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Silence, on coupe­!

Quebec
Photo d'archives, Stevens LeBlanc Le gouvernement du Québec veut compter ses employés avant d’effectuer des coupes.

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Combien de travailleurs se retrouvent actuellement sur la liste de paie du gouvernement du Québec? Six cent mille? Six cent trente mille? Six cent cinquante mille? Le Conseil du trésor ne le sait même pas lui-même.

Combien de travailleurs se retrouvent actuellement sur la liste de paie du gouvernement du Québec? Six cent mille? Six cent trente mille? Six cent cinquante mille? Le Conseil du trésor ne le sait même pas lui-même.

Ne riez pas, c’est très sérieux. Pour avoir l’heure juste, le gouvernement Couillard a déposé jeudi un projet de loi sur la gestion et le contrôle des effectifs de l’État.

Imaginez, on ne sait même pas combien précisément de gens travaillent dans les ministères, les sociétés d’État, les commissions scolaires, les universités, les cégeps, dans le réseau de l’Université du Québec, à la Caisse de dépôt et à l’Agence du revenu.

Avant d’aller plus loin et de penser à pouvoir sabrer les effectifs qu’il ne connaît même pas avec précision, le gouvernement a aussi ordonné un gel d’embauche dans la fonction publique québécoise. Bon an, mal an, le gouvernement du Québec embaucherait plus de 6200 travailleurs à travers ses différents ministères et organismes.

Des gens partent à la retraite, des petits nouveaux arrivent pour combler les postes libres à temps complet et à temps partiel. La roue tourne, la machine s’engraisse.

Secteurs

On embauche où? À la santé et à l’éducation principalement. En 2012, par exemple, ces secteurs employaient 12 % plus de travailleurs qu’en 2003.

Dans le secteur de la santé, on dénombre aujourd’hui pas moins de 270 000 travailleurs au Québec, soit environ 42 % de tous les salariés du gouvernement.

Ce qui fait dire au Conseil du trésor que le gouvernement du Québec compte potentiellement 640 000 travailleurs sur sa liste de paie. Un nombre approximatif, rappelons-le.

C’est beaucoup de monde également qui a accès à un fonds de retraite. Chemin faisant, le nombre de participants au régime de retraite de la fonction publique a augmenté de 10 % entre 2003 et 2011, passant de 514 000 à 566 000 cotisants.

Des économies?

Juste en gelant les effectifs et en ne comblant pas les départs à la retraite (15 000 par année), le gouvernement espère être capable de réaliser des économies de 500 millions de dollars d’ici 18 mois.

On en convient, 500 millions de dollars, ce n’est pas rien. Mais ce n’est qu’une petite partie des sommes que le gouvernement Couillard devra trouver pour atteindre l’équilibre budgétaire cette année, soit près de 3 milliards de dollars.

Cette semaine, le ministre de l’Économie, Jacques Daoust, a laissé entendre que si rien n’avait été fait pour corriger le tir, le gouvernement Couillard se dirigeait vers un déficit annuel de 5 milliards de dollars.

Les faits sont troublants, mais ils illustrent très bien l’impasse dans laquelle se retrouve actuellement le gouvernement du Québec. Qui est sur la liste de paie et qui gagne combien?

Ce n’est toutefois pas la première fois que des politiciens font ce constat. L’an dernier, le gouvernement du Parti québécois ne savait même pas combien de fonctionnaires pouvaient être affectés par son projet de charte des valeurs.

Promesse

Reste que, pour les libéraux, qui ont été au pouvoir pendant près de 10 ans entre 2003 et 2012, l’exercice paraît très gênant.

Jean Charest promettait d’ailleurs dès son arrivée au pouvoir en 2003 de couper de façon draconienne dans les effectifs de la fonction publique. Que s’est-il passé? C’est tout le contraire qui a été observé.

Après ce gel de l’embauche, assisterons-nous à un gel des salaires des fonctionnaires? N’oublions pas que les conventions collectives des employés de l’État viennent à échéance le 31 mars prochain. La lutte s’annonce déjà corsée.

Après tout, les salaires des employés de l’État représentent d’ailleurs 60 % des dépenses totales du gouvernement du Québec.


Après ce gel de l’embauche, assisterons-nous à un gel des salaires des fonctionnaires? N’oublions pas que les conventions collectives viennent à échéance le 31 mars prochain.

 

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