe. Même les amateurs avertis. Normal. Encore qu’avec le temps, on apprend à se méfier des étiquettes trop clinquantes, trop bling-bling pour reprendre un mot à la mode, la qualité du contenu dans ce cas étant souvent inversement proportionnelle au contenant.

Mais pas toujours, justement. En fait, il n’y a pas de règles qui tiennent pour juger de l’étiquetage et de son rapport avec la qualité du produit.

Quand vient le temps de choisir une bouteille, certains consommateurs vont privilégier le classicisme, d’autres le design hyper moderne, d’autres la sobriété, d’autres vont préféré celle où les informations sur le vin sont mises en valeur, etc.

Mais, comme je le disais, dans le processus décisionnel, on a tous un point faible.

Et une fois que la raison a procédé à une première sélection quant à l’appellation, le ou les cépages et le millésime, la bouteille que l’amateur finira par acheter sera celle dont l’étiquette l’a fini finalement séduit.

Expérience

Aussi n’ai-je pas été étonné de prendre connaissance l’autre jour sur la toile (enfin, quand même un peu), des résultats d’une petite expérience menée par Antonia Mantonakis du Goodman School of Business de l’Univertié Brock, en Ontario.

En faisant une étude sur le nom des wineries, elle s’est rendu compte qu’entre deux bouteilles qui contenaient exactement le même vin, on a préféré celle dont le nom, en anglais, était plus difficile à prononcer.

L’une des bouteilles portait le nom de Titakis Winery, et l’autre Tselepou Winery.

Les individus des deux groupes à qui on a fait goûter le vin ont trouvé, «de façon significative et constante», que la bouteille de Tselepou Winery était meilleure. Étonnant, non ?

Pourquoi ? On ne sait pas trop. La difficulté (ou pas) de prononcer le nom d’un produit est justement l’un des sujets chauds de l’heure en matière de marketing, commentait Mme Mantonakis.

Dégustation

J’ai ici, pour commencer cette semaine, deux petits bordeaux dont les noms sont faciles à prononcer pour un francophone; j’espère que vous allez les aimer quand même. Je niaise…

► Château Lamartine 2011, Côtes de Castillon (17,70 $): à ne pas confondre avec cet autre Château Lamartine qui, lui, est un cahors; celui-ci est un bordeaux, et en plus un bordeaux qu’on ne trouve, hélas, qu’à la SAQ Dépôt. Jeune et fringant, du tonus et du nerf, il a aussi de la poigne avec ses tannins un peu fermes; c’est un petit bordeaux qui donne beaucoup de plaisir à ce prix, surtout si on prend la peine de le passer préalablement en carafe.

► Château de Carolle 2011, Graves (21,10 $): note de torréfaction au nez, moyennement corsé en bouche, une bouche au grain fin, des tannins fermes, de la tenue, de la vigueur; lui aussi on prend la peine de le carafer une bonne heure avant de le servir. Disponible dans un grand nombre de succursales, celui-là.

► Aska 2012, Bolgheri Rosso, Banfi (26,20 $): nez plutôt fermé dans un premier temps qui s’ouvre à l’aération; d’ailleurs, encore un peu dans sa gangue, le vin est peu démonstratif à l’ouverture de la bouteille; un passage en carafe fait ressortir un boisé fin en attaque; la bouche suit, avec élégance et finesse; bien différent du style extraverti et plus puissant du Bolgheri 2011 Barone Ricasoli (30,25$) dont je vous ai parlé, l’autre jour. Bref, une belle réussite que cet Aska et le prix (parlons un peu marketing) est bien «positionné».

Blancs

► Chablis Les Vieilles Vignes de Sainte-Claire 2012, Jean-Marc Brocard (25,20 $): nez très minéral, accentué par cette impression de cailloux mouillés, de pierre à fusil également ; puis cette impression de gras que, personnellement, même au nez, je ne peux m’empêcher d’associer aux huîtres; en bouche la structure acide est bien enrobée par un fruit tendre, bien qu’en finale, on reste avec une impression de vivacité.

 
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