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Controverse

La police de Toronto enquête sur Jian Ghomeshi

CBC personality Jian Ghomeshi arrives on the red carpet at the 2014 Canadian Screen awards in Toronto
REUTERS

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TORONTO – La police de Toronto a confirmé vendredi qu'elle avait ouvert une enquête sur Jian Ghomeshi après avoir reçu les plaintes officielles de deux femmes qui affirment avoir été agressées physiquement par l’ex-animateur de CBC.

Plus tôt dans la journée, sur Twitter, l’Ombudsman de l’Ontario, André Marin, avait sommé la Commission des services policiers de Toronto d’intervenir pour que les policiers fassent enquête. «À ce stade-ci, la police de Toronto devrait aller au-devant de toutes les plaignantes», a écrit M. Marin.

Une des plaignantes est l’actrice Lucy DeCoutere, selon le «Toronto Star». Cette dernière avait dit dans une entrevue accordée au quotidien torontois lundi que Jian Ghomeshi l’avait serrée à la gorge jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus respirer et l’avait frappée à la tête à trois reprises.

L’autre victime alléguée souhaite garder l’anonymat, a indiqué le quotidien. Cette femme avait aussi affirmé en entrevue lundi que l’ex-animateur de la très populaire émission «Q» l’avait tirée par les cheveux jusqu’au sol et lui avait asséné trois coups de poing sur la tête alors qu’elle était à terre.

CBC s’explique dans un mémo

CBC a finalement expliqué dans un mémo interne envoyé aux employés, vendredi, les raisons pour lesquelles l’animateur vedette de radio a été congédié dimanche dernier.

Les médias ont obtenu une copie du mémo. On y apprend notamment que c’est Jian Ghomeshi lui-même qui a dit à la direction de CBC, au printemps dernier, que le «Toronto Star» enquêtait sur ses pratiques sexuelles violentes et non consensuelles. L’animateur qui - admet publiquement s’adonner au BDSM (bondage, discipline, domination, soumission, sadomasochisme) - avait alors nié les allégations du journal.

La direction de CBC a questionné Ghomeshi à plusieurs reprises et, au début, elle lui a donné le bénéfice du doute. Mais tout a changé le 23 octobre dernier.

«CBC a vu, pour la première fois, des preuves graphiques que Jian a été impliqué dans des activités qui ont causé des blessures physiques à une autre personne, peut-on lire dans la note interne.

ous avons déterminé que la conduite de Jian était une violation fondamentale des standards d’une conduite acceptable pour tout employé», peut-on lire dans le mémo signé Heather Conway, vice-présidente principale des services anglais de CBC.

Documents incriminants

Selon le «Globe and Mail», durant une réunion qui a eu lieu le jeudi 23 octobre à laquelle prenaient part notamment des dirigeants de la CBC et un avocat de Jian Ghomeshi, des textos, des courriels et photos concernant les rencontres sexuelles de l’animateur ont été présentés à la direction du diffuseur public. Le but était de démontrer que les activités étaient consensuelles. Or, CBC n’aurait pas interprété les documents présentés de la même manière que Jian Ghomeshi et ses avocats.

«Nous avons alors pris des actions immédiates pour le faire sortir du lieu de travail et l’avons congédié le 26 octobre», a ajouté Mme Conway.

Lundi, Jian Ghomeshi a déposé une poursuite de 55 millions $ contre CBC dans la foulée de son congédiement, pour bris du lien de confiance, pour diffamation et pour dommages punitifs.

Neuf femmes l’accusent

Depuis son congédiement et ses aveux publics concernant ses pratiques sexuelles de type BDSM sur Facebook dimanche, neuf femmes ont dit publiquement qu’elles avaient été violentées par M.

Ghomeshi, sans être consentantes, contrairement à ce que l’animateur de 47 ans prétend de son côté. Deux seulement ont consenti à ce que leur nom soit publié, les autres ont refusé de crainte de représailles ou de conséquences négatives sur leur vie ou leur emploi.

Climat de tyrannie

Une productrice de l’émission «Q» qu’animait Jian Ghomeshi à la radio de CBC a affirmé dans une entrevue accordée au «National Post», la femme qu’elle avait dit au producteur exécutif que l’animateur lui avait dit qu’il voulait la «fourrer brutalement» et qu’il lui avait pris les fesses. Le producteur exécutif lui aurait dit qu’il ne servait à rien de confronter M. Ghomeshi concernant son comportement.

«Nous étions toujours très nerveux, et toujours effrayés», a-t-elle relaté. Jian avait créé un environnement de tyrannie. Personne ne le confrontait.»

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