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Agressions sexuelles

L’affaire Jian Ghomeshi en 12 dates

CANADA/ Jian Ghomeshi

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Étranglements, claques et abus physique sont quelques un des éléments qui ont marqué la tempête médiatique impliquant l’animateur vedette de la CBC, Jian Ghomeshi. Neuf femmes ont accusé Ghomeshi, congédié le 26 octobre dernier, de violence sexuelle. Trois ont déposé une plainte à la police de Toronto.

Vedette du Canada anglais, son émission culturelle quotidienne Q, diffusée d’un océan à l’autre et dans 180 stations de radio américaines, cartonnait depuis 2007 pour la Société d’état.
Voici la chronologie de l’affaire Jian Ghomeshi.

1- Vendredi 24 octobre
Jian Ghomeshi annonce qu’il quitte temporairement l’animation de Q pour faire le vide et régler des problèmes personnels. La durée de son départ est indéterminée. Le décès récent de son père l’aurait grandement affecté, selon les rumeurs.

2- Dimanche 26 octobre
• La CBC annonce qu’elle rompt son association avec Ghomeshi en raison «d’informations qui l’empêche de poursuivre sa relation avec l’animateur».
• Une heure plus tard, Ghomeshi et ses représentants menacent la CBC d’une poursuite de 50 M$. CBC réplique qu’elle contestera la poursuite.
• Jian Ghomeshi embauche la réputée firme de relations publiques Navigator.
• Les organisateurs du prix Giller, qui récompense annuellement un auteur canadien qui s’est distingué avec son premier livre, annoncent que Ghomeshi n’animera pas leur gala, qu devait avoir lieu le 10 novembre à Toronto.
• Ghomeshi publie une lettre sur son compte Facebook dans laquelle il commente son renvoi. Il clame que ses pratiques sexuelles sado-maochistes concernent sa vie privée. L’animateur avoue pratiquer ses activités sexuelles entre adultes consentants et se dit victime d’une campagne de salissage d’une ancienne petite amie. Il compare sa vie sexuelle à une version allégée de l’univers 50 Nuances de gris.
• En soirée, le Toronto Star met en ligne un reportage dans lequel trois femmes accusent Ghomeshi d’avoir été violent avec elles sans leur consentement lors de relations sexuelles ou de préliminaires. Étranglements, morsures, claques et violence verbale figurent parmi le témoignage des trois femmes.
• Une quatrième femme, travaillant pour la CBC, affirme que Ghomeshi lui a fait des avances sexuelles à caractère violent.
• Par l’entremise de ses avocats, Ghomeshi affirme ne pas jouer de rôles ou de jeux sexuels sans consentement.

3- Lundi 27 octobre
La poursuite de Ghomeshi contre la CBC est déposée et haussée à 55 M$ pour bris de confiance et diffamation.

4- Mercredi 29 octobre
• Une femme témoigne anonymement avoir été frappée par Ghomeshi lors d’un deuxième rendez-vous avec l’animateur il y a dix ans. «J’étais au sol et en larmes et il m’a dit de m’en aller», raconte-elle.
• Le Toronto Star publie un article comprenant des témoignages de huit femmes qui auraient été victimes des pratiques sexuelles violentes de l’animateur. Une d’entre elles est l’actrice Lucy DeCoutere, de la série Trailer Park Boys. Elle confie au réseau Global qu’au cours d’une soirée, Ghomeshi et elle étaient en train de s’embrasser, quand il aurait soudainement poussé l’actrice contre un mur pour lui serrer la gorge et la claquer sans son consentement.
• Deux femmes témoignent également que Ghomeshi présentait un ourson en peluche à ses invitées, qu’il appelait Big Ears Teddy. Avant les ébats sexuels, il tournait l’ourson vers le mur en disant «qu’il ne devait pas voir ça» puis étranglait et claquait sa partenaire.
• Un compte Twitter actif les 10 et 11 avril dernier au nom de Big Ears Teddy refait surface. Les 13 gazouillis du compte accusent Ghomeshi d’abus physiques, de leurre et de conserver des images de ses pratiques sexuelles. Le mot-clic #rapeculture (culture du viol) est utilisé à deux reprises. Les gazouillis sont signés par Sidnie Georgina au nom de toutes les femmes diplômées de l’Université Carleton.
• L’école de journalisme et de communications de l’Université Carleton réagit aux allégations du compte Twitter Big Ears Teddy. On annonce que 53 étudiants ont effectué un stage à la CBC entre 2004 et 2014, sans pouvoir préciser les émissions car c’est la CBC qui gère les assignations des stagiaires. Un porte-parole de l’université affirme que rien ne permet de confirmer que des étudiantes ont effectué un stage à l’émission Q et été victimes d’abus physique.

5- Jeudi 30 octobre
• Jian Ghomeshi remercie ses supporteurs via sa page Facebook et avise qu’il déclinera toute demande d’entrevue. Le National Post affirme que des milliers d’utilisateurs ont cessé de suivre sa page depuis le début de la saga.
• La CBC annonce qu’elle embauchera une firme indépendante pour enquêter sur toutes les allégations de l’affaire Ghomeshi.
• Le chef de police de Toronto, Bill Blair, tient une conférence de presse pour inviter les victimes de violence sexuelle à dénoncer leurs agresseurs. Il affirme que son équipe n’enquête pas sur le cas de Jian Ghomeshi car aucune plainte n’a été déposée contre l’animateur.
• La firme de relations publique Navigator annonce qu’elle cesse sa collaboration avec Ghomeshi. L’agence Rock-It Promotions, qui représentait aussi l’animateur, annonce également la fin de son association avec Ghomeshi. Les mensonges de l’animateur auraient mené à la fin de ces associations.
• L’auteure et avocate Reva Seth accuse Ghomeshi de l’avoir violentée dans un blogue publié sur le site du Huffington Post. Elle affirme que Ghomeshi lui serrait la gorge avec force tout en la caressant violemment. Selon ses dires, il l’a pénétrait avec ses doigts de façon agressive.
• Une ancienne productrice de Q confie au National Post que ses trois années à travailler avec Ghomeshi étaient «infernales».
• Elle affirme que l’animateur faisait régner un climat de terreur sans que personne n’arrive à lui tenir tête. Ghomeshi l’aurait courtisée et lui aurait agrippé les fesses. La productrice confie s’être plaint au producteur exécutif de l’émission. Celui-ci lui a affirmé que Ghomeshi ne changerait jamais et que tout changement dans l’atmosphère de travail reposait sur les autres.
 Le mouvement viral #BeenRapedNeverReported voit apparaître ses premiers gazouillis dénonçant des agressions sexuelles refoulées. Des milliers de femmes se confient sur Twitter après avoir souffert en silence.

6- Vendredi 31 octobre
• La CBC révèle que ce sont des preuves visuelles démontrant que Ghomeshi avait blessé quelqu’un lors de pratiques sexuelles qui ont mené à son renvoi. La Société d’état a été mise au courant le 23 octobre. Le président de la CBC, Hubert Lacroix, s’excuse à celles qui se sont senties impuissantes d’en parler et à celles qui en ont parlé sans être écoutées.
• L’agence d’artistes The Agency déclare qu’elle ne représentera plus Ghomeshi. Plus tard en journée, la maison d’édition Penguin Random House Canada annonce qu’elle ne publiera pas le prochain livre de l’ex-animateur.
• La police de Toronto annonce qu’une enquête aura lieu suite au témoignage de deux femmes qui ont porté plainte contre l’animateur.

7- Samedi 1er  novembre
• La police de Toronto fait appel au public pour son enquête sur Jian Ghomeshi et annonce qu’une troisième femme a porté plainte. La police recherche des photos, vidéos ou discussions électroniques.
• L’éditrice du Guardian américain, la canadienne Ruth Spencer, publie un texte parlant de sa relation amoureuse de cinq mois avec Ghomeshi en 2010. Elle confie ne jamais avoir eu de relation sexuelle avec l’animateur, celui-ci lui répétant sans cesse qu’elle n’était pas prête. Elle dit dans son texte qu’il l’embrassait souvent de façon féroce, qu’il aimait la caresser subtilement lors d’événements publics et qu’il prenait plaisir à la faire sentir inconfortable. Selon elle, il cherchait à la rendre violente envers lui. Leur relation a pris fin lorsqu’elle a déménagé à New York.

8- Lundi 3 novembre
• Jeremy Copeland, un professeur de journalisme de l’Université Western Ontario aurait découragé ses étudiantes à suivre un stage à l’émission Q dans le passé selon le Toronto Star. Son avertissement était fondé sur les commentaires d’une diplômé de l’université, qui affirme avoir été touchée de façon inappropriée par Ghomeshi lors d’un stage.

9- Mardi 4 novembre
• La CBC annonce que son enquête interne indépendante sera menée par l’avocate torontoise Janice Rubin.​
• Jim Hounslow, un ancien étudiant de l’Université York qui a côtoyé Ghomeshi pendant ses études affirme avoir été victime d’une agression soudaine de la part de l’animateur à la fin des années 1980.

10- Mercredi 5 novembre
• Ghomeshi révèle qu’il sera représenté par la réputée avocate Marie Henein, qui cumule les victoires spectaculaires à Toronto.
• La CBC dépose une motion à la cour de l’Ontario pour lui demander de rejeter la poursuite de 55 M$ de Ghomeshi.
• Le mouvement #AgressionNonDenoncee est lancé par la Fédération des femmes du Québec sur Twitter. C’est le pendant francophone de #BeenRapedNeverReported, lancé le 30 octobre.

11- Jeudi 6 novembre
• Quatres avocats criminalistes de Toronto offrent gratuitement leurs services à toute personne qui aurait été victime de l’ex-animateur de la CBC.
• L’actrice Lucy DeCoutere, première victime de Ghomeshi à se dévoiler publiquement, est rencontrée par les enquêteurs de la police de Toronto.

12- Vendredi 7 novembre
La vice-présidente des services anglais de la CBC, Heather Conway, défend la gestion du cas Ghomeshi par le diffuseur public. La Société d’état avait enquêté à l’interne en juin dernier au sujet de l’animateur pour s’assurer que ce qui était allégué ne se passait pas entre les murs de la CBC. Mme Conway affirme que c’est le rôle de la police, et pas de la CBC, d’enquêter sur les pratiques privées des employées.

13- Mercredi 26 novembre
Jian Ghomeshi s’est rendu à la police de Toronto mercredi.
Il fera face à quatre chefs d’accusation d’agression sexuelle et un autre pour tentative d’étranglement pour vaincre la résistance de la victime.

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