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Sugar Sammmy

La langue française est surprotégée, croit Sugar Sammy

Sugar Sammy l'humoriste, photo pour le cahier week-end du 5 janv
photo d'archives L’humoriste Sugar Sammy soulève encore une fois la controverse.

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Sugar Sammy fait l’objet de critiques pour sa plus récente campagne publicitaire, qui touche un sujet sensible au Québec: la langue française. En entrevue au Journal, le stand-up comique défend son opération, qui visait avant tout à faire rire le public.

Sugar Sammy fait l’objet de critiques pour sa plus récente campagne publicitaire, qui touche un sujet sensible au Québec: la langue française. En entrevue au Journal, le stand-up comique défend son opération, qui visait avant tout à faire rire le public.

Rétablissons tout d’abord les faits. Mardi dernier, Samir Khullar, alias Sugar Sammy, défiait ses détracteurs en leur envoyant le message suivant dans ses pubs affichées dans le métro de Montréal: «For Christmas, I’d like a complaint from the Office de la langue française.» Traduction: «Pour Noël, j’aimerais recevoir une plainte de l’OQLF.»

Ces affiches unilingues anglophones – qui contrevenaient aux dispositions de la Charte de la langue française – n’ont pas tardé à provoquer la colère de certains usagers... si bien que vendredi matin, ces affiches ont été «censurées» au moyen de bandes noires apposées sur une partie du slogan.

Aujourd’hui, on peut lire la phrase: «Pour Noël, j’ai eu une plainte de l’Office de la langue française.»

Louanges et reproches

Sugar Sammy continue de recevoir de nombreux commentaires sur Facebook. Plusieurs fans le remercient de «brasser un tabou». D’autres lui reprochent de mépriser «notre langue nationale». «Tu craches sur le français, mais tu ne craches pas sur l’argent que les francophones t’apporte [sic]», écrit un internaute.

«J’aime être Québécois, déclare Sugar Sammy. Je veux un Québec fort dans un Canada uni. Ma ville préférée c’est Montréal, ma province préférée, c’est le Québec, et mon pays préféré, c’est le Canada. Pour certaines personnes, c’est une trahison juste de penser ça.»

Avec ce coup de publicité orchestré avec l’agence Sid Lee, Sugar Sammy voulait faire un clin d’œil au fameux «pastagate» de 2013, un excès de zèle avoué de l’OQLF. «Comme humoriste, c’est ma job de trouver des gags, dit Sugar Sammy. Les humoristes sont des anthropologues de notre société. Ils doivent rapporter ce qu’ils voient avec humour. Il y a beaucoup de tensions au Québec. Pour moi, c’est important d’en parler.»

La promotion du français

Sugar Sammy savait pertinemment que ses affiches allaient irriter certaines personnes. Parmi elles, signalons François Côté, un avocat auteur d’une lettre ouverte reprochant au stand-up comique de ridiculiser notre «identité nationale».

«C’est toujours la même gang qui s’offusque, observe Sugar Sammy. Ils sont peu nombreux, mais ils sont très bruyants sur internet.»

Le comique de 38 ans se défend de faire du «Québec bashing» «Je ris de tout le monde dans mon spectacle: les Haïtiens, les Latinos... Je suis le premier à me moquer de moi-même!» (Dans la même campagne de publicité, mais sur une autre affiche, il invite – costumé comme le bonhomme en pain d’épices – le public à venir «voir le bonhomme qui sent les épi­ces», en clin d’œil à ses origines indiennes.)

Avec son spectacle You’re Gonna Rire et sa série Ces gars-là, Sugar Sammy croit faire la promotion du français à sa manière. «Ce n’est pas en surprotégeant la langue française qu’on en fait la meilleure promotion. Avec mon spectacle, je fais la promotion du français. J’encourage les anglophones à venir voir un show 50% en français.»

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