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Récits de voyage

Cuba, la auténtica !

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Afin de vivre et ressentir l’expérience cubaine à son plein potentiel, nous avons décidé, il y a quelque temps, de nous aventurer en dehors des palaces tout inclus. Le but de l’expérience était d’aller à la rencontre des gens, du peuple, à qui pendant longtemps, on a refusé le droit de parole.

Venez écouter ce qu’ils ont à vous dire et découvrir un Cuba différent.

Osez l’aventure !

On nous a raconté que le point culminant de la vibration sociale à Cuba, c’est sa capitale. Mesdames et Messieurs, bienvenue à La Havane.

On s’y était déjà frottés, mais jamais pour bien longtemps. Une journée tout au plus, à faire la file indienne, sans décoller de nos appareils photo et éblouis dans cet amalgame d’architectures sorties d’un siècle ancien.

L’hébergement en casa particular

La première étape de notre grand séjour fut de nous trouver un endroit sympathique, abordable et agréable où dormir. Après quelques recherches, le plus surprenant a été de constater qu’en dehors des blocs de béton formule club, il y a une profusion de ce qu’on appelle les casas particulares.

C’est en fait leur Bed & Breakfast à eux où on loge «chez l’habitant» à prix modique. Tout à fait sécuritaire dû aux fortes contraintes gouvernementales, ces endroits de bonheurs humains viennent accompagnés d’une liberté hors pair. Dès les premiers instants, on s’est sentis comme à la maison, tout en ayant le libre choix de nos escapades journalières. Malgré leur faible infrastructure, le service y est aux petits soins. En discutant avec nos hôtes, nous avons compris la forte valeur, pour eux, de notre argent. En plus de profiter directement aux propriétaires, elle permet de faire vivre en moyenne, près de six à sept personnes, reliés de près ou de loin à nos hôtes.

Entre 15 et 30 $ par nuit, ces moments chez l’habitant ont été notre point de départ pour un séjour tout à fait différent, à saveur locale.

Dans de grandes habitations coloniales tirées d’un temps plus reculé, nous avons dormi confortablement dans une chambre privée en plein cœur de la capitale.

Le matin, avant de nous aventurer dans les entrailles d’un quotidien à la cubaine, un petit déjeuner succulent et surtout très copieux nous a été servi pour environ 4 $ par personne.

De la matinéejusqu’aux soirées endiablées

Une des particularités qui nous a charmés à La Havane a été les manies citadines changeantes selon le mouvement du soleil. Le matin très tôt, de notre balcon, on était aux premières loges du réveil de la cité avec les petits commerces du quartier qui préparaient leur journée.

De la cohue du boucher qui recevait et préparait sa viande, au son de son couteau finement aiguisé, jusqu’aux marchands de légumes qui gueulaient leur inventaire dans les rues désertes, on pouvait confortablement cerner le tempo local qui s’éveillait sous nos yeux.

La Habana Vieja

On a commencé notre première journée d’exploration par La Habana Vieja, le quartier typique où l’on retrouve d’innombrables petits restaurants et lieux historiques. Munis d’une simple carte, sans oublier les indications pour retourner à la maison, on nous avait recommandé de nous perdre un peu. Qu’on devait laisser aller nos envies du moment! Pour nous guider, notre point de repère était la grande rue piétonne du Paseo de Marti à l’est, traversée perpendiculairement par la vibrante rue d’Obipso.

Pour les épicuriens que nous sommes, les gros coups de cœur ont été les trois adresses suivantes. Tout d’abord, on a fait la découverte de La Taberna de la Muralla. Cette taverne est l’endroit idéal pour prendre un verre en terrasse avec les seules vraies bonnes bières de micro-brasserie de l’île. Très sympathique en fin de journée, on a adoré vivre l’heure de l’apéro avec la vue de la place adjacente très animée.

Plus tard dans la semaine, on nous avait conseillé un restaurant espagnol typique où bien manger rime avec rusticité et rythmes cubains. Los Nardos offre une cuisine de qualité, à prix très raisonnable, et une ambiance feutrée offerte par le musicien de l’établissement.

Finalement, par hasard, dû à une averse très soudaine, on est tombé sur la Pasteleria Franscesa sur le boulevard Paseo de Marti. Pour une fringale luxueuse d’après-midi assis, café à la main, sur la terrasse couverte, digne d’un palace européen, donnant sur le Parque Centrale, on n’aurait pas pu trouver mieux.

Également dans la liste des incontournables, à la tombée du jour quand le temps est plus clément, on se devait de se mêler à la masse sur les abords du Maleçon. Ce long boulevard, emblème certain de l’île, qui longe la côte du centre-ville, est le lieu-dit préféré des Cubains. À elle seule, la beauté du coucher de soleil qui frôle les interminables façades en vaut le détour. C’est à couper le souffle! On a pu explorer les diverses animations de rues et surtout prendre le temps de nous arrêter un instant pour profiter de cette ambiance unique. Assis comme tout le monde sur la rambarde, on était émerveillés par les divers spectacles spontanés et petit à petit, on s’est laissé imprégner de rythmes cubains.

Pour terminer en beauté, avec d’autres touristes rencontrés sur place, on a continué l’exploration nocturne dans les quartiers populaires de Centro Habana et Vedado. Notre but premier était de partir à la recherche de la source de la vie cubaine, la salsa. Les filles se sont fait inviter toute la soirée à danser, invitations qu’elles ne pouvaient pas refuser. De notre côté, on s’est bien repris, après quelques mojitos bien épicés, avec toute «l’élégance» de nos mouvements nord-américains à tenter de faire danser «passionnément» nos deux compagnes.

Dans cette cohue musicale, on a retrouvé un peuple à la flamme toujours aussi vibrante et une culture magnifiquement humaine. Un amoncellement de sueurs, de bonheurs, d’odeurs et d’irrégularités qui se sont unis pour nous donner cette impression intangible que tout est possible jusqu’aux petites heures de la nuit. Toute une soirée!

Les arnaques de la ville

Mais comme partout, on a fait connaissance avec des coutumes locales moins agréables. Les Cubains sont passés maîtres dans les arnaques de grand chemin. À notre avis, la double monnaie en est certainement la cause. Il faut savoir qu’un ingénieur gagne ici environ 60 $ par mois. Du coup, un mendiant, qui reçoit seulement 2 $ par jour, à ne rien faire, peut profiter d’un salaire mensuel équivalent. En sachant ça, on comprend mieux leur intention oppressante d’en vouloir à notre porte-feuille.

À vrai dire, on en a vu de toutes les couleurs. Et on s’est même fait embarquer dans des histoires à n’en plus finir. Après avoir dû payer une tournée sur le bras de deux locaux très enthousiastes, nos hôtes nous ont expliqué que la règle d’or à Cuba est que, si on vient spontanément vers vous dans la rue, c’est une arnaque 99,9 % du temps. Que ce soit pour des faux cigares, du rhum édition spéciale, du lait en poudre pour leur enfant ou de faux concerts du groupe Buena Vista Social Club, il vaut mieux les ignorer et continuer son chemin. Nos hôtes et nos chauffeurs de taxi ont, en fait, été les deux vraies sources d’informations fiables de notre séjour. On pense que la relation monétaire qu’on avait avec eux était plus avantageuse pour eux que de nous arnaquer. Et de raison, tous leurs conseils et avertissements ont été d’une aide très précieuse.

Malgré ce petit désagrément, Cuba et La Havane, en dehors des circuits tout inclus, nous ont fait vivre beaucoup plus de sensations qu’une semaine dans un grand complexe hôtelier parfois trop aseptisé de rythmes locaux. On s’est rendu compte que La Havane reste un peu timide a priori, malgré sa grande beauté et sa splendeur certaine. En fait, on a dû ralentir, prendre son rythme, s’habituer à ses manières particulières et prendre le temps de s’y perdre pour plus d’une journée. Le tout afin de mieux apprécier et découvrir ce joyau du Sud.

Dans une liberté tout à fait sécuritaire, on a pu goûter au comble de la culture des Caraïbes, sans contrainte au pays de la salsa. Et pour nous, ç’a changé à jamais notre façon de voyager!

 

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