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FUSILLADE | PARLEMENT

Qui est l'homme qui a abattu le tireur dans le Parlement?

La journée de la fusillade est un moment historique dans sa carrière consacrée à la protection des Canadiens

Vickers
Photo d'archives Simple et discret dans la vie, le sergent d’armes Kevin Vickers porte pour son travail une tenue d’apparat très protocolaire, qui inclut une épée et la fameuse masse qui ouvre et ferme les Chambres. Sa fonction est toutefois loin d’être décorative, puisqu’il est le premier garde du corps du Premier ministre, et l’a prouvé mercredi.

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Le sergent d’armes qui a abattu l’un des tireurs qui s'était introduit dans le Parlement est célébré en héros, mais sa famille n’est pas surprise d’un tel sens du devoir.

Le sergent d’armes qui a abattu l’un des tireurs qui s'était introduit dans le Parlement est célébré en héros, mais sa famille n’est pas surprise d’un tel sens du devoir.

«J’étais sous le choc quand j’ai entendu qu’il était au milieu de tout ça, et notre famille a été très heureuse d’apprendre qu’il allait bien. Mais je ne suis pas du tout surpris de ce qu’il a fait», a témoigné John Vickers, le frère du sergent d’armes Kevin Vickers.

C’est lui qui a abattu l’un des tireurs mercredi au Parlement d’Ottawa.

Le sergent d’armes de 58 ans, à la personnalité discrète mais au physique imposant de 6 pieds 4 pouces, est une figure bien connue de la Chambre des Communes. Difficile de manquer son costume noir et blanc d’une autre époque, son allure massive, son épée d’apparat et la masse dorée qu’il escorte pour l’ouverture et la fermeture des Chambres.

Sang-froid

La vaste expérience en sécurité de ce natif de Miramichi, au Nouveau-Brunswick, en font aussi une figure rassurante à la Colline du Parlement.

Il avait servi pendant pas moins de 29 ans au sein de la GRC lors de sa nomination au poste de sergent d'armes en 2006. Il a été aussi richement décoré pour son travail de diplomate pour faire respecter les différentes communautés, comme les pêcheurs autochtones de Burnt Church (Nouveau-Brunswick) ou les Sikhs.

«Cela doit venir de mes racines à Miramichi. J’ai toujours été élevé en sachant que la dignité des personnes est très importante», avait-il déclaré au Telegraph-Journal en 2006.

Mercredi, l’homme d’expérience a réagi avec sang-froid dans une situation critique, face à l’un des tireurs.

«Nous n’avons pas tous les détails, mais le sergent d’armes est celui qui a affronté le tireur, ou au moins un d’entre eux, pour l’arrêter», a dit le ministre des Anciens Combattants Julian Fantino.

«Il a fait du bon travail, et ce que je comprends, il a touché le tireur qui est mort», a-t-il poursuivi.

Il était impossible de parler à M. Vickers hier. «Même moi je n’y arrive pas. Il est toujours en devoir pour la sécurité du Parlement», a précisé son frère.

Héros

Kevin Vickers a eu droit à un concert de louanges.

«Le Premier ministre et tous ceux qui travaillent à la Colline du Parlement lui doivent leur sécurité, et même leurs vies», a écrit le député NPD Craig Scott.

«Remercions Dieu pour le sergent d'armes Kevin Vickers et nos forces canadiennes de sécurité. Ce sont de vrais héros», a souligné le ministre de la Justice, Peter MacKay.

Il ne faut pas se fier à sa tenue: le sergent d’armes n’est pas là uniquement pour le protocole, mais bien pour assurer la sécurité sur le terrain.

«Historiquement, c’est un policier d’élite. Il escorte la masse et protège le Premier ministre, et est armé depuis au moins 1867. L’épée n’étant plus usuelle, il avait probablement une arme de service», souligne l’historien Éric Michaud.

«Kevin Vickers doit être célébré comme un héros. Ce qui s’est passé est historique», ajoute-t-il.

Sa famille craint-elle des représailles sur Kevin Vickers maintenant que son nom est connu? «Oui un peu. Mais en fin de compte, il a fait ce qu’il devait faire. Sa vie a toujours été tournée vers le service à la communauté», philosophe son frère.

 

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