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DÉPENSES DE CONSOMMATION DES QUÉBÉCOIS

Des transports de plus en plus chers

La baisse du prix à la pompe a peu d’impacts sur le portefeuille des Québécois

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Photo benoit pelosse Rencontrés par Le Journal, Hamid Barça et sa femme Abbou Kenza ont affirmé que le coût de l’essence avait peu d’impacts sur leur choix de voiture, un véhicule utilitaire sport (VUS).

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Même si le coût de l’essence est à la baisse depuis quelques semaines, les Québécois paient quand même plus cher pour le transport que pour leur alimentation, et la tendance se poursuivra au cours des prochaines années.

Les Québécois dépensent en moyenne 1000 $ de plus chaque année pour se déplacer en voiture ou en transport en commun que pour se nourrir, révélait hier une étude du Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec (RNCREQ).

Même si le prix à la pompe a fléchi de 10 à 15 cents le litre depuis la fin de l’été, les coûts associés à la possession d’une voiture sont peu affectés, selon Charles Séguin, un des auteurs de l’étude et professeur en sciences économiques à l’UQAM.

«Une baisse de 1 cent du prix de l’essence représente grosso modo une économie de 15 $ par année. Or, en 2012, les Québécois ont déboursé 8770 $ pour leurs déplacements. Ça représente donc une partie infime de la facture», souligne-t-il. Lorsqu’on évalue les coûts des déplacements, il faut également prendre en compte les assurances, l’immatriculation et la dépréciation du véhicule, rappelle l’expert.

Une série de facteurs

À moins d’une «baisse drastique d’au moins 50 %» du coût de l’essence, ses différentes fluctuations n’allégeront pas le fardeau des contribuables, affirme M. Séguin.

Outre le coût de l’essence, plusieurs autres facteurs contribueront à rendre les transports plus onéreux au cours des prochaines années, soutient également Normand Mousseau, auteur du livre Au bout du pétrole.

«L’entretien du réseau routier, l’étalement de la population en banlieue, le coût des voitures; ce sont tous des éléments à prendre aussi en compte et dont le prix augmente.»

Le pétrole de plus en plus cher

Aussi, la chute actuelle du prix du baril de pétrole ne peut être considérée comme une tendance à long terme, selon M. Mousseau.

«Le prix du pétrole a chuté récemment. Mais il est appelé à fluctuer. Aussi les prix de l’énergie augmenteront puisqu’on inclura de plus en plus dans la facture les coûts environnementaux», dit-il.

L’étude du RNCREQ cite également des projections de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (IEA).

Selon les analyses de l’Agence, le prix du baril de pétrole augmentera sensiblement en raison de la demande provenant des pays émergents ainsi que de l’épuisement des gisements.

L’IEA affirme que le prix du baril pourrait grimper jusqu’à 118 $ en 2020 et même à 180 $ en 2040, alors qu’il s’établissait à 106 $ en 2013.

 
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