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Point de PointQuébec?

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En 2008, fort d’une belle unanimité, les trois partis à l’Assemblée nationale du Québec adoptaient une motion soutenant le travail de l’OSBL PointQuébec. Fin 2014, Québec renonce à faire migrer son infrastructure vers le suffixe .quebec. Question d’économie, à moins que pour ce gouvernement, vouloir s’affirmer sur la Toile comme québécois soit honteux?

Même les lecteurs les plus illettrés technologiquement sont à même de reconnaître la géolocalisation d’un site au suffixe de son nom de domaine. Un .fr? Cocorico, vive la France. Un .jp? C’est le pays du Soleil levant et de Sony. Et le .uk? Bienvenue au pays de la Reine et de la bière chambrée.

Lorsque l’équipe de l’organisme PointQuébec a entrepris les démarches auprès de l’ICANN afin d’obtenir le suffixe .quebec, le but était de donner une présence et une visibilité encore plus fortes au Québec sur la grande Toile.

Fort de la résolution d’appui des trois partis, et tout particulièrement des déclarations enthousiastes du ministre libéral Raymond Bachand, les dirigeants du PointQuébec ont trimé fort et ont investi des sommes importantes afin d’obtenir le droit d’utilisation du suffixe. Indifférence numérique

Nombreux étaient aussi les jeunes leaders de la communauté numérique à applaudir la motion d’appui, surtout quand on connaît l’important retard sur la scène numérique qu’ont pris les gouvernements qui se sont succédé au cours des 20 dernières années. PQ ou PLQ, malgré les vœux pieux, dans les faits, c’était toujours la même grande indifférence numérique depuis 1995.

On peut donc être surpris et même choqué de la décision du gouvernement Couillard de renoncer à faire migrer son infrastructure vers le .quebec, par souci d’économiser dit-on, une dizaine de millions de dollars. À moins que certaines âmes susceptibles au sein de ce gouvernement s’imaginent, à tort, la promotion du .quebec par l’OSBL PointQuébec soit un stratagème inavoué de promouvoir le «séparatisme».

Or, quand on sait que «le gouvernement dépense des millions en campagnes de visibilité éphémères» (dixit le collègue Robitaille du Devoir) et trop souvent inutiles, on est en droit de se poser des questions sur la véritable volonté du gouvernement de basculer vers un e-gouvernement.

On peut l’être encore plus quand on sait qu’il y a quelques semaines de cela, le PLQ conviait plusieurs chefs de file de la communauté des technologies à une grande messe d’un week-end. Le but avoué de cet exercice: recevoir les leaders et écouter leurs suggestions afin de rattraper l’important retard du Québec sur la scène numérique.

Quel camouflet à leur face avec ce refus de reconnaître ce qu’il y a quelques années encore était digne d’une motion unanime de l’Assemblée nationale. Si j’étais eux, je prendrais toutes les possibles promesses de ce gouvernement avec un grain de sel. Et je me garderais de mettre tous mes œufs dans le grand panier de l’État. Parlez-en un peu aux promoteurs du PointQuébec.

Et que le collègue Robitaille me pardonne d’emprunter en partie son titre. Mais peut-il y en avoir d'autres?

4 commentaire(s)

GP dit :
22 novembre 2014 à 16 h 40 min

Monsieur Dumais, Il y a un coût pour le gouvernement pour cette migration ce qui en fait une non-priorité. Je crois moi aussi que cet argent serait actuellement mieux dépensé ailleurs . Plus tard on verra!

Jérôme Thibaudeau dit :
22 novembre 2014 à 21 h 58 min

La question de la migration des sites gouvernementaux vers le .Quebec pose de nombreux enjeux en plus des coûts importants associés à un tel exercice.

L'un de ces enjeux est de savoir comment faire en sorte que les citoyens sachent qu'ils sont sur un site du gouvernement lorsqu'ils sont sur un site .Quebec. Un problème qui ne se pose pas avec les .gouv.qc.ca.

Bref, la question est beaucoup plus complexe qu'elle n'y paraît et elle n'est pas simplement une question d'idéologie. D'ailleurs, la motion de 2008 parlait de la création d'une extension .Quebec et à ce que je sache, nous y sommes aujourd'hui. Ce projet est indépendant de la migration des sites du gouvernement. Il y a d'autres priorités que celle-là en matière de web au gouvernement du Québec à commencer par peut-être penser à diminuer le nombre de sites avant de les migrer vers une nouvelle extension...

Jerome Thibaudeau Directeur général adjoint Secrétariat à la communication gouvernementale

Benoit St-André dit :
23 novembre 2014 à 11 h 07 min

Suffit d'utiliser .gouv.quebec Où donc serait la confusion par rapport au gouv.qc.ca ? Quant au coût de migration, d'accord. J'espère juste que vous vous êtes au moins assurés de sécuriser l'achat du .gouv.quebec même si vous n'avez pas l'intention de vous en servir.

Jerome Thibaudeau dit :
23 novembre 2014 à 20 h 10 min

M. Saint-André,

En effet, le gouvernement a réservé certaines adresses .quebec dont le gouv.quebec.

Cependant, lors de discussions avec .quebec, il n'était pas clair que ceux-ci allaient ouvrir la possibilité pour les entreprises de gérer des préfixes de deuxième niveau (exemple: agriculture.gouv.quebec). Mais ce serait en effet l'avenue la plus intéressante dans l'éventualité d'une migration.

Jérôme Thibaudeau Directeur général adjoint Secrétariat à la communication gouvernementale