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Comment expliquer qu'Enquête de Radio-Canada a pu se tromper à ce point dans son reportage sur l'intégrisme musulman?

Enquête avec Alain Gravel
Photo courtoisie

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Je ne peux m’empêcher de revenir une autre fois, et ce sera la dernière  à moins que de nouvelles informations n'émergent  sur le reportage bâclé d’Enquête sur l’intégrisme islamique au Québec, Lever le voile, diffusé le 27 novembre dernier.

Après des mois d’enquête et d’entrevues, la journaliste Johanne Faucher affirmait ne pas avoir trouvé de preuves démontrant la présence de groupes organisés prêchant un islam radical au Québec. Le lundi suivant, le SPVM et la GRC disaient le contraire.

La tension entre l’islam et le Québec de souche serait, selon Enquête, la faute de chevaliers de l’intolérance, dont je suis puisque ma photo est diffusée pendant l'émission. Pas mal pour une fille qui a signé le manifeste de Québec inclusif...

Un des principaux intervenants dans le reportage, l'activiste communautaire Lamine Foura, qui fait partie du groupe de travail contre «l’islamophobie et la radicalisation» de Philippe Couillard (notez bien le mot qui arrive en premier), remet même en question la crédibilité de l’ancienne députée libérale Fatima Houda-Pépin de La Pinière (Brossard).

Justement, une rencontre avec l’imam de la méga mosquée de Brossard, dont certains membres ont milité contre l'élection de Fatima Houda-Pépin en raison de son opposition à la charia, aurait révélé que les discours radicaux n'ont rien d'underground au Québec. 

Même pas besoin d’aller à la mosquée. Les journalistes d’Enquête n’avaient qu’à visionner un reportage du Téléjournal sur la charia, diffusé en 2011 et mettant en vedette l’imam de Brossard, Foudil Selmoune.

Il faut l’entendre dire à la journaliste, que couper la main des voleurs et de lapider des femmes crée «une société saine, pure, claire et équilibrée, balancée». Ajoutant même: «C’est pour éviter les crimes, les malentendus».

Si vous ne me croyez pas, allez à 1 minute 20 secondes:

L’affaire avait fait grand bruit à l’époque et s’était rendue jusqu’à l’Assemblée nationale. Des intégristes notoires, tel l’imam Salem Elmenyawi, instigateur du mouvement québécois pro-charia en 2004, combattu par Fatima Houda-Pépin, avaient protesté, alléguant que Radio-Canada avait manipulé les propos de l’imam Salmoune pour «cibler la communauté», accusant même le diffuseur public de «profilage à l’endroit des musulmans». 

La victimisation – présente dès que les mots islamophobie, profilage ou stigmatisation apparaissent – est une arme de choix pour les intégristes, en particulier les Frères musulmans qui s’en servent comme stratégie pour faire avancer leur agenda politico-religieux. En fait, le néologisme islamophobie aurait été inventé par l’International Institute for Islamic Thought situé en banlieue de Washington D.C., un organisme paravent pour les Frères musulmans aux États-Unis.

Selon Abdur-Rahman Muhammad, un ancien membre de l’Institut qui milite aujourd’hui contre l’intégrisme, le mot aurait été retenu pour surfer sur le succès des campagnes contre l’homophobie. Islamophobie, homophobie, même combat... 

Plus tordu, tu meurs.