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Le CH passe à la caisse

C’est le début de la saison du Canadien. Formidable, c’est aussi le début du roulement du grand capital. Autrement dit, ce soir, le «cash» roule dans les coffres du Centre Bell.

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Ma consœur Joanie Godin vous ­offre de belles opportunités d’affaires dans ces pages réservées aux humbles. Ma préférée, c’est la publicité en quatre couleurs sur la patinoire. Ford, Coca-Cola, Best Buy et Coors Light (heureusement!) ont déjà mis la patte sur les emplacements. Avec les ­éléments publicitaires complétant l’achat, ça donne un beau chiffre. Tout rond, tout net: 1 000 000 $.

Ma consœur Joanie Godin vous ­offre de belles opportunités d’affaires dans ces pages réservées aux humbles. Ma préférée, c’est la publicité en quatre couleurs sur la patinoire. Ford, Coca-Cola, Best Buy et Coors Light (heureusement!) ont déjà mis la patte sur les emplacements. Avec les ­éléments publicitaires complétant l’achat, ça donne un beau chiffre. Tout rond, tout net: 1 000 000 $.

Autrement dit, dans le cours d’un match, toutes les fois que vos yeux tombent sur le logo de Ford, vous contribuez à justifier son investissement d’un million. Allez donc savoir, c’est peut-être la pub de Ford au ­Centre Bell qui m’a convaincu ­d’acheter un Ford Edge en 2008?

J’ai toujours pensé que c’était parce que le fondateur du garage concessionnaire était mon vieil ami Jacques Olivier, ancien ministre libéral au fédéral, que je m’étais retrouvé à Saint-Hubert. Et parce que son fils avait fort bien pris la relève. Ou que Carey Price tournait des commerciaux pour le garage.

Formidable support

De toute façon, six ans et 95 000 kilomètres plus tard, le Edge ronronne encore. C’est peut-être un flash du centre de la patinoire du Centre Bell qui me l’a fait acheter. L’homme est ainsi fait que son inconscient le mène par le bout du nez. Surtout quand il s’agit de char.

Le reste des prix est à l’avenant. Même les chiottes coûtent une beurrée. Quand vous allez aux toilettes, vous ne pissez pas, vous regardez de la pub. Ça doit être de cette façon qu’on convainc un annonceur de ­s’afficher devant une pissoire.

Mais personne ne se fait arnaquer. Si Coca-Cola paye un million, c’est parce qu’une agence de publicité a estimé que le jeu en valait la chandelle. Avec des cotes d’écoute de 900 000 téléspectateurs, en direct, avec les reprises, avec les nombreuses photos publiées dans les journaux et les ­magazines, avec les buts et les plus beaux jeux présentés sur à peu près toutes les télés d’Amérique et souvent d’Europe, le Canadien devient un formidable support publicitaire.

Consommateur captif

De plus, le consommateur est captif. On ne peut pas zapper pendant un match comme on peut le faire pendant Le Banquier pour aller jeter un coup d’œil à Dany Turcotte ­s’excusant auprès de Caroline Néron. Quand P.K. Subban relance l’attaque du Canadien dans la zone centrale et qu’il patine sur le Coors Light, c’est bien dommage pour les purs, il y a 900 000 paires d’yeux et quelques borgnes qui voient la pub.

C’est presque inestimable pour un annonceur. Même chose pour le banc du Canadien. Quand la caméra s’attarde sur Michel Therrien réfléchissant à sa prochaine décision, elle balaie au passage Bell ou Expedia. Quelque part, ça fait clic et Geoff facture.

Partenaire de l'équipe

Il y a encore plus que la visibilité. Il y a également le droit de s’associer à une institution légendaire. Bell est identifié au Canadien. Même chose pour Molson. Si Best Buy réussit à le faire aux dépens de Costco, c’est tant mieux pour son investissement.

Pourquoi pensez-vous que RDS claironne si fort qu’elle est la télé officielle du Canadien? Et que le 98,5 se vend comme partenaire officiel du CH?

C’est parce que c’est rentable.

En annonçant pendant la saison régulière, tous ces «partenaires» méritent également le droit d’annoncer et de profiter de la folie printanière des séries éliminatoires. Quand deux millions de fans suivent un match contre les Bruins de Boston, l’argent versé pour s’afficher derrière le banc de l’équipe devient de la petite monnaie tellement le retour sur ­l’investissement est important.

Vous aurez aussi compris que seuls les riches et les gros peuvent profiter des espaces publicitaires du Centre Bell. Même les toilettes coûtent trop cher pour une PME discrète.

Et j’espère surtout que vous êtes conscients que c’est vous qui payez tous ces millions. Ça veut dire que mon Edge m’a coûté quelques ­dizaines de dollars de plus, que votre caisse de 24 Coors Light inclut le prix de la pub au Centre Bell et que votre forfait Bell vous coûte plus cher.

Mais c’est vrai pour Rogers avec les Blue Jays et ce sera vrai pour ­Vidéotron quand les Nordiques ­arriveront enfin à Québec.

Ça s’appelle… la game!

 

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