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Pont Champlain | Maurice Richard

Le Rocket ne méritait pas ça

Maurice Richard
Photo d'archives Maurice Richard

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S’il voit ce qui se passe sur cette basse terre, Maurice Richard doit bien se demander ce qu’il a fait pour créer une controverse ces derniers temps. Le débat soulevé par la proposition du ministre Denis Lebel de donner son nom au futur pont sur le Saint-Laurent n’a pas dû lui faire plaisir, comme on le connaissait.

S’il voit ce qui se passe sur cette basse terre, Maurice Richard doit bien se demander ce qu’il a fait pour créer une controverse ces derniers temps. Le débat soulevé par la proposition du ministre Denis Lebel de donner son nom au futur pont sur le Saint-Laurent n’a pas dû lui faire plaisir, comme on le connaissait.

Jeudi, son fils aîné, Maurice, a mis un point final à l’affaire en demandant que le projet soit jeté au panier.

On me dit que la famille a été passablement secouée par les réactions négatives qu’a suscitées l’histoire et qu’elle veut prendre du recul pour décanter tout ça.

Pas à blâmer

S’il est une chose, la famille Richard n’a rien à se reprocher. Elle n’avait rien demandé avant que le ministre Lebel ne lui fasse part de son idée.

Comme il se doit, les sept enfants de Maurice et Lucille Richard ont été honorés. On ne peut pas les blâmer d’avoir accepté l’offre du ministre.

Par contre, ils n’avaient pas prévu que la population réagirait avec autant de véhémence devant la perspective que le nom de Samuel de Champlain soit relégué aux oubliettes.

À en juger par le résultat, c’était trop gros.

En même temps, cet épisode montre que, contrairement à ce qu’on pense, les Québécois, du moins une certaine partie, accordent encore de l’importance à leur histoire et à leurs racines.

Un grand de l’histoire moderne

Certes, Maurice Richard mérite que son nom soit associé à quelque chose d’envergure. Il occupe une grande place dans notre histoire. Il figure parmi les personnalités qui ont galvanisé le Québec des années 1940 et 1950.

Serge Savard se rappelle que dans les salles de classe de l’école qu’il fréquentait en Abitibi, le crucifix était flanqué de chaque côté des photos de Maurice Duplessis et de Maurice Richard.

Paul-Émile Léger est devenu un grand personnage québécois quand il a été fait archevêque de Montréal et cardinal à Rome. Les gens se berçaient sur la musique de notre troubadour Félix Leclerc.

Dans les années 1960, Jean Lesage et René Lévesque ont appris aux Québécois à se prendre en main et à être fiers.

Les premiers ministres Duplessis (nord de Montréal) et Lévesque (centre-ville de Montréal et Haute-Ville de Québec) et le cardinal Léger (nord de Montréal) ont des boulevards à leur nom.

Les autoroutes 20 et 40 sont nommées en l’honneur du premier ministre Lesage et de Félix Leclerc.

Quant à Richard, un aréna lui a été dédié deux ans après son dernier match avec le Canadien, soit en 1962.

Vous pouvez parier maintenant que l’Hôtel de Ville de Montréal comptera lui rendre un hommage à sa hauteur à la suite du fiasco de l’affaire du pont.

Parc à son nom mal identifié !

À cet égard, voici d’ailleurs un fait qui témoigne bien de l’inertie qui a paralysé Montréal durant la première décennie des années 2000.

Peu de temps après le décès de Richard, en mai 2000, une demande fut déposée pour que soit changé en son honneur le nom du parc Stanley, qui se situe devant la résidence qu’il habitait à l’intersection de la rue Péloquin, face à la Rivière-des-Prairies.

La nouvelle désignation du parc a été acceptée par la ville le 11 avril 2001 et entérinée par la Commission de toponymie du Québec le 6 juin suivant. C’est ce qu’on pouvait lire en juillet dernier sur le site web de l’hebdomadaire Le Journal des voisins.

Or, imaginez-vous donc que, plus de 13 ans plus tard, la pancarte plantée dans le parc est toujours identifiée sous le nom «Parc Stanley»!

Hier, j’ai vérifié auprès de l’Hôtel de Ville où on a corroboré les informations.

Un plan pour que le maire Coderre parte avec son coffre à outils pour aller réparer lui-même ce grossier impair en fin de semaine.

Ça n’a pas de sens!

 

De quelle façon la Ville pourrait-elle lui rendre hommage ?
En attendant vos suggestions, en voici trois:
 
Avenue Atwater (côté ouest de l’ancien Forum)
Cette rue a été nommée en l’honneur d’Edwin Atwater (1808-1874), homme d’affaire et conseiller municipal qui a fondé la Banque d’Épargne de la cité et du district de Montréal (aujourd’hui la Banque Laurentienne) et de la Compagnie de télégraphe de Montréal. Il a joué un rôle aussi dans la construction du canal de l’aqueduc. Si le Forum avait été d’abord bâti pour les Maroons et que Howie Morenz, du Canadien, en a été la première vedette, Maurice Richard en a été le sauveur et la figure marquante. À ses débuts en 1942, le Canadien jouait devant des gradins à moitié vides. Les Maroons avaient fermé boutique en 1938 et le Tricolore était au bord de la faillite en 1940. Site des nombreux exploits du Rocket, le Forum n’a jamais vibré autant que lorsque Richard s’est amené sur la glace le soir de sa fermeture, le 11 mars 1996.
 
Pont-Viau
Maurice Richard habitait à un jet de pierre du pont, rue du Parc, portant son nom depuis 2001, mais qui n’est toujours pas identifié ainsi, à l’angle de la rue Péloquin. Le Rocket a grandi dans le nord de la ville, plus précisément dans le quartier Bordeaux situé à l’ouest de la maison où il a passé plus des 40 dernières années de sa vie. Le Pont-Viau a été nommé en hommage de l’un des premiers acheteurs de terre de ce secteur de Laval. Cependant, le vrai nom de cet homme était Christophe VEAU. Une erreur dans la transcription des registres explique cet état de fait.
 
Auroroute 50
Autoroute desservant les régions des Laurentides et de l’Outaouais entre Mirabel et Gatineau. Il y a longtemps que ce projet est sur la table. Maurice Richard fut le premier joueur à marquer 50 buts en saison, et ce, en 50 matchs.
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