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Les 25 ans du Net québécois

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L’internet québécois fête ses 25 ans. De l’info­sentier à l’inforoute, le Réseau interordinateurs scientifique du Québec (RISQ) a su connecter les résidences du savoir et paver la route à l’entreprise privée, aux gouvernements et aux citoyens.

Vingt-cinq ans, c’est le tiers d’une vie bien remplie, une demi-vie de rédacteur en chef ou des noces d’argent pour un couple en goguette. L’internet au Québec a 25 ans. L’internet et non pas le web. Car en ce 4 décembre 1989, l’internet sur écran était aussi réjouissant à consulter qu’un rapport comptable. Que du texte, la souris étant aux abonnés absents. Le web était à venir. C’était le règne de la ligne de commande. Et avant tout, il fallait brancher. Un boulot qu’a réussi le RISQ.

Mais il a fallu attendre quelques années de plus pour qu’enfin le web se pointe le nez. Et qu’une nouvelle génération de défricheurs de pixels et d’entrepreneurs rompe avec le monde universitaire et débarque sur la Toile afin d’y planter le fleurdelisé.

Citoyen numérique, cyberentrepreneur

Un de ces premiers entrepreneurs fut Pascal Gosselin, qui, en 1992, fondait le premier fournisseur d’accès internet, Communications accessibles Montréal (CAM). Durant ces années de découvertes, le modem-moteur des internautes ronronnait à une vitesse folle de 14 400 bauds.

Suivirent immédiatement les «Chroniques de Cybérie» de Jean-Pierre Cloutier et Patrick Pierra et son toujours vivant «Branchez-vous!» qui permirent à plusieurs nouveaux citoyens numériques de faire connaissance avec l’internet.

Côté médias, difficile de passer sous silence les précurseurs Bruno Guglielminetti et son R@dionet et le Clair et net de Stéphane Garneau, et les émissions de radio auxquelles j’ai eu le privilège de participer.

Mais ceux qui marquèrent le plus la Toile québécoise furent les deux fondateurs... de la Toile du Québec, Chrystian Guy et Yves Williams. Milliardaires sur papier avant d’être victimes de l’explosion de la bulle des années 2000, Guy et Williams, qui œuvrent toujours dans l’univers de l’internet, connurent une gloire bien éphémère avant de revendre la constellation Netgraphe à Québecor. Tristement, à quelques semaines de son 20e anniversaire, la Toile a cessé d’exister.

L’attente d’un plan numérique

Le plus triste toutefois demeure l’absence de plan numérique dans tous les gouvernements qui se sont succédé à la tête du Québec, d’hier à aujourd’hui, et toutes saveurs politiques confondues.

Triste, car le gouvernement Parizeau avait commandé et reçu en 1995 un magnifique rapport (signé Louis Berlinguet) du Comité consultatif sur l’autoroute de l’information. Rapport qui prit le chemin des limbes virtuels.

Idem pour le rapport remis à Lucien Bouchard par son ministre David Cliche. Beau rapport, belle tablette.

Et quand on constate avec quelle légèreté le gouvernement actuel rejette du revers de la main l’idée d'une simple affirmation sur la Toile mondiale en ne voulant pas adopter le .PointQuebec, en plus du bruyant silence complice des ténors de l’industrie numérique québécoise sur cet incompréhensible refus, difficile de ne pas fulminer.
 
Heureusement qu’il existe une toute nouvelle génération d’entrepreneurs et d’activistes qui a cessé de croire aux promesses trop souvent rompues. Et qui réalisera l’internet québécois de demain. En moins de 25 ans, assurément.